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Les révélations du Congrès du CNDD-FDD démasquent le Président NKURUNZIZA
Le 30 avril 10
Un congrès qui se déroule après beaucoup d'ergotages, il n'a pas manqué d'afficher des visages renfrognés exprimant les mécontentements des uns et des autres parmi les membres fort contrariés par les stratagèmes de Nkurunziza. Au micro, l'Honorable Gervais Rufyikiri, Président du Sénat, affichait l'image d'un Homme accablé par les faits ignobles qui ont accompagné le congrès suicidaire de Ngozi et les tracasseries qui en ont suivi. De source proche du camp Nkurunziza, ce n'est pas pour rien que Rufyikiri a pris le micro pour vanter les réalisations du régime Nkurunziza. Il devrait, devant les participants au congrès, proclamer la fin de ses ambitions d'accéder au plus haut sommet de la République à travers les présidentielles de 2010. Quel déshonneur ! Il a acté malgré lui, pauvre homme! L'on se rappellera d'un qualificatif de "puant" que les Universitaires de l'époque attribuaient à toute personne qui agit contre son gré. Les éloges de Nkurunziza étaient axés sur 4 principaux ateliers de réalisation durant tout son mandat.
1er atelier : Gratuité de Soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans et de soins de maternité pour les femmes.
C'est la chanson habituelle du Président Nkurunziza. Il proclame à haute et intelligible voix que dès son accession au pouvoir les femmes accouchent gratuitement et que les enfants bénéficient des soins gratuitement dès la naissance à l'age de cinq ans et cela grâce à lui. A en croire ou pas, le Président Nkurunziza pense que les burundais sont dupes, qu'il peut tromper l'opinion. Il ment, il sait que ce n'est pas son ouvre. C'est l'ouvre de l'initiative pour les pays pauvres très endettés, IPPTE qui ont consenti l'abandon de dettes et qui ont exigé que ce qui devrait être payé en termes de remboursement serve à améliorer le secteur de santé maternelle, infantile et celui de l'éducation.
C'est le droit de tout burundais d'accéder à des soins de santé. Mais quand la population est frappée par la misère, c'est une obligation pour le Gouvernement d'intervenir. Ce n'est pas le rôle d'un individu ou d'un groupe d'individus réunis au sein d'un parti dit "nanti" pour avoir nourri la corruption et la dilapidation du trésor public. Une femme enceinte qui n'a pas de quoi manger coure des risques d'anémie, de carences protéino-calorique, de toutes les maladies opportunistes, etc..Dans ce cas, c'est normal que, si la femme parvient à mettre au monde, l'enfant naîtra inévitablement avec beaucoup de problèmes de santé liés à ces carences. L'absence de suivi post-partum, le manque d'alimentation suffisante pendant l'allaitement mettent également en danger les femmes, n'épargnant pas aussi l'enfant; mais le Président Nkurunziza se moque d'elles. Ne veut-il pas prendre en otage le peuple burundais afin de faire des chantages de gratuité ? Finalement, est-il burundais ?
Seul le développement importe plus pour les burundais. Depuis des temps immémoriaux, les femmes ont accouché soit à la maison à l'aide des accoucheuses traditionnelles, soit au centre de santé où elles ont même payé de l'argent parce que elles en avaient. Il suffit de créer des structures de développement qui procurent des revenus suffisants pour les femmes rurales, elles n'auront plus besoins de gratuité. Elles paieront leur maternité et paieront les soins des enfants. Monstrueuse soit la politique de gratuité de Nkurunziza, tous les burundais en ont le bol au rat.
2ème atelier : Gratuité de scolarisation de l'école primaire
Une seconde chanson du Président Nkurunziza et que "depuis son accession au pouvoir il enseigne gratuitement les enfants". Encore une fois chers lecteurs, nous dénonçons cette intention malveillante de Nkurunziza de vouloir tromper l'opinion burundaise qu'il est l'auteur de gratuité de soins de scolarisation. C'est toujours l'initiative pour les pays pauvres très endettés, IPPTE qui consenti l'abandon de dettes pour le Burundi afin d'améliorer le secteur de l'éducation. Jadis, les enfants ont étudié et les parents supportaient toujours les frais. A mon âge, ne fût ce que pour faire la première année, il fallait payer 150 BIF comme frais scolaire annuels, 300 BIF pour uniforme Kaki ou robe bleue, et si de besoins 10 BIF pour les réparations de l'école. Il fallait aussi avoir une ardoise de 15 BIF et une touche. Soit au total une somme de 500 BIF. A ce moment, tous les écoliers étaient soignés gratuitement sur présentation d'une attestation scolaire signée par le titulaire de classe.
Aujourd'hui, l'Uniforme coûte 10000 BIF, les réparations scolaires exigent un payement de plus ou moins 3000 BIF par an, le matériel scolaire ne tombe jamais en dessous de 5000 BIF, soit en moyenne 18000 BIF par an pour un écolier de la 1ère année, à la grande satisfaction du Président Nkurunziza. Quand il chante tout le temps de "gratuité de scolarisation", le Président Nkurunziza ne fait que se moquer du peuple burundais qu'il considère toujours comme naïf. On dirait qu'il n'a pas fréquenté l'école primaire au Burundi pour méconnaître toute la réalité. Si naguère les enfants pouvaient rester à l'école de 8 heures à 17 heures, c'est parce qu'il y avait à manger en suffisance. Durant le régime de Nkurunziza donc, la faim et la misère, le délaissement des enseignants à eux-mêmes, les grèves répétitives de ces derniers suite au manque de compassion du Président Nkurunziza font que le niveau d'enseignement baisse de façon exponentielle. Nkurunziza n'a donc aucune raison de tromper l'opinion, il se moque de lui-même et de ses acolytes.
3ème atelier : Recouvrer la paix et la sécurité dans le pays
Le Burundi est un pays bien connu pour des séries de crises internes qu'il a traversées. Le retour de la paix et de la sécurité ne peut être attribué ni à un individu, ni à un parti politique et moins encore aux différents protagonistes armés. C'est l'oeuvre de la Communauté International en général et de tous les Burundais en particulier. Quoi donc de plus normales que le Président Nkurunziza et son parti, le CNDD-FDD prétendent être les seuls artisans de la paix et de sécurité? Au contraire, on aura tout vu dans cette république bananière. Les tracasserie militaro policières observées un peu partout dans le pays depuis le mois de Janvier 2007, les massacre fortement dénoncés des populations civiles de Kinama, Kamenge, Muyinga, Makamba, Bubanza, Karuzi, Kirundo, Cibitoke et Ruyigi sans oublier les vols à mains armées, les viols faits aux femmes et d'autres, témoignent à suffisance la persistance de l'insécurité dans le pays. Nous rappelons ici les assassinats ignobles d'une volontaire Française, Agnès Durry et du Vice-président de l'OLUCOME, Ernest Manirumva qui restera gravé dans la mémoire collective des membres de la Société Civile Burundaise et de la Communauté Internationale.
Cet atelier des grandes réalisations du président Nkurunziza présente encore des milliers de défis notamment les armes à feu qui prolifèrent ici et là dans les populations civiles, le banditisme et criminalité, le manque de projets de développement pour les démobilisés, les malversations économiques et détournements des fonds publics qui accentuent la pauvreté ainsi que l'instrumentalisation des corps de défense et sécurité. Aussi, le favoritisme observé à l'endroit de certains éléments ex-FDD, considérés comme loyaux au Président Nkurunziza, crée un climat de suspicion et de discorde entre les différentes composantes des corps de défense et sécurité, compromettant les acquis des accords et protocoles de Paix et de sécurité.
4ème atelier : Réconciliation des burundais
Joindre les mots aux actes est aspect très important pour donner l'espoir à un peuple. C'est vraiment surprenant d'entendre que le président Nkurunziza ait déjà entamé le processus de réconciliation des Burundais alors qu'il n'a même pas manifesté une volonté politique dans la mise en place de la Commission Vérité et Réconciliation. Toutes les recommandations y relatives suggérées par la Communauté Internationale ont été lettre morte. Par contre, le Président Nkurunziza a entrepris une politique de DIVISER POUR REGNER "divid et impera". Il usera de toute son influencer pour réussir à son pari. Ceci se fait observer au travers d'un congrès irréligieux de son parti, qu'il a organisé à Ngozi en février 2007, qui divisant le parti CNDD-FDD en deux factions manifestement contradictoires à propos de l'idéologie de départ et des pratiques actuelles. Cette guéguerre aura commencé dans le camp du Président Nkurunziza et se terminera là même, comme il aimait souvent le dire.
Dans les efforts de garder le terrain politique, le Président Nkurunziza et son parti ont entamé une campagne de diabolisation contre les autres politiciens ou partis politiques ayant une certaine divergence avec le CNDD-FDD dans le seul but de les scinder en deux ou plusieurs ailerons. Citons ici les cas du Sahwanya Frodebu et du FNL qui accouchèrent respectivement le Frodebu-Nyakuri (véritable) et le FNL-Iragi rya Gahutu, branches du parti au présidentiel même si le Frodebu-Nyakuri y renoncera plus tard. Ce courant de divid et impera du Président Nkurunziza et son parti n'épargnera pas les Syndicats et les Confessions Religieuses. Les Syndicats des enseignants, des personnels soignants et non soignants de la Santé Publique ont vu naître d'autres syndicats parallèles dits Nyakuri (véritable) pendant que la COMIBU (Communauté Islamique du Burundi) dirigés à ce moment par Sheikh Issa Salum Bagoribarira voit certains de ses membres se grouper derrière Mufti Rukara Muhamed.
Pour dépasser le rubicond du crime, Nkurunziza passe à la manipulation de l'appareil judiciaire pour emprisonner arbitrairement de paisibles citoyens. D'un coté, Domitien Ndayizeye est emprisonné, pendant que Kadege qui a subit des tortures sans nom sera obligé de fuir irrémédiablement son pays natal. De l'autre coté, Hussein Radjabu, le géniteur politique de Pierre Nkurunziza, est emprisonné et condamné injustement à une des plus grandes peines pour le seul mobile politique de s'être opposé à l'organisation du congrès funeste de Ngozi. Dès lors, la Violation flagrante de la loi et de la constitution devint une règle, la politique entra dans le prétoire et la justice s'enfuit par la fenêtre, laissant terrain à l'impunité sur toute l'étendue du pays devant sa chute raide dans le gouffre immense. Telle est la Réconciliation dans le sens du Président Nkurunziza.
A suivre
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