Lettre du président du Parti UPD-ZIGAMIBANGA à l’intention de l’administrateur directeur
général du service national des renseignements.
Le 16 septembre 08
Transmis Copie Pour Information à :
Son Excellence Monsieur le Président de la
République, Avec les Assurances de Notre
Plus Haute Considération
Son Excellence Monsieur le Premier Vice-
Président de la République, Avec les
Assurances de Notre Très Haute considération
A
BUJUMBURA
A Monsieur l’Administrateur Directeur Général du Service
National des Renseignements
À
BUJUMBURA
Objet : Intimidation, Séquestration et Emprisonnement
délibérés des membres du Parti UPD-Zigamibanga
Monsieur l’Administrateur Directeur Général,
Par la présente, nous avons l’honneur de venir auprès de votre bienveillante autorité pour vous exprimer notre profonde indignation face au comportement
malveillant et indigne de certains éléments du Service National des Renseignements dont sont victimes les membres du Parti UPD-Zigamibanga dans certains
endroits du territoire national.
En effet, Monsieur l’Administrateur Directeur Général, nous tenons à rappeler votre auguste personnalité que le Parti UPD-Zigamibanga est un Parti agrée
depuis le 12/9/2002 et par essence un Parti qui met toujours en avant l’Union, la Consolidation et la Préservation de la Paix qui ont tant marqué à notre
cher Pays et au Peuple Burundais. A ce titre, il jouit de tous les droits et devoirs que lui confèrent les textes légaux et réglementaires en l’occurrence
la Constitution et la Loi sur les Partis Politiques.
Cependant, nous sommes au regret de constater avec amertume que le Service National des Renseignements dont vous patronnez les activités sur l’ensemble
du territoire, sans oublier certains éléments zélés de la Police Nationale, s’adonnent délibérément à une campagne de diabolisation et de séquestration
gratuites des membres de notre Parti, sous prétexte qu’ils sont des auteurs présumés des enseignements de nature à troubler l’ordre public pendant qu’à
certains endroits l’Administration Provinciale et Communale ne cessent de proférer des menaces d’emprisonnement voire même passer à l’exécution sans moindre souci.
Tout cela relève d’un pur montage et des énormités qui n’ont d’autres fins que de déstabiliser les membres effectifs ou adhérents du Parti UPD-Zigamibanga
vivant jusque là dans les différents coins du territoire national en ignorant que vos nobles missions sont non pas de s’adonner à des actes nocifs pareils
mais par contre à assurer la tranquillité et garantir la jouissance paisible des libertés aussi bien collectives qu’individuelles de tous les citoyens
Burundais sans distinction telles que leur garantis par les textes légaux et réglementaires en vigueur dans notre pays.
Monsieur l’Administrateur Directeur Général du Service National des Renseignements,
Les enquêtes menées jusque là par les Services de la Police Nationale à plusieurs endroits en vue d’établir des responsabilités ou la culpabilité de
nos membres par rapport à l’une ou l’autre accusation quelconque ont révélé chaque fois leur innocence. D’aucuns s’interrogent alors sur les motifs
évidents de ces harcèlements, intimidations, Séquestrations et emprisonnements abusifs de nos membres pendants qu’ils devaient assurer et garantir
la jouissance paisible des droits fondamentaux à leurs dépositaires.
Voici à titre illustratif les séquestrations, intimidations et emprisonnements orchestrés au quotidien par le Services National des Renseignements,
l’Administration aussi bien provinciale qu’administrative et par la Police Nationale à nos membres.
1. En province Kayanza, Zone Kabuye, un membre du Parti UPD-Zigamibanga, a été injustement emprisonné pendant trois semaines par les éléments de la
Police Nationale en collaboration avec le responsable provincial du Service National des Renseignements au seul motif d’appartenir à notre formation
politique et non au CNDD-FDD comme si tout le Peuple Burundais doit appartenir au CNDD-FDD ou si ne pas adhérer à ce Parti enfreint une disposition
légale ou réglementaire éventuelle.
2. En Province Rutana, le Représentant du Parti, a été pourchassé jour et nuit pour la seule raison d’appartenir au Parti UPD-Zigamibanga par les
éléments du Service National des Renseignements.
3. En Province de Ruyigi, l’Administrateur Communale procède à une campagne d’intimidation et interdise formellement le Représentant Communal de
notre Parti d’exercer librement ses droits civils et politiques notamment celui d’appartenir au Parti de son choix. et lui somme de ne pas tenir
des rencontres avec les membres. Il se fait épauler dans cette salle besogne par certains éléments de la Police Nationale qui oeuvrent pour le Parti CNDD-FDD.
4. En Province de Gitega, le Représentant Provincial du Parti est régulièrement intimidé et menacé de mort par des Eléments du Service National
des Renseignements basés dans cette Province et ne s’interdisent pas de proclamer haut et fort que seul le parti CNDD-FDD peut accomplir ses
activités en bonne et due forme comme si nous sommes dans un Parti –Etat et que les valeurs démocratiques tant recherchées sont vouées aux oubliettes.
5. En Province de Kirundo, dans la commune Bugabira, un Représentant Communal du Parti est à tort accusé d’outrage au chef de l’Etat par les éléments
provinciaux du Service National des Renseignements. Cette attitude témoigne à suffisance les motifs délibérés d’empêcher les autres formations
politiques de fonctionner comme il se doit pour ne laisser que le Parti CNDD-FDD seul s’adonner aux activités de campagne et de propagande.
6. En Province de Makamba, dans la Commune Nyanza-Lac, le Représentant Communal du Parti a été arrêté pendant qu’il s’entretenait avec les membres
du Parti sur aval de l’autorité communale. Il a été relâché puis appréhendé le lendemain par des éléments provinciaux du Service National des Renseignements.
7. En Province de Ngozi, l’Administration de la Commune Ngozi profère des menaces d’emprisonnement à nos membres jusqu’à jurer de les condamner au
silence perpétuel.
8. En Mairie de Bujumbura, le chargé de la Documentation nous a empêché de tenir la réunion organisée à la permanence du Parti à l’intention des
Représentants Provinciaux du Parti arguant que nous n’avons pas l’autorisation de la Maire de la ville. Cet élément confond l’obligation réglementaire
d’information ou de notification à celle d’autorisation qui n’est par ailleurs consignée dans aucun texte aussi bien légal que réglementaire en vigueur
dans notre Pays.
Monsieur l’Administrateur Directeur Général,
Pareille attitude tire sûrement son origine dans le manque de collaboration et de compréhension commune par rapport aux enjeux nationaux perçus
différemment selon la vision politique de chaque Parti et surtout de celle de ne pas départir des missions nobles que le Pays les a confiées de
celles d’avoir les penchants au Parti CNDD-FDD. D’où la nécessite de promouvoir et de privilégier les valeurs démocratiques fondées sur l’exercice
des droits fondamentaux et libertés aussi bien collectives et individuelles des citoyens tels que nous garantis par la Constitution, la Loi régissant
les Partis Politiques et le Décret Portant Réglementation des Manifestations sur la Voie Publique et les Réunions Publiques. On note que ces textes
sont, plus particulièrement le Décret, interprétés erronément par les éléments de la Police Nationale, ceux du Service National des Renseignement
ainsi que l’Administration pour saper les activités des formations politiques, exceptions faites au seul Parti CNDD-FDD.
Le Parti UPD-ZIGAMIBANGA avait pensé qu’avec le dialogue enclenché incessamment par le Gouvernement du Burundi en collaboration avec le BINUB,
allait offrir et garantir un espace de liberté où les autres formations politiques vont exercer et jouir de leurs droits. Mais nous constatons
que nos espoirs sont vains et s’étiolent comme de la grêle et le Parti au pouvoir semble, par le truchement à peine voilé des instruments et
services de l’Etat, vouloir entraver les activités des autres formations politiques présumées de l’opposition.
Les organisations de Droits de l’Homme aussi bien locales qu’étrangères, la Communauté Internationale, l’Union Européenne, l’Union Africaine,
la Sous Régions, les Confessions Religieuses, les autres formations Politiques, tous les Citoyens Burundais, sont vivement sollicitées à redoubler
de vigilance pour inviter le régime en place à garantir ces droits gravement entravés sous l’œil complaisant de ceux qui devraient garantir leurs
jouissances paisibles.
Veuillez agréer, Monsieur l’Administrateur Directeur Général, l’assurance de notre considération distinguée.
CPIA :
Pour le Parti UPD-ZIGAMIBANGA.
ZEDI FERUZI
Président.
- Monsieur le Ministre de la Sécurité Publique
- Monsieur le Ministre de l’Intérieur et du Développement Communal
- Monsieur le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux
- Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale
- Missions Diplomatiques et Consulaires accréditées au Burundi (Toute)
- Confessions Religieuses (Toutes)
- Organisations de Droits de l’Homme œuvrant au Pays (Toutes)
- Madame, Monsieur le Gouverneur (Tous)
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