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Le doigt accusateur de la RPA risque de causer sa fermeture
Le 18 juillet 09
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Mr Serge Nibizi |
Selon un magistrat qui a requit l’anonymat et a confié à la rédaction de Burundi Transparence, qu’un de ses collègues a reçu une mission de fermer la RPA et d’envoyer le journaliste Serge Nibizi en prison. Si ce magistrat n’arrive pas à exécuter cet ordre, il sera muté à l’intérieur du pays.
Cet ordre a été donné suite aux enquêtes que le CNC a initiées sur le reportage que la RPA avait diffusé sur le différend frontalier entre le Burundi et le Rwanda. Certains durs du pouvoir à Bujumbura s’accordent que les enquêtes doivent être menées après l’exécution de cet ordre de fermeture de la RPA et l’emprisonnement de ce journaliste.
Durant trois jours, la radio publique africaine (RPA) s’est saisie du dossier de la colline Sabanerwa qui est un bout de terre perdu dans un domaine plutôt vague, entouré des eaux à la frontière nord de la province Ngozi (commune Mwumba) fait objet d’une forte convoitise entre le Rwanda et le Burundi. La RPA avait fait une série de reportages depuis cette colline de la discorde. Le reporter, Serge Nibizi, a clairement indiqué que le Rwanda s’est accaparé de ce bout de terre, concluant, du coup, au grave manquement des autorités burundaises qui n’ont pas su défendre l’intégrité des frontières.
Le 07 juillet 2009, Le président de la commission nationale pour la démarcation et la matérialisation de la frontière commune entre le Burundi et le Rwanda, Ambassadeur Antoine Baza avait animé une conférence de presse pour réagir à une information diffusée par la Radio publique africaine à propos du cas des localités de Sabanerwa en province Ngozi et à Gasenyi en province Kirundo.
Au cours de cette conférence de presse, il a déclaré qu’il n’y a pas de torchon qui brûle entre le Burundi et le Rwanda à propos de cette frontière rwando-burundaise. Il a indiqué qu’il y a juste un problème d’interprétation sur le tracé frontalier entre ces deux pays suite aux éboulements horographiques qui ont changés la frontière fixée par la puissance coloniale belge depuis 1958. Il a précisé qu’une commission technique mixte chargée de faire la démarcation a terminé ses travaux et le rapport est déjà transmis aux ministres qui doivent se réunir pour l’analyser.
Le 08 juillet 2009, le Conseil National de la Communication (CNC) avait tenu un autre point de presse au cours duquel il avait fait un clin d’œil à la Radio Publique Africaine (RPA) sur l’information qu’elle avait diffusée. Cette information concernait le différend entre le Rwanda et le Burundi sur la colline Sabanerwa dans la province Ngozi que tous les deux pays se réclament tributaire. La présidente du CNC, Mme Vestine Nahimana, avait fait savoir que la RPA avait émis des informations qui pourraient ternir les relations diplomatiques entre ces deux pays alors que la commission mise en place pour cette fin est toujours à pied d’œuvre.
Le CNC s’est insurgé énergiquement contre les informations qui ont été diffusées à la Radio Publique Africaine qui mettent en cause le serment du Chef de l’Etat à la nation burundaise, l’accusent de ne pas protéger les frontières.
Selon Vestine Nahimana, présidente du CNC, il y avait une violation flagrante de la loi sur la presse et d’autres lois connexes. Cette radio devrait s’amender, avait conclut la présidente du CNC. Le CNC avait fait savoir qu’il s’est déjà saisi du dossier pour procéder à son instruction à travers le Secrétariat d’Instruction des Plaintes.
Selon le Directeur de la RPA, Mr. Emmanuel Nsabimana, le secrétariat des plaintes du CNC devrait d’abord statuer sur le cas car, selon lui, la RPA n’a voulu en aucun cas causer un incident diplomatique d’autant plus que ce conflit est connu et que même une commission mixte est à l’œuvre pour essayer de statuer sur la question.
Quant au secrétaire exécutif de l’Observatoire de la Presse au Burundi (OPB), Mr. Moïse Gahungu, l’information diffusée par la RPA était sensible pour tous les Burundais. Toutefois, Mr. Gahungu estime que cette information n’a pas été bien traitée. Le secrétaire exécutif de l’OBP ajoute qu’il n’a pas aimé que le CNC poursuive les enquêtes car, selon lui, c’est une simple faute. Il appelle tous les journalistes à éviter que le CNC ait l’opportunité de s’ingérer dans leur travail en appliquant un professionnalisme avéré.
Du Secrétariat d’Instruction des Plaintes du CNC, ce dossier a été envoyé chez un magistrat qui doit procéder à l’arrestation de Serge Nibizi et la fermeture de la RPA.
Rappelons qu’en décembre 2007, une mission des sénateurs burundais avait laissé entendre que le Burundi et le Rwanda ont été incapables de s'accorder sur le tracé de leur frontière, ces deux pays s'en sont remis, le 18 décembre 2007, à l'arbitrage de la Belgique, leur ancienne métropole, pour aider dans la résolution de ces litiges frontaliers. Mais la requête n’a pas été accueillie favorablement.
La mission a aussi indiqué la nécessité de l’implication de la Belgique dans cette affaire car cette dernière possède des archives et des documents écrits qui pourraient contribuer à la démarcation des points de frontières entre les deux pays.
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