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Révision de la Constitution : Les réactions des politiciens et la Société Civile
 Le 03 janvier 12

Dans son discours à la nation à l'occasion du nouvel an du 2012 ; le président Pierre Nkurunziza a dit que cette année sera marquée par des moments forts remarquable comme la célébration du cinquantenaire de l'indépendance du Burundi, la mise en place de la commission vérité et réconciliation et l'action de mener des consultations sur la révision de la constitution et les autres lois, en particulier celles relatives aux élections et à la bonne gouvernance.

Les réactions à cette annonce

Politique

Pour le parti FRODEBU, il est opportun de réviser la Constitution pour savoir si on est dans un régime présidentiel ou un régime parlementaire.

"Il faut que ça soit bien précisé dans notre Constitution car il y a une confusion entre le chef du gouvernement, le chef de l'Etat et le président de la République. On n'a pas de chef du gouvernement à proprement parler, car c'est lui qui doit répondre devant le parlement. Et aujourd'hui, le président de la République se trouve être le chef du gouvernement sans toutefois répondre devant le parlement parce que son message n'est pas suivi par un débat", a déclaré à la presse le vice-président du FRODEBU, Fréderic Bamvuginyumvira.

Il a également indiqué que dans la révision de la Constitution envisagée, on devrait supprimer les postes de premier et de deuxième-vice présidents de la République qui, selon lui, "sont des machines budgétivores alors que si l'on avait un premier ministre, non seulement ce serait efficace, mais également c'est moins budgétivore".

Selon le vice président de ce parti, Frédérique BAMVUNGINYUMVIRA les politiciens doivent discuter et s'entendre sur l'usage de bulletin unique, les listes bloqués, la commission électorale nationale indépendante (CENI).

Le parti FRODEBU rejette aussi une révision de la Constitution dans le but de cumuler les mandats présidentiels.

Du côté de l'UPRONA, son président Bonaventure Niyoyankana a indiqué que "changer la Constitution pour changer ne ferait que destituer le système démocratique de notre pays".

Pour lui, la loi constitutionnelle devrait être plus ou moins pérenne et non une loi qu'on devrait changer chaque fois que de besoin pour satisfaire aux souhaits ou aux autres objectifs d'un parti ou d'un groupe de partis qui gouvernent.

Il s'insurge ainsi contre la révision de la Constitution tout en faisant des nuances.

"Si nous changeons la Constitution, certainement que nous allons changer toutes les lois qu'on aurait votées depuis l' existence de cette Constitution en 2005. Mais si l'on veut changer la Constitution pour inciter le gouvernement à suivre de près les Accords d'Arusha pour la Paix et la Réconciliation, l'UPRONA peut marcher avec", a ajouté le président du parti UPRONA.

Société civile

"Si le président Pierre Nkurunziza a l'intention de modifier la Constitution pour lever le verrou de la limitation des mandats présidentiels, ce serait un recul de notre démocratie, ça ne nous avantagerait en rien", a déclaré à la presse le délégué général de Forum pour le Renforcement de la Société Civile (FORSC), Pacifique Nininahazwe.
Il a aussi précisé que dans beaucoup de pays africains, les chefs d'Etats modifient la constitution pour avoir le droit à un troisième mandat. Il espère donc que ce n'est pas l'idée derrière la proposition de modification de la constitution car cela serait un recul de la démocratie.

Il a aussi mis en garde contre une révision de la Constitution qui mette en cause les Accords d'Arusha pour la paix et la Réconciliation en ce qui concerne les points fondamentaux comme la question des équilibres ethniques et de genre.

"La stabilité que nous avons est un peu liée à ces dispositions et il n'est pas encore opportun de les toucher", a encore déclaré Nininahazwe.

Il a en outre souligné qu'il ne faut pas toucher les libertés fondamentales des citoyens dans cette révision envisagée, à moins que ce soit dans le sens de les promouvoir et non de les restreindre.

Il s'est dit favorable à une révision de la Constitution qui consacre une vraie indépendance de la justice.