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Les 30.000 barils de carburant offerts par le Nigeria resteront-ils aux mains du chef de l’Etat ?
Aube de la Démocratie n° 116 Le 18 Août 08
Ce lundi 28 Juillet 2008, le Chef de l’Etat burundais s’est envolé à destination du NIGERIA pour une visite de travail. Cette visite dans un pays producteur
de pétrole, dans un pays qui donne gracieusement au Burundi 15.000 barils de carburant brut par jour ne peut pas se limiter à la seule ouverture de l’ambassade.
Ainsi la République sœur du Nigeria vient de doubler le don du carburant qu’il accorde au Burundi depuis septembre 2005 passant de 15 000 barils par jour à
30 000 barils par jour.
Mais en ce moment précis où le prix du carburant à la pompe ne cesse d’augmenter, le citoyen burundais est en droit de reposer la question de savoir ce que
devient ce don des 15.000 barils offert au Burundi par le Nigeria. Cette interrogation devient pertinente quand l’Inspecteur Général de l’Etat, Monsieur
Alexandre NAKUMURYANGO déclare, dans sa conférence de Presse du 21 Juillet 2008, qu’il n’est pas au courant de l’existence de ce don, donc qu’il ignore son
utilisation. Il devait préciser que c’était la première fois qu’il apprenait l’existence de ce dossier. Et pourtant au cours de l’analyse du budget 2008,
cette question à suscité un débat houleux : les députés réclamaient que ce don soit inscrit dans le budget 2008. Mais le représentant du Gouvernement à
catégoriquement rejeté cette requête : la gestion de ce don doit rester à la discrétion du Chef de l’Etat, donc sur un compte hors budget, dénommé « Appui
aux bonnes initiatives »
Mais quel est l’historique de ce don ? Quelle est la valeur réelle de cette libéralité ? Le Nigeria, pays producteur du pétrole offre gratuitement du carburant
brut à certains pays qui en exprime le besoin. C’est ainsi que les pays comme la Chine, la République Unie de la Tanzanie, l’Afrique du Sud bénéficient de
ce don. L’Afrique du Sud recevrait 50.000 barils par jour. Feu HITIMANA Mathias, alors Ministre de l’Energie et des Mines avait découvert ce trésor. Mais
il est décédé avant d’avoir conclu la transaction. Heureusement qu’un autre compatriote, KWIZERA Dieudonné, bien introduit dans le milieu des affaires Nigérian
est tombé sur le dossier et a donné des orientations nécessaires au Gouvernement de Transition du Président NDAYIZEYE. Ce dernier a vite entreprit des
démarches auprès de son homologue, le Président OBASSANJO. C’était à SYRTHE et à PRETORIA. Ces contacts ont abouti à un dénouement heureux et le Burundi a
été admis sur la liste des pays devant bénéficier de ce don.
En date du 1er Mars 2005, le NIGERIAN NATIONAL PETROLEUM CORPORATION (NNPC en sigle) basé à ABUJA écrivait au Ministre du commerce et de l’Industrie,
Monsieur Thomas MINANI, une lettre qui confirmait que le Gouvernement du Burundi allait recevoir dès le 1er Mai 2005, 15.000 barils de carburant brut par jour.
Mais comme le traitement de carburant brut échappe aux compétences du Burundi, le Gouvernement NDAYIZEYE a décidé de confier le traitement et la vente
du produit sur place (au NIGERIA) à une société dénommée MGG Energy. C’est ainsi que dans sa correspondance du 17 Mars 2005, le Ministre Thomas MINANI
dans sa correspondance adressée à NNPC, il a donné mandat à MGG Energy d’agir au nom du Gouvernement burundais. C’est cette société qui devait consentir
tous les frais requis de la transformation à la vente de 15.000 barils (par jour). Dès lors le Burundi ne reçoit que le reliquat de quatre vingt mille de dollars
américains par mois (80.000 US$). Le premier versement devait intervenir le 1er septembre 2005 soit, 5 jours après l’investiture du Président de la
République Pierre NKURUNZIZA. Ces payements transitent par le compte de la Banque de la République du Burundi ouvert à NEW YORK à la Citibank. L’adresse est celle-ci :
Nom du bénéficiaire : Banque de la République du Burundi
Banque : CITIBANK NEW YORK (CITIUS 33)
Numéro de compte : 36047337
Suift : BRB UBIBI
Tout compte fait, depuis septembre 2005, le compte hors budget de la BRB qui bénéficie de ces fonds du NIGERIA, dont la gestion est réservée à la discrétion
du Chef de l’Etat aura totalisé trois millions de dollars américains (3.000.000 US$). De l’avis des économistes ce montant pouvait aider à constituer un stock
stratégique du carburant, une clairvoyance qui pouvait diluer l’impact de la montée du prix du baril sur le marché mondial. Avec la dernière visite du Chef de
l’Etat au Nigeria, ce pays vient de doubler le don. Autant dire que le Burundi doit recevoir au moins cent soixante mille dollars américains par mois (160 000
US$). Mais comme le prix du baril a presque doublé depuis 2005, le reliquat des quatre vingt mille dollars par mois devrait lui aussi augmenter en conséquence
ça ne serait dont par exagérer de penser que ce reliquat peut monter désormais jusqu’à deux cent mille dollars américains par mois. Un simple calcul mental
nous donne par conséquent cinq millions de dollars américains jusqu’en Août 2010, plus de cinq milliards de francs burundais.
La question qui se dégage sur toutes les lèvres dès l’annonce de ce don ce mercredi 30 Juillet 2008 est celle-ci : est-ce que le cabinet du Chef de l’Etat va
persister à maintenir ce don sur le compte hors budget « Appui aux bonnes initiatives ? » ce compte, de l’avis de la Cour des comptes « a été irrégulièrement
créé. Il n’a pas d’objet précis et sa gestion est affranchie des lois et règlement applicables en matière de gestion des fonds publics…des dépenses effectuées
sur ce compte sont difficilement contrôlables dans la mesure où ces fonds sont gérés en espèces et que de surcroît aucune comptabilité fiable n’est tenue. »
Dans la nouvelle révision budgétaire qui est au parlement ce don devrait rentrer dans le budget pour l’amour du peuple burundais meurtri pour une paupérisation
sans nom.
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