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 Actualités

La radio Rema FM traduit en justice la RPA, Bonesha FM et Renaissance FM
 Le 30 septembre 09

Le directeur de la Radio Publique Africaine (RPA), Mr. Emmanuel Nsabimana, a comparu ce 28 septembre 2009 devant le tribunal de grande instance de Bujumbura.

Il était question de répondre à une assignation civile pour les plaintes de la radio Rema FM contre le Directeur de la RPA, le Directeur de la radio Bonesha FM, et le Directeur de la Radio et Télévision Renaissance FM.

La radio Rema FM indexe ces derniers d’atteinte à l’honneur contre Rema FM et demande pour cela dédommages et intérêts évalués à 750 millions de francs burundais.

Le Directeur de la RPA indique plutôt que c’est lui qui devrait se plaindre car, selon lui, il avait déposé au Conseil National de la Communication (CNC) une plainte contre la même radio le 18 septembre 2009 pour le mensonge et la calomnie dont ses trois journalistes ont été accablés via la diffusion par cette radio.

Le Directeur de la RPA voit une main mise du CNC sur ce que la radio Rema FM a fait d’autant plus que le CNC traîne les pieds à examiner leurs plaintes contre Rema FM. La 1ère audience est fixée le 18 décembre 2009.

Ce qui étonne l’attitude de la justice burundaise, toutes les plaintes contre la radio Rema FM sont encore dans les tiroirs de la justice burundaise alors que celle déposée dernièrement par radio Rema FM avance normalement. Nous voici devant une justice à deux vitesses sous la coupe du pouvoir Cndd-Fdd.

En date du 29 août 2009, le CNC a analysé les plaintes déposées par le journaliste Eric Manirakiza contre la radio Rema FM et le journaliste de cette radio, Jérôme Nzokirantevye. Le CNC a demandé au plaignant de faire le choix entre le CNC et la justice car il avait également déposé une plainte au parquet, une plainte qui n’avance pas.

Le journaliste Eric Manirakiza de la RPA a été accusé par Rema FM d’être impliqué dans la manipulation du sergent Bucindika Sélémani emprisonné à Mpimba dans le dossier du massacre de Muyinga.

Dans les éditions des 05 et 06 août 2009 de la radio Rema FM, le journaliste Jérôme Nzokirantevye a dit ceci :

"Après que le sergent Bucindika ait adressé une correspondance au Procureur Général de la République en date du 12juillet dernier attestant que sa déposition lors de cette audience publique de Mukoni était le fruit d'un montage commandité par Pierre Claver Mbonimpa, Président de l'APRODH, et Alexis Sinduhije, Président du MSD, le sergent Bucindika vient d'envoyer une deuxième lettre manuscrite cette fois au Procureur Général de la République dans laquelle il affirme que Eric Manirakiza, journaliste à la RPA, accompagné de Madame Denise Niyonzima, cadre à l'Office du Haut Commissaire des Nations Unies chargé des Droits de l 'Homme au Burundi, l'ont trouvé lundi dernier à la prison de Mpimba où il est incarcéré pour le supplier de nier les affirmations contenues dans sa première lettre du 12 juillet dernier et d'affirmer qu'il a écrit cette lettre sous la manipulation de Maître Déo Ndikumana, avocat de la défense lors de ce procès de Mukoni ». « On ne saurait vous dire si Madame Denise Niyonzima qui a accompagné notre confrère Eric Manirakiza de la RPA quand il a été voir le sergent Bucindika à Mpimba lundi dernier l'a fait de sa propre initiative ou pas".

Réagissant à certaines décisions du CNC, Mr. Emmanuel Nsabimana, Directeur de la Radio Publique Africaine, avait récusé le Conseil National de la Communication (CNC). Il avait accusé cet organe institutionnel, particulièrement sa présidente, Mme Vestine Nahimana (présidente de la Ligue de femmes du parti Cndd-Fdd dans la province de Bubanza), de partialité dans sa prise de position. Il avait estimé qu’il s’agissait d’une régulation à deux vitesses de la part du CNC.

Il avait expliqué que cette institution prend des décisions à la moindre incartade de la RPA alors qu’elle ferme les yeux aux dérapages de certains médias pour des raisons politiques. Le Directeur de la RPA avait aussitôt rejeté l’autorité de cet organe. Il avait demandé au président de la République de faire attention à ceux qui sapent ses actions notamment les membres du bureau du CNC. "Ils font un excès de zèle qui risque à tout moment de faire préjudice à tout le système croyant servir le régime en place", avait indiqué Mr. Nsabimana.

La Radio Publique Africaine (RPA) est allé jusqu’à porter plainte contre le Conseil National de la Communication (CNC). Elle avait déposé cette plainte à la Cour Administrative mais jusqu’à maintenant sans suite.

Selon Mr. Emmanuel Nsabimana, Directeur de la Radio Publique Africaine, toute personne peut porter plainte contre cet organe car la loi régissant le CNC stipule que les décisions du CNC sont attaquables devant la Cour Administrative. Mr. Nsabimana avait signalé que tout recours est suspensif de la décision attaquée.

En ce moment là, le CNC avait pris deux décisions contre RPA, la 1ère concerne l’information sur le différend frontalier entre le Burundi et le Rwanda à savoir le dossier de Sabanerwa. La 2éme décision est relative à la plainte de Mr Tabu Abdallah Manirakiza. Sur le dossier Sabanerwa, le CNC a demandé au ministère public de poursuivre la RPA.

L’Association Burundaise des Journaliste (ABJ) avait affirmé être préoccupée par les décisions prises par le CNC en sa séance du 28 août 2009 sur la saisine et une auto saisine. Ces décisions pouvaient raviver le doute de l’association au lendemain de la nomination de ses membres sur la capacité professionnelle de cet organe au regard de sa composition à dominance plus politique que technique.

L’ABJ avait demandé au CNC de se reprendre pour inspirer confiance aux organes de presse dont il a le mandat d’assurer la régulation et refuser d’apparaître comme un instrument de répression.

Pour certains analystes politiques à Bujumbura, la radio Rema FM (au service du parti au pouvoir, le Cndd-Fdd) se met à dos tous les médias burundais pour torpiller le projet d’une synergie des médias lors des élections de 2010 car pendant les élections de 2005, la synergie des médias avait efficacement aidé à empêcher certaines ambitions de tricher les élections.