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Couvre-feu pour les taxi-moto et Charles Pétrie appel au dialogue
Le 15 juin 10
A partir de 18h du soir, plus de taxi-moto dans les rues. La situation sécuritaire au Burundi va de mal en pis.
Dans la nuit de samedi à dimanche, quatre attaques à la grenade ont secoué la ville de Bujumbura.
Deux grenades ont été lancées en plein centre-ville, l'une devant l'entrée d'un grand hôtel sans faire ni dégâts ni victimes, l'autre près de l'église Saint Michel, où elle a fait quatre blessés.
Une autre a explosé à la gare routière du quartier populaire de Kamenge, faisant un blessé. Une quatrième grenade a été lancée dans le quartier de Cibitoke chez un responsable local du parti au pouvoir, blessant deux personnes dont un enfant.
Dans la commune de Gihosha, les grenades ont été jetées sur une maison appartenant à un membre du Cndd-Fdd et aussi à la permanence du FNL.
Dans la province de Bubanza, quatre grenades ont été jetées dans différents endroits comme à Rubira, Gifurwe, à la onzième transversale et au village cinq de Gihanga.
Ces attaques à la grenade ne diffèrent pas à celles qui ont été perpétrées aux domiciles des certains élus au mois de mars 2008 et que jusqu'à maintenant la police continue à enquêter sans résultats.
Depuis ce samedi, aucune nuit ne passe sans des crépitements d'armes automatiques et de bruits d'explosions de grenades. La population est constamment en proie à une peur-panique.
Dans la nuit d'hier dans les communes urbaines de Bujumbura Mairie comme à Jabe, à Bwiza, à Kanyosha et à Buterere, certaines personnes nous ont signalé qu'ils ont eu un sommeil cauchemardesque suite à ces attaques et ont opté de se terrer sous leurs lits.
Pour le pouvoir, tout repose sur l'opposition qui avait contesté les résultats des élections communales du 24 mai 2010.
La ministre de l'intérieur avait même recommandé à la police de privilégier la piste des partis d'opposition pour mener leurs enquêtes.
L'opposition n'a pas tardé de réagir. "Le pouvoir est en train de faire du sabordage pour trouver un prétexte d'arrêter les leaders de l'opposition comme il l'a fait en juillet 2006 pour Alponse-Marie Kadege, alors vice-président de la République et l'ancien président de la République Domitien Ndayizeye", a indiqué Léonard Nyangoma, un des leaders de l'opposition, lors d'une conférence de presse.
Le Représentant Exécutif du Secrétaire Général des Nations Unies au Burundi, Charles Pétrie, se dit inquiet de cette situation qui s'en pire et recommande une recette magique qui est le dialogue. "Il faut qu'il y ait un engagement et une volonté des politiciens burundais pour entamer le dialogue", a-t-il souligné.
La CENI menace suite au refus de siéger aux conseils communaux
Lorsque les partis d'opposition ont annoncé qu'ils ne vont pas siéger aux conseils communaux, la CENI n'a pas tardé aussi à réagir et a menacé de remplacer les élus par les perdants. "Si les partis qui ont des sièges aux conseils communaux refusent de les occuper, nous les proposeront aux autres partis qui suivent", a expliqué Prosper Ntahorwamiye, commissaire chargé de communication à la CENI. Une façon de dire que tous les sièges vont être octroyés au Cndd-Fdd, lui qui est en deuxième place partout où l'opposition a obtenu ces sièges. La neutralité de cette dernière reste à désirer.
"Bien qu'il a usé de fraudes massives, le Cndd-Fdd n'a pas tous les sièges des conseillers communaux partout, ce n'est que dans la commune de Gishubi, province Gitega, où il a tout raflé, mêmes prétendument élus, les seuls conseillers de ce parti ne pourront pas se réunir pour élire des administrateurs communaux et plus tard les sénateurs.l'impasse est donc sérieuse et la voix des contestataires devrait être davantage écoutée", fait remarquer un analyste politique.
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