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 Actualités

L’opposition et la société civile burundaise dans l’œil du cyclone
(Source: Burundi Bwiza)  
 Le 08 août 09

Depuis le deuxième semestre de l’année 2006, certains ténors du Cndd-Fdd, le Président Pierre NKURUNZIZA en tête, s’illustrent par une intolérance politique inégalée, qui s’exerce à l’interne comme à l’externe, aux fins de pouvoir régner, sans entraves et pour très longtemps, sur un pays réduit à la dictature et au monologue politique.

Le coup d’envoi de cette entreprise politique très osée et risquée aura été indiscutablement la tenue du congrès très contesté du parti, le 07/02/2007, à Ngozi, qui s’est soldée par l’éclatement dramatique du leadership historique du Cndd-Fdd et l’ouverture d’une nouvelle ère de violences politiques, dont le Burundi semblait déjà s’être définitivement débarrassées.

L’emprisonnement arbitraire de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU et de certains de ses compagnons de lutte, sur base de montages éhontés et grossiers, concoctés par le pouvoir, à travers le Service National des Renseignements, la police présidentielle, marque un tournant très décisif dans la dérive dictatoriale du régime du Président NKURUNZIZA.

Depuis la tenue de ce congrès qui a introduit des innovations gauches et illégales dans l’organisation, le fonctionnement et les stratégies d’action politique du Cndd-Fdd, la répression et les violences politiques dirigées contre l’opposition se sont généralisées et même intensifiées; le rouleau compresseur étant particulièrement déployé pour assommer politiquement les leaders officiels ou présumés des partis les plus populaires tels que l’UPD-Zigamibanga et le MSD. Maintenant que le Président de la République exerce indirectement les fonctions du Cndd-Fdd, à travers le conseil des sages, une instance nouvelle qui occulte la direction officielle du parti devenue quasi symbolique, celui-ci ne peut plus se démarquer ou se désolidariser des actes de violences politiques commis contre les opposants et leurs formations politiques, par les responsables administratifs, policiers et militaires agissant sous la couverture et pour le compte du Cndd-Fdd. Cette position au sein du parti au pouvoir le rend d’autant plus directement responsable et comptable des intimidations, des emprisonnements et des assassinats politiques des opposants qu’il lui est constitutionnellement interdit d’exercer des activités politiques dans un parti, fut-il le sien.

Les démarches en cours visant le double assassinat des Présidents de la République et du Cndd-Fdd, quitte à les imputer aux leaders de l’opposition, pour créer l’Etat d’exception, emprisonner et exécuter en masse les opposants et instaurer une transition à durée indéterminée partiraient justement du fait que ces derniers auraient lamentablement échoué à concevoir et à faire accepter les différents montages à charge des opposants pour les disqualifier politiquement, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, jetant ainsi le discrédit sur le Cndd-Fdd dont la cote de popularité est en chute libre dans le pays, au moment où les partis de l’opposition comme l’UPD-Zigamibanga et le MSD décollent et se renforcent sur terrain grâce à l’engouement de la population pour leurs projets de société et à la sympathie qu’elle voue à leurs leaderships respectifs très décidés à en finir avec un régime corrompu, dictateur et tyrannique qui condamne son peuple à la misère, à la mendicité et à l’insécurité.

Selon toute vraisemblable très avancé, ce plan macabre qui est destiné à déstabiliser les institutions gouvernantes de la République pour torpiller le processus électoral en cours, reporter à plus tard les élections que le Cndd-Fdd est désormais sûr de perdre et créer les conditions idéales d’une décapitation programmée de l’opposition politique, impliquerait des éléments civils, policiers et militaires du parti au pouvoir ou proches de celui-ci, qui se réclameraient, après l’exécution du forfait, mandataires de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU, incarcéré depuis plus de 2 ans déjà, sur base de montages-bidons d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.

L’on se souviendra qu’il ya quelques temps, ce plan a été annoncé publiquement par la radio REMA-FM, un medium qui est toujours au parfum des activités et des stratégies du Cndd-Fdd qui en est véritablement l’initiateur, le bailleur et le parrain politique, sans que cela soulève la moindre inquiétude ou puisse alimenter un quelconque débat au sein de l’opinion et de la classe politique burundaises, malgré la gravite des révélations et du danger qu’elles représentaient ou véhiculaient, probablement parce que la population, déjà très habituée aux montages ridicules à répétition du pouvoir actuel, a inconsciemment décidé de ne pas en faire grand cas.

Et pourtant, en tant que caisse de résonance du Cndd-Fdd et du régime du Président NKURUNZIZA, les nouvelles que cette radio diffuse devraient désormais être systématiquement prises très au sérieux, en l’occurrence lorsqu’elles annoncent, même dans des termes voilés, les projets d’intimidation, de séquestration, d’emprisonnement ou d’assassinats de personnalités ciblées pour leurs opinions ou leurs activités au sein des associations de la société civile.

Si la même radio s’acharne aujourd’hui sur messieurs Alexis SINDUHIJE et Pierre Claver MBONIMPA, respectivement Président du MSD et de l’APRODH, tout en jetant le discrédit sur la RPA et certains de ses journalistes, pour se risquer à laver le pouvoir des assassinats en masse, d’honnêtes citoyens à Muyinga en juillet 2006, par les agents à sa solde, avant d’être exfiltrés vers l’étranger, pour certains, c’est qu’elle est bien téléguidée pour servir la cause politique du Cndd-Fdd. Et personne n’est dupe !

Et si l’information sur le projet d’assassinat du Président de la République par un commando agissant pour le compte de l’opposition en général et de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU en particulier, l’homme qui donne du tournis au Président NKURUNZIZA et aux ténors du Cndd-Fdd, même du fond de sa cellule à la prison centrale de Mpimba, rebondit, cette fois-ci confirmée par les éléments et indices émanant du cercle des planificateurs logés dans les plus hautes instances de direction du pays et du Cndd-Fdd, elle doit être analysée à la loupe et traitée avec perspicacité et minutie, d’autant plus que la volonté et la capacité de nuisance du régime à l’encontre de l’opposition et de la société civile ne sont plus à démontrer, car déjà prouvées à plusieurs reprises, à plusieurs endroits et contre plusieurs personnes.

Des assassinats de Muyinga à la prétendue rébellion tutsi attribuée à Monsieur Alexis SINDUHIJE, en passant par les assassinats de Kinama, les différentes rebellions imaginaires imputées, sans succès, à l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU et au même SINDUHIJE, l’assassinat d’Ernest MANIRUMVA, les assassinats de jeunes catholiques à Kayogoro, les tentatives heureusement déjouées et manquées d’assassinats de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU en prison, les attaques à la grenade de leaders politiques et de députés non acquis à la cause du Cndd-Fdd, les séquestrations incessantes dirigées contre les partis de l’opposition et les membres les plus actifs de la société civile, en effet, le mode opératoire du régime NKURUNZIZA et de son parti, le Cndd-Fdd, pour réprimer l’opposition, créer le vide politique autour d’eux, en faisant taire toutes les voix dissonantes qui gênent, est toujours le même.

Avec la participation très active de certains officiers et éléments très zélés des forces de défense et de sécurité, des responsables du Cndd-Fdd, des administratifs à la base, des démobilisés triés sur le volet, des agents du Service National des Renseignements et des jeunes du parti au pouvoir pratiquement transformés en milices, il s’agit de terroriser les leaders locaux des partis de l’opposition pour limiter l’implantation de ces derniers dans le pays, par tous les moyens, les plus visés étant les plus populaires, à savoir l’UPD-Zigamibanga et le MSD, tout en discréditant leurs leaders au sommet en fabriquant de fausses rebellions contre eux, pour que la justice, dominée par les juges et magistrats militants du Cndd-Fdd et donc, manipulée par l’exécutif, s’acharne sur eux et les jette en prison, laissant ainsi le champ libre au parti au pouvoir, pour jouer ses cartes sur un terrain conquis de fait, par défaut.

Face à l’échec très cuisant de tous les montages concoctés dans ce sens, et à ce jour par le Cndd-Fdd et les institutions qu’il contrôle, à la résistance généralisée et grandissante qui s’organise pour contrer les assauts meurtriers et les dérives autoritaires du pouvoir ainsi qu’à la sympathie et au soutien dont jouissent l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU et Alexis SINDUHIJE dans le pays, notamment, les radicaux et autres irréductibles du parti au pouvoir, agacés par la cécité politique de leurs leaders et la descente aux enfers du Cndd-Fdd, à la veille des élections cruciales de 2010, ont donc décidé de franchir le Rubicon, en changeant de tactique, pour exécuter eux-mêmes ceux qu’ils considèrent comme responsables de la faillite du système Cndd-Fdd, de manière à salir l’opposition et ses leaders les plus en vue, aux fins de pouvoir les éliminer physiquement et plus facilement, toutes les autres stratégies pour le faire ayant indiscutablement échoué. Et ce ne sont ni le Président NDAYIZEYE Domitien, ni l’Hon. El Hadj Hussein RADJABU, ni Alexis SINDUHIJE, ni Agathon RWASA, ni Alice NZOMUKUNDA, ni Léonard NYANGOMA, ni Jean de Dieu MUTABAZI, déjà victimes de tentatives d’assassinats pour leur grande majorité, qui échapperont à cette entreprise suicidaire pour le Burundi et son peuple, en référence aux épisodes dramatiques qui ont accompagné les assassinats politiques du Prince Louis RWAGASORE, de Pierre NGENDANDUMWE en 64 et de Melchior NDADAYE en 93.

L’affaire est suffisamment grave et sérieuse pour que la communauté nationale et internationale reste indifférente et garde les bras croisés. La paix, la stabilité et la démocratie au Burundi sont très menacées et en danger, pendant que les perspectives électorales s’amenuisent de jour en jour, tant la peur du Cndd-Fdd de perdre les élections et le pouvoir est à son comble.

En définitive donc et au vu de ce qui précède, les recommandations urgentes et suivantes sont formulées, à l’adresse des différents acteurs dans les processus de paix et des élections au Burundi:

1. Les partis politiques, la société civile, la population et la communauté internationale doivent rester vigilants pour dénoncer et déjouer ces manœuvres qui torpillent le processus de paix et des élections, avant qu’il ne soit trop tard ;

2. Si le Cndd-Fdd ne soutient pas cette entreprise politique ignoble ou n’en est pas du tout au courant, qu’il fasse une déclaration publique claire pour la dénoncer et la combattre, puisque sa réalité est presque déjà établie au regard des contacts en cours et de l’identité partiellement connue des exécutants recrutés à ce sujet;

3. L’opposition et la population doivent se mobiliser pour organiser une résistance populaire pacifique et citoyenne pour sauvegarder les acquis du processus de paix, exiger le respect de la Constitution, exiger la tenue d’élections libres, démocratiques et transparentes et dénoncer les assassinats, les emprisonnements et les intimidations comme mode de gouvernement ;

4. La CENI doit sortir de son mutisme et de la peur du pouvoir pour assurer efficacement son rôle d’organisateur, de gestionnaire et de contrôleur des élections, en toute indépendance et neutralité, dans l’intérêt supérieur de la Nation ;

5. A travers la synergie des médias très efficace et rentable par le passé, les médias burundais doivent se mobiliser contre l’atteinte à la liberté d’opinion et d’expression par le régime en place pour favoriser l’éclosion de la démocratie et du respect des droits humains ;

6. Les gestionnaires et responsables des forces de défense et de sécurité doivent s’interdire et interdire à leurs subalternes des actions politiquement partisans pour promouvoir la neutralité et le caractère républicain que leur confère et reconnait la Constitution de la République.