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La société civile burundaise a raison de réclamer une enquête internationale indépendante sur la mort d’Ernest Manirumva
 Le 21 Avril 09

La mort du Vice-président de l’OLUCOME et Vice-président du contrôle de régulation des Marchés Publics suscite beaucoup de doutes au sein des organisations de défense des droits de l’homme œuvrant au Burundi quant aux auteurs de ce crime odieux.

En effet, il a été constaté que plusieurs dossiers faisant état de malversations grossières ont été signalés à la Police Nationale. Les hautes autorités du pays et de la police seraient les auteurs présumés de ces crimes économiques. Vous vous souviendrez des dossiers de détournement dans la fourniture du haricot à la Police Nationale, celui du trafic des salaires alloués au personnel fictif à la même police, l’avion « Falcon 50 », la vente illicite du thé burundais aux hommes d’affaires tanzaniens et le dernier en vogue sur l’attribution du marché gré à gré de la fabrication des plaques minéralogiques pour ne citer que ceux-là. De grandes inquiétudes planent sur la responsabilité des dirigeants de la Police Nationale et présidentielle dans les différents meurtres organisés et réalisés avec précision et spécialité à l’endroit des personnes visées délicatement.

Encore une fois, la Police Nationale vient de mettre sur pied une commission chargée d’enquêter sur la mort d’Ernest MANIRUMVA au moment où elle est citée parmi les auteurs. Ceci est confirmé par les enquêtes dans les forfaits précédents qui n’ont jamais abouties. Vous vous souviendrez des cas Kassi Malan, Rwamibango et autres…

Selon des sources sûres, la victime a succombé au moment où elle était sur la piste des malversations commises à la police et aux marchés publics. En plus des salaires payés aux policiers fictifs et aux aides données à cette même police mais détournées, un autre marché vient d’être attribué illégalement à une société d’origine ougandaise sous la Direction de Mr Hussein NZISABIRA alias Mousba, pour la fabrication des plaques minéralogiques. Ce marché qui va coûter des milliards de francs burundais aurait été négocié par le Président Nkurunziza et attribuée gré à gré à une société basée à Bujumbura qui est déjà à pied d’œuvre et dont le président Nkurunziza serait actionnaire.

Pour un homme comme Ernest, chargé d’enquêter là-dessus et en même temps Vice-président du contrôle de régulation des marchés publics, il est évident qu’il représentait un élément gênant et très dangereux qu’il fallait à tout prix éliminer pour éviter des fuites. Signalons que certains membres du bureau des marchés publics ont été convoqués à la présidence de la République pour se voir intimer l’obligation de faire passer ce marché sans appel d’offre. Ce qui constitue une entorse grave aux règles et procédures des marchés publics. Vous conviendrez avec moi que le refus d’exécuter les ordres venant « d’en haut » devrait coûter la vie à cet honnête citoyen engagé dans la lutte contre les malversations économiques.

Confier le dossier de ce crime ignoble aux seuls hommes de la police nationale équivaut à son classement sans suite comme tous les cas précédents. C’est pour cette raison que des arrestations arbitraires sont entrain d’être faites pour distraire l’opinion nationale et internationale comme à l’accoutumé.

Si rien n’est fait pour convoquer une enquête internationale indépendante tel que l’ont demandé les organisations membres de la société civile lors de leur conférence de presse tenue à cet effet, Ernest n’est ni le premier, ni le dernier à être exécuté pour avoir dénoncé les crimes du pouvoir Nkurunziza et son parti politique le Cndd-Fdd. Tout le monde doit se lever pour arrêter cette machine infernale qui finira par zigouiller et lyncher tous les honnêtes citoyens de ce pays. Ernest MANIRUMVA est un héro national dans la lutte contre les malversations économiques. Les burundais doivent lutter pour qu’il soit le dernier sinon, adieux la bravoure des hommes intègres dont le Burundi a grandement besoin !!!