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Le CNDD-FDD en débandade fait piéger le Président NKURUNZIZA
(Source: Arc-En-Ciel n° 264 du 07 août 2009)
Le 10 août 09
Alors que le Burundi se prépare à connaitre ses prochaines élections en 2010, la tension monte de plus en plus, chaque jour, dans les milieux proches du pouvoir. Quand ce sont les principaux leaders de l’opposition qui s’organisent pour tenir des réunions de leurs partis, même autorisées par la Constitution, la police fait tout pour déstabiliser ces rencontres, sans aucun argument valable ni document légal pour justifier son intervention. Aujourd’hui, ces abus du pouvoir se multiplient et ne font que décrédibiliser le pouvoir, particulièrement le Président Pierre NKURUNZIZA, vis-à-vis de toute la communauté nationale et internationale. En réalité, en s’attaquant à l’UPD-Zigamibanga, au MSD et de temps en temps au FNL, ces policiers et ces procureurs ne font que répondre à des ordres lancés par des cadres du parti au pouvoir, le Cndd-Fdd. Et ceci prouve aujourd’hui qu’il y a plusieurs centres de décision dans ce parti où chacun s’improvise pour donner des ordres, en violation de la Constitution et des différents Accords de Paix, signés entre les burundais.
L’objectif de ce comportement dictatorial consiste notamment à défendre le Cndd-Fdd sur le terrain politique, tout en croyant servir son candidat potentiel, le Président Pierre NKURUNZIZA qui devrait être désigné comme candidat à sa propre succession, même si le Code Electoral et la Constitution l’écartent de la course aux présidentielles. En effet, condamné à mort par la justice burundaise, son élection en 2005 était bénie par la fameuse "immunité provisoire" négociée à Arusha (Tanzanie) par les différents partenaires politiques burundais. Avec les prochaines élections, cette immunité n’a plus d’effets, ce qui limite les chances du Président Pierre NKURUNZIZA à se présenter aux prochaines présidentielles, aussi longtemps que tous les partenaires politiques ne se mettront d’accord sur certains principes visant à assainir le climat politico-électoral au Burundi. Cela implique que le Cndd-Fdd, même au pouvoir, n’a pas tous les moyens nécessaires pour gérer en solo, seul, cette question d’une importance capitale, à l’heure actuelle au Burundi.
En effet, la situation risque de se radicaliser au détriment de la paix et de la sécurité au Burundi. Et cela pourrait sérieusement entraver les intérêts du Cndd-Fdd et susciter une contestation populaire massive de cette candidature potentielle du Président Pierre NKURUNZIZA, de la part de toutes les forces vives de la Nation burundaise. En croyant donc aider le Cndd-Fdd et le Président de la République, ces fonctionnaires zélés du pouvoir, parmi lesquels des policiers, des magistrats, des gouverneurs des provinces, des administrateurs communaux,… ne font qu’enfoncer leur parti et détruire politiquement leur potentiel candidat, le Président Pierre NKURUNZIZA. Pourquoi donc continuer ce jeu stérile ?
Aussi, il faudrait signaler que pour obtenir automatiquement la candidature du Président NKURUNZIZA à sa propre succession, en 2010, une révision de la Constitution s’impose pour que cette candidature soit légale. Là encore, le Cndd-Fdd et le Président Pierre NKURUNZIZA n’ont pas beaucoup de chances de réussir ce coup, en procédant par un forcing ou en multipliant les arrestations et les emprisonnements arbitraires des leaders de l’opposition. Ni par un referendum populaire, ni par une majorité écrasante de 90% dans les deux chambres du Parlement burundais, aucun chèque en blanc ne pourrait être signé pour cette candidature qui risque de polluer le climat politique au Burundi, dans les prochains jours. Pourtant, tout n’est pas complètement fini sur ce dossier, à l’endroit du Cndd-Fdd et du Président Pierre NKURUNZIZA.
En effet, il n’ya aucun autre moyen de sauver ce navire, que de procéder par un retour inclusif à la table des négociations, réunissant tous les partenaires politiques et la société civile. Car, ces prochaines élections restent une affaire de tous les burundais sans exception. Rappelons pour terminer qu’aucun bailleur de fonds ne pourrait cautionner et financer des élections taillées sur la mesure d’un parti politique ou d’un candidat quelconque. Et si le Cndd-Fdd, par cette instrumentalisation des instances policières et judiciaires continue, inutile de prédire que les principaux partis politiques de ce pays pourraient naturellement boycotter ce processus électoral pour mettre le Cndd-Fdd et son candidat, devant leurs responsabilités. Si les choses arrivent à ce niveau, c’est que nous ne souhaitons pas une seconde, ça sera inévitablement la reprise de la guerre au Burundi, une guerre éclair que le Cndd-Fdd ne pourrait jamais gagner.
Pour l’instant, le Cndd-Fdd a tout intérêt à se réunifier pour avoir une unité de commandement en vue d’éviter ce désordre, devenu sa maladie incurable. Après cela, ce pouvoir incarné par le Président Pierre NKURUNZIZA devrait se faire violence et libérer tous les prisonniers politiques de ce pays, immédiatement et sans conditions, avant de se mettre à discuter avec tous les partenaires politiques burundais, ce qui pourrait inévitablement apaiser le climat politique dans le pays. Pour nombreux analystes, même si le Cndd-Fdd perdait les prochaines présidentielles, avec un minimum d’humilité et d’organisation, il pourrait rester dans la "Cour des Grands" pour les cinq prochaines années, lui qui a toujours en face d’elle, une opposition dispersant inutilement ses énergies et encore incapable de se souder fermement pour remporter démocratiquement et ensemble, les prochaines élections. En définitive, tous les scenarios démontrent que la Candidature du Président Pierre NKURUNZIZA reste impossible sans la consultation des autres partis politiques et de la société civile.
A bon entendeur, Salut !
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