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Vital Bangirinama vient d'être révoqué de la FDN, pourquoi ce retard?
 Le 20 juillet 10

Mr Vital Bangirinama
En date du 05 juillet 2010, le président Nkurunziza a signé un décret (N° 100/106) portant révocation de certains officiers de la Force de Défense Nationale (FDN), parmi eux le Colonel Vital Bangirinama dont le numéro matricule est SS0029.

Ce qui a plus suscité notre curiosité, c'est le fait de le renvoyer de la FDN trois ans après sa fuite à l'extérieur du pays, fuite qui a été facilité par le pouvoir en place et deux ans après que le tribunal ait déclaré le Colonel Vital Bangirinama, officier commandant les soldats impliqués dans le massacre de Muyinga, coupable par contumace et l'avait condamné à la mort.

Des questions qui reviennent sont, si le colonel était encore membre du corps de la défense du Burundi après sa fuite il y a 31 mois (Décembre 2007),
- son salaire lui était-il versé?
- Si oui, qui recevait ce salaire?

Le retard de sa révocation cache beaucoup de choses. Les fonctionnaires fictifs de l'Etat, la couverture que ce bourreau de Muyinga a bénéficié aux près des actuelles autorités.

Burundi Transparence vous avez, dans le passé, informé que le colonel Bangirinama est allé demander l'asile politique au Canada et en janvier 2009, son épouse Mme Josette Ukwishaka l'y a rejoint avec l'aide du général Adolphe Nshimirimana. Ce dernier lui avait promis, au début du mois d'octobre 2008, qu'elle aura une vie heureuse lorsqu'elle aura rejoint son mari au Canada, qu'il ne faudrait pas qu'elle soit inquiétée. Une fois la condamnation prononcée, tout sera en ordre et que l'exil est mieux que les visites de Mpimba pendant toute sa vie. Que son mari a été sacrifié afin de protéger les "institutions" (institutions ou individus) et qu'il s'occupera personnellement de son voyage.

Pour que Vital accepte de s'en fuir, le président Nkurunziza lui avait promis de verser chaque mois 1.000$ US à sa famille. Vous vous souviendrez que les premières investigations ont conduit à un mandat d'arrêt à l'encontre du Colonel Bangirinama, mais le Président Nkurunziza a suspendu l'exécution de ce mandat en arguant que son arrestation pouvait entrainer des troubles dans le pays; "le président Nkurunziza craignait qu'une tentative de l'appréhender provoquerait une confrontation armée entre la police et les militaires".

En décembre 2007, l'auditeur général s'est à nouveau apprêté à arrêter Bangirinama, mais celui-ci a quitté le pays, ayant été apparemment prévenu que son arrestation était imminente. La police burundaise a lancé un mandat d'arrêt international auprès d'Interpol, l'organisation internationale policière, en février 2008 ; mais Interpol attend, jusqu'aujourd'hui, que la police burundaise complète ce dossier pour lancer les recherches.

Le tribunal avait déclaré le Col Vital Bangirinama, officier commandant les soldats impliqués dans le massacre de Muyinga, coupable par contumace et l'a condamné à la mort. Il s'est enfui du Burundi en janvier 2008 quand il a appris que l'auditeur général (le procureur en chef du système de justice militaire) avait l'intention de l'arrêter en application d'un mandat en instance depuis octobre 2006.

Human Rights Watch avait appelé le gouvernement burundais à faire tout son possible pour appréhender Bangirinama promptement et le rejuger.

Le tribunal militaire de Muyinga avait condamné 15 soldats pour le massacre de 31 civils dans la province de Muyinga en 2006.
Ce tribunal militaire avait condamné trois soldats - le Commandant Eliezer Manirambona, le Sergent Ntirampeba et le Caporal en chef Nzorijana - à la prison à vie, et sept autres à des peines de 10 ans d'emprisonnement pour complicité dans les assassinats. Quatre autres soldats ont été reconnus coupables de ne pas être intervenus pour arrêter les crimes et ils ont été condamnés à deux ans de prison. Le tribunal a acquitté neuf soldats accusés de ne pas avoir réagi aux crimes après qu'ils ont convaincu la cour qu'ils avaient promptement informé leurs supérieurs des assassinats.