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Trois démonstrations de force et trois gâchis
Le 26 juillet 10
A Ruziba et dans la commune Nyabiraba dans la province de Bujumbura, l'armée y a mis toute sa force pour montrer ses "biceps" et le président Nkurunziza nous a répété ce que Buyoya nous a habitué lorsque Peter Nkurunziza dirigeait sa rébellion; "il n'y a pas une rébellion en gestation, mais seulement des bandits que l'armée est entrain de pourchasser".
Tout ceci pour prouver que seul Nkurunziza est capable de faire régner l'ordre et la paix au Burundi.
Le président Nkurunziza et son parti Cndd-Fdd ont agité leur épouvantail, les Imbonerakure, pour montrer qu'ils ne vont pas supporter l'échec aux élections en cours.
Par peur de voir le Burundi tombé dans ses démons de la guerre, la Communauté Internationale ne s'est pas cachée pour cautionner les fraudes et mascarades électorales.
C'est pour cela dans chaque communiqué des observateurs de cette communauté commence toujours par: "les élections se sont passées dans le calme ... ". Pour que cette calme continue à régner, le président Nkurunziza n'hésitera pas à le prouver même s'il faut massacrer comme à Ruziba.
Les différentes démonstrations de la force
1. Selon les informations que l'armée avait reçu, 11 personnes (pêcheurs) avaient rejoint leurs ménages à Ruziba. L'armée les a considérés comme des rebelles qui venaient de traverser le lac Tanganyika. L'armée au sol, les hélicoptères et la marine se sont mobilisés pour neutraliser 11 personnes. La population de Ruziba, prise de panique, s'est résolue à se disperser et l'hélicoptère et la marine n'ont pas hésité à mitrailler cette population.
Le lendemain, la zone était encerclée pour nettoyage et certains agents du BINUB qui ont voulu y aller se sont vu refuser l'accès.
Actuellement, le porte-parole de l'armée défie toute personne qui peut exhiber un cadavre de Ruziba et menace même ceux qui vont continuer à parler de ce dossier et continue d'affirmer que cette population a confondu le rotor des hélicoptères avec le bruit de balles.
Souvenez vous du massacre de Muyinga, combien de fois les autorités ont nié les faits.
2. Dans la commune Nyabiraba de la province de Bujumbura, des contingents de militaires ont fait une fouille dans certains ménages à la recherche du président du parti Fnl, Agathon Rwasa. Ces militaires n'étaient pas à la recherche du président du Fnl, mais ils ont voulu faire passer un message à la population de cette province: se désolidariser de cette figure qui continue à faire peur. C'était aussi une autre façon de "rassurer" cette même communauté qui a déjà béni l'arrestation de Rwasa que les militaires peuvent violer les domiciles des paisibles citoyens.
Le porte-parole de l'armée a précisé que les militaires ne se sont pas mobilisés pour traquer Rwasa mais pour une routine. Celui-ci commence à se spécialiser à dire une chose et son contraire.
3. "Ce sont des bandes de criminels qui s'organisent en vain car ils sont traqués de partout, puis arrêtés et traduits en justice", a déclaré le président Nkurunziza ce 23 juillet à Ngozi. Concernant les récentes arrestations et saisies opérées ces derniers jours, le Président de la République a rassuré la communauté nationale et internationale en indiquant qu'il ne s'agit en aucun cas d'une rébellion naissante comme le font croire certaines rumeurs.
Mais selon les témoignages de ceux qui ont été arrêtés, ils sont torturés pour donner les informations sur une rébellion naissante.
Buyoya avait l'habitude de qualifier le Cndd-Fdd des bandits (Inyankaburundi, Imihimbiri, ...), mais actuellement ces ex bandits sont au commande de ce pays. Eux aussi vont-ils commettre la même erreur? Malheureusement ces cinq dernières années viennent de nous prouver que ce sera bis repetita.
A Ruziba, les militaires se sont mobilisés pour neutraliser 11 personnes, à Nyabiraba pour traquer quelqu'un qui n'est accusé de rien, officiellement bien sûr.
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