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Deux ministres devant l’AN pour répondre aux préoccupations du personnel paramédical
 Le 01 août 09

Les députés ont adopté ce jeudi 30 juillet 2009 le projet de loi relatif aux dispositions particulières du statut général des fonctionnaires applicables aux professionnels et au personnel non soignant de la santé publique. Après quelques explications de ces dispositions par la ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité Sociale et celui de la Santé Publique, respectivement Mme Annonciate Sendazirasa et Dr Emmanuel Gikoro, ce projet de loi a été voté par 96 voix pour, deux abstentions et une voix contre sur 99 voix.

Selon ces membres du gouvernement, ce statut a l’objectif de faire face aux problèmes d’insuffisance des différentes catégories des personnels de la santé du secteur public et aux conditions de travail très exigeantes. En effet, le Burundi compte 180 médecins seulement, soit un médecin pour 25.000 habitants, alors que les normes de l’OMS préconisent un médecin pour 10.000 habitants en moyenne.

Quant aux pharmaciens, le pays en a 63 dont 10 étrangers. Les dentistes quant à eux sont au nombre de 13 dont 8 pour le secteur public et 5 pour le secteur privé, la moyenne étant d’un dentiste pour 540.000 habitants. Les facteurs de cette insuffisance du personnel qualifié sont surtout les rémunérations peu motivantes impliquant la fuite des cerveaux et les capacités de formation qui ne répondent pas avec satisfaction aux besoins.

Les inquiétudes des députés portaient aussi sur l’incompatibilité des dispositions contenues dans les accords, avec le projet de loi et la politique d’harmonisation des salaires.
Concernant ces dispositions que le gouvernement aurait omises, selon le Syndicat du personnel paramédical (SYNAPA), les deux ministres ont indiqué que ce projet de loi ne vient pas abroger le décret-loi N° 1/024 du 13 juillet 1989 portant cadre organique des administrations personnalisées de l’Etat. "Il fallait être précis sous peine de confusion et d’extension de son champ d’application aux administrations personnalisées qui sont régies par une autre loi", a-t-on souligné.

Concernant l’état d’avancement des négociations entre les syndicats du secteur de la santé et le gouvernement et l’impact budgétaire de la revalorisation des rémunérations dans ce secteur, le ministre Gikoro a indiqué que cette revalorisation est de 150% pour les médecins généralistes, 158% pour les médecins spécialistes et autour de 70% pour les infirmiers et personnels non soignants. Quant à l’impact budgétaire, il a noté qu’en plus de la révision budgétaire, ce programme est soutenu par des organisations qui pourraient apporter leurs contributions.

S’agissant du blocage éventuel de l’harmonisation des salaires pour les fonctionnaires, la ministre Sendazirasa a répondu par la négative en disant que cette harmonisation va concerner tous les travailleurs. Elle a précisé que l’harmonisation portera sur les primes et les indemnités et que le salaire de base ne sera pas touché. Les députés ont recommandé la redynamisation du Conseil supérieur de la Fonction publique pour suivre l’application de ces dispositions particulières.