Burundi Transparence, c'est l'actualité en continue.
Accueil                     Précedente                     Suivante                 Archives

 

 

 Actualités

De la cause qui oppose l'Honorable Hussein Radjabu et Crts
 Le 10 février 10

En ce mardi 09 février 2010, la Cour Suprême de Bujumbura siégeant en chambre de cassation a appelé, en audience publique, la cause RPC 2279 : Ministère Public Contre l'Honorable Hussein Radjabu et Crts. Pour cette cause qui a, depuis l'instruction pré juridictionnelle, déferlé la chronique aussi bien la presse écrite que la presse orale. Des innombrables irrégularités ont émaillé cette cause sans oublier les interférences flagrantes du Parti au Pouvoir, de l'Exécutif ainsi que divers services de l'Etat.

De mémoire, il sied de soulever que les témoins à charge sont des agents du Service National de Renseignements pendant que les juges qui sont , du premier degré au degré d'appel de la chambre judiciaire de la Cour Suprême en passant par le Représentant du Ministère Public intervenus dans cette cause sont ,à majorité si pas tous des membres du Cndd-Fdd,Parti au Pouvoir.

Des détentions illégales pour tous les prévenus, les organisations des droits de l'homme ont constatée que divers services : la police judiciaire, la police présidentielle et le parquet se sont relayés pour torturer les uns pendant que d'autres se sont vus imposés un isolement au mépris de la loi. Pour parachever leur dessein, la Cour a été par la suite utilisée pour non seulement bloquer la procédure mais aussi violer constamment la loi qu'elle est sensée être la meilleure garante. Le rubicond du crime a été dépassé quand elle a condamné abusivement ces paisibles citoyens à des peines variées.

La procédure de prise à partie initiée par le collectif de la défense contre le Magistrat Charles Ndagijimana a été gérée par la Présidente de la Cour pendant que les citations à prévenus déposées contre certains hauts gradés de la Police et de l'armée à savoir le Général Adolphe Nshimirimana, Patron du Service des Renseignements, le Colonel Gahungu Bertin, le chargé de la Police criminelle à l'époque des faits, le Colonel Nikiza David, Commandent du Groupement d'Intervention Mobile et Rapide à l'époque des faits, le Colonel Jean Bosco Ngendanganya qui était le chef de Cabinet au Service National des Renseignements à cette époque ainsi que d'autres, ont été gérées par la Présidente de la Cour.

Le collectif de la défense n'a jamais cessé de décrier cela et pour montrer que cette cause connaît autres procédures particulières que celles que tout praticien du Droit en général et les juristes burundais en particulier, la Cour Suprême, la plus haute juridiction ordinaire qui doit être le rempart de toutes les autres juridictions vient de refuser la Comparution des prévenus Jean Bigirimana et Baudouin Ribakare dans cette cause devant la chambre de cassation.

L'argument avancé par la Cour est un argument qui ne s'appuie sur aucune base légale et le raisonnement emprunté par cette dernière pour les besoins de la cause a été balayé par la défense. L'assistance a amèrement constaté que la Cour s'est embourbée dans les boues et que voulant redresser la procédure a par contre empiré les choses. L'audience a semblé être transformée en conflit personnel entre la Présidente du Siége, en même temps la Présidente de la Cour et la défense. La Présidente a pris fait et cause du dossier en lieu et place d'être le véritable gardien des droits et libertés fondamentaux.

La place de la loi a été complètement ignorée pendant que le flou et la parodie de Justice ont dominé cette instruction jusqu'à manquer au siège de la Cour la sagesse de pouvoir se départir de sa qualité de juge à celle de militant du Parti au Pouvoir. La cause a été remise au 16 courant. La rédaction ose penser que le simulacre d'instruction qu'on a observé aujourd'hui sera rêvé. A suivre.