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EL Hadj Hussein Radjabu, les élections et la prison
(Source: Arc en Ciel)  
 Le 21 juin 10

D'après plusieurs témoignages recueillis dans les milieux proches du pouvoir depuis plusieurs mois, le Cndd-Fdd devrait négocier ses victoires électorales par tous les moyens, légaux et illégaux, pour non seulement se maintenir au pouvoir, mais aussi se rassurer que l'Honorable El Hadj Hussein Radjabu reste en prison. En effet, il est connu de tous que l'emprisonnement de cette figure emblématique du Cndd-Fdd repose sur des motivations politiciennes et ne réponde à aucune violation de la loi. Tout a été concocté et exécuté pour écarter politiquement un leader politique charismatique, très populaire et bien préparé pour remporter ces présidentielles de 2010, si tout était resté normal et dans un décor démocratique. Dans ces milieux proches du pouvoir, tout le monde est conscient que durant ce premier mandat du Cndd-Fdd, il y a eu beaucoup d'abus de pouvoir, d'affairisme, d'assassinats politiques et crapuleux, des malversations économiques et financières à grande échelle et en toute impunité pour tous ces crimes. Une fois sortie perdant de ces élections, nombreux cadres du Cndd-Fdd sont donc conscients qu'ils devraient se retrouver en prison, avec cette possibilité que l'Honorable El Hadj Hussein Radjabu, au même titre que tous les prisonniers politiques croupissant toujours dans les geôles burundaises, allait retrouver le chemin de la liberté, avant de se venger contre les architectes de son emprisonnement.

Aujourd'hui donc, l'Honorable El Hadj Hussein Radjabu reste la "bête noire" du Cndd-Fdd. Même ceux qui présagent des négociations entre le Cndd-Fdd et les partis d'opposition pour apaiser ces tensions politiques grandissantes dans le pays, personne ne veut entendre la libération de l'Honorable El Hadj Hussein Radjabu, un leader qui doit rester en prison, aussi longtemps que possible, selon la logique du pouvoir Cndd-Fdd. Peut-être qu'ils savent déjà que l'Honorable El Hadj Hussein Radjabu est parmi ces gens qui disent qu'il n'y a pas eu d'élections communales au Burundi et que ça ne vaut pas la peine de perde du temps pour aller voter le 28 juin 2010, dans un match où il n'y aura qu'une seule équipe sur terrain. En effet, à en croire un proche de l'Honorable El Hadj Hussein Radjabu, ce dernier s'inscrit en faux contre le verdict du 24 mai 2010 et ne reconnaît plus la Ceni, ni dans sa composition ni dans sa légitimité. Cette colère de l'Honorable El Hadj Hussein Radjabu contre la Ceni tombe alors que la loi électorale du Burundi ne permet pas aux prisonniers de participer aux élections. Ils restent confiné dans leurs cachots et ne votent pas. Pourtant, la loi stipule qu'ils sont toujours présumés innocents, aussi longtemps qu'un jugement définitif n'est pas encore rendu contre leur cas. Inutile de dire que des milliers de prisonniers burundais sont des électeurs potentiels que la Ceni empêchent de voter, eux qui doivent bénéficier de la présomption d'innocence reconnue par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et le Droit positif burundais.

Selon un diplomate occidental en poste à Bujumbura, il ne sert à rien de maintenir en prison un homme comme Hussein Radjabu, alors que même la Cour Suprême du Burundi n'arrive pas toujours à prouver sa culpabilité lors d'un procès libre et équitable pour toutes les parties. Ce diplomate poursuit en disant que le cas de Nelson Mandela a montré que les régimes dictatoriaux s'acharnent souvent contre des citoyens honnêtes, politiquement soutenus et capables de bien diriger le pays, en faisant de la démocratie le credo de la république. Pour preuve, ce diplomate parle de tout ce que Nelson Mandela a fait pour l'Afrique du Sud, sur fond de la nation "Arc-en-Ciel", sans aucune discrimination contre les blancs, les métis et les autres composantes de la société sud-africaine. Il conclut en disant que compte tenu du charisme et de la popularité de l'Honorable El Hadj Hussein Radjabu, le Cndd-Fdd et tout le Burundi pourraient bénéficier positivement de son expérience dans la réconciliation et la reconstruction de tout le Burundi.

Pour l'instant, le pouvoir Cndd-Fdd ne l'entend pas de cette oreille. L'Honorable El Hadj Hussein Radjabu doit rester en prison, qu'il neige ou qu'il pleuve. Mais instrumentaliser l'appareil judiciaire à ce point, uniquement pour sauver les meubles d'un pouvoir qui éprouve beaucoup de difficultés pour s'imposer démocratiquement, ce n'est qu'une solution provisoire pour le pouvoir en place. Ainsi, le Burundi se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins et aucune ressource humaine ne devrait rester au bord de la route. Nous devrions tous nous mettre dans la même caravane, parce que si nous nous faisons pas attention, nous risquons de connaître une fin titanesque, uniquement à cause d'un leadership moins éclairé et sans aucune vision, susceptible de nous plonger dans un gouffre profond sans fin. C'est pourquoi les contributions des uns et des autres sont plus que nécessaires, en ces jours où le Burundi se transforme progressivement en une jungle politique, où les gros poissons se nourrissent des petits. Ecarter un homme comme l'Honorable El Hadj Hussein Radjabu, uniquement pour des calculs politiciens, c'est scier un tronc d'arbre sur lequel on est assis. Sa libération immédiate et sans condition est en mesure de sauver ce processus électoral, dans l'intérêt de tous les protagonistes, au pouvoir ou dans l'opposition. A Bon Entendeur Salut !