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Il transportait plus de six kilos d'héroïne
(Source: Nord Littoral)
Le 14 août 10
Le 27 mai, en fin de matinée, Guy Mohamed Ndikumana, 32 ans, né au Burundi, mais résidant en Grande-Bretagne, est contrôlé à bord du bus Eurolines qui le ramène outre Manche.
Sa valise est passée aux rayons X. Elle est ouverte. Elle sera véritablement dépecée et seront découverts, dans un double fond, qui présente des traces de colle fraîche et des renforts en caoutchouc, plusieurs sachets contenant de la poudre brunâtre, au total, 6,3 kilos d'héroïne.
Placé en retenue douanière, puis en garde à vue, le prévenu explique s'être rendu en Belgique, en avion, pour y rencontrer sa famille. Un de ses proches étant malade, il a décidé de repartir plus tôt, en bus, pour que ça lui coûte moins cher.
Un "service" qui lui coûte cher
Une fois monté dans le bus, il a été appelé par un nommé - Sam - qui voulait lui parler et qui se trouvait sur le parking. Ce dernier lui a proposé de transporter une valise, contre la somme de 200 euros : "Pour moi, c'était une façon comme une autre de rendre service. Sam tient un commerce et j'aurais également bénéficié d'importantes réductions. Nous, on ne pense pas comme vous, les Français... On ne se méfie pas." En comparution immédiate, le prévenu dit la vérité, selon lui : "Moi, je donne ma confiance aux gens. Il m'a demandé mes coordonnées."
Mais le président questionne : "Mais qu'est ce qu'elle a de plus qu'une autre valise, selon vous ? Les Douaniers se rendent compte de choses anormales, mais pas vous ? Vous transportiez de la drogue pour une somme de plus de 150 000 euros, et Sam a confié cela à un inconnu !" En plus, le prévenu semble multiplier les allers-retours entre la Grande-Bretagne et l'Europe. Beaucoup d'argent semble circuler au travers de ses doigts : "Mais je travaille, ma femme aussi. Et je vends des voitures retapées, à l'occasion, au Burundi. Je n'ai pas de souci financier."
L'agent des Douanes est venu à l'audience avec la valise, qui, après le passage des enquêteurs, est -inutilisable- : "Une valise qui pèse 12,5 kilos, ce n'est pas une valise vide... J'ai bourlingué et à Roissy, par exemple, des transports comme ça, on en voit de deux à trois par semaine, avec des marchandises à hauteur de deux à trois kilos par passage... En soi, effectivement cette valise était un prototype. Cet homme voyage beaucoup, entre autre entre Bruxelles et Bujumbura, un aller retour qui lui coûte à chaque fois 2 300 euros..." Il sollicite le paiement d'une amende douanière d'un montant de 157 500 euros.
Allers-retours entre la Belgique et l'Europe
"Je ne crois pas un seul mot du discours du prévenu, souligne le substitut. Dans sa communauté, il est surnommé -l'homme sage-... Et bien, quelle naïveté ? Il ne se rend compte de rien. Tout cela n'est pas crédible, surtout pour un homme qui est habitué à travailler dans l'import export avec l'Afrique. Les confiances aveugles mutuelles n'existent pas." Il requiert cinq ans de prison ferme.
"Mon client a peut-être été naïf, souligne Me Denfer, en défense. Mais rendre service, ça peut arriver à tout le monde. Il n'a pas besoin d'argent et aurait fait la mule contre une somme de 200 euros. Ce n'est en tout cas pas pour l'appât du gain.
Il a fait preuve de bonté, a manqué de vigilance, et a été piégé."
Guy Mohamed Ndikumana écope de 42 mois de prison ferme. Il est interdit du territoire français pour une durée de cinq ans. Il est maintenu en détention. L'amende douanière s'élève à la somme de 157 500 euros. Les marchandises de fraude et les scellés sont confisqués.
Par Brigitte GOURRET
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