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 Actualités

Philippe Nzobonariba ne tient plus la parole de tonton
(Source: Burundi Bwiza)  
 Le 13 mai 09

Depuis qu’il est dans les bonnes grâces du pouvoir Cndd-Fdd, notre vieux Nzobonariba, jadis sage de référence par sa façon de parler franc et avec tout le respect, a changé. Comment accepte-t-il de soutenir le discours belliqueux, non réconciliant qu’a tenu le chef de l’Etat Nkurunziza à l’égard des médecins méprisés et livrés à la population, si l’on tient compte du discours prononcé à Karusi !

 
Il est vrai que Mzee Nzobonariba est porte-parole du Gouvernement, c’est le gagne-pain. Mais, sa personnalité ne devrait nullement être entachée par les sales missions de dire au nom de ce gouvernement déboussolé, enlisé dans un bras de fer dont le seul peuple est victime. La solidarité du gouvernement exige, dirait-il. Mais rien ne l’empêcherait de se désolidariser effectivement pour sauver son honneur, déjà entamée avec l’emprisonnement du directeur de Netpress, J. Claude Kavumbagu, acquitté par la justice.

Démissionner c’est difficile pour quelqu’un placé à un poste aussi juteux que le sien, qu’il détient par ailleurs depuis le début de cette législature, mais il faut oser. Sage d’âge qu’il est, cela devrait l’encourager même à oser parler à Nkurunziza.

Notre Nzobonariba, qui hier était un homme de vérité aurait même déjà abandonné son parti [Rassemblement du peuple burundais (Rpb)] dont il était président aux élections de 2005, pour se soumettre au Cndd-Fdd. L’homme de Bukeye est devenu on ne peut plus opportuniste. Il en est de même que le ministre de la santé publique Dr. Gikoro qui semble déjà oublier les conditions de misères dans lesquelles travaillent les médecins du secteur public. Il a passé par là avant d’être nommé ministre.

L’on apprend que des médecins nigérians sont à la porte des hôpitaux burundais. C’est une très bonne chose, car, cela manifeste encore une fois le degré de la coopération entre les deux pays. Toutefois, les premiers bénéficiaires de cette coopération, serait-il réellement ce peuple ! L’on le sait bien que la manne pétrolière que ce pays de l’Afrique occidentale donne, ne profite qu’au chef suprême. Les médecins nigérians parlent l’anglais, une langue que même le personnel de collaboration ne maîtrise pas. Que vont-ils alors faire dans l’immédiat face à des milliers de malades qui vont affluer vers les hôpitaux ? Il leur faudrait un temps pour faire la reconnaissance, et s’installer.
Bref, ils ne viennent pas résoudre le problématique des médecins burundais, ils viennent pour un appui, mais de qui ?

Mettre les médecins en résidence surveillée, les empêcher à se débrouiller pour avoir de quoi faire survivre leurs familles, ce n’est pas la meilleures des solutions. Il importe plutôt de revenir sur la table des négociations, avec l’esprit d’en découdre avec ces mouvements de grèves répétitives, que le parti au pouvoir qualifie abusivement de politique.

Comme je l’ai déjà dit dans un de mes articles, le discours du président Nkurunziza n’avait pas été bien tramé ; il était improvisé et prononcé avec un ton de crise des nerfs, et sûrement que même les yeux étaient hors orbite (yari yafyutse). Qu’il se temporise, mobilise son arsenal humain payé pour l’intérêt public, pour trouver la solution qui amènerait ces médecins à reprendre le travail.