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 Actualités

Nkurunziza et son parti isolés
(Source: Frodebu.be)  
 Le 19 août 09

Le débat sur la chronologie des élections de 2010 au Burundi n’est pas encore terminé. Aujourd’hui, on est loin du forcing du président que les burundais redoutaient tant. Le code électoral qui devrait être présenté pour adoption à l’Assemblée Nationale n’a toujours pas été transmis.

Non seulement il avait été adopté en Conseil des ministres sans les ministres issus du Frodebu, mais toute la classe politique burundaise, excepté le CNDD-FDD, toute la société civile l’avaient combattu. Il n’aurait jamais pu être voté en l’état actuel, à l’Assemblée Nationale, tellement les parlementaires étaient aussi divisés.

L’Uprona "unifié", (qui vient d’élire son nouveau Président, Bonaventure Niyoyankana, le frère du Ministre de la défense) avait mis une pression énorme sur son premier vice président de la République pour qu’il prenne ses responsabilités. Ce dernier a voulu agir en silence. Ainsi, il aurait exigé et obtenu que le nouveau code électoral soit revu par ses services. Normal, car cela rentre dans ses attributions.

Le porte parole du Cndd-Fdd enfonce le clou en épousant les positions majoritaires des autres partis : les premiers mandats qui arrivent à échéance sont les premiers à être remplacés. Ici les élections communales d’abord et les présidentielles en dernier lieu.

Le Cndd-Fdd aurait-il finalement compris que jouer cavalier seul ne pourrait que le desservir?

Cette marche arrière étonne et traduit en même temps le malaise ambiant au sein de cette formation.

Ainsi, d’autres revendications des partis de l’opposition, notamment le bulletin unique, seraient sur le point d’être rencontrées, dans le nouveau projet de code, made in Sahinguvu, sauf l’exigence de 15.000.000 de BIF de caution, cher à Monsieur le Président.

Oui, le Cndd-Fdd n’est plus ce parti du petit peuple. "Un parti qui n’est pas capable de collecter 15.000.000 BIF de caution n’est pas un parti", dixit le secrétaire général du Cndd-Fdd. Nous sommes loin des discours de campagne. Vous l’aurez compris : les pauvres ne sont plus les bienvenus dans ce parti. Cinq ans de pouvoir te remplissent les poches de nos chers dirigeants. Amnésie politique, quand tu nous tiens !

A la cacophonie à la tête du parti, se joint une absence de communication avec le cabinet du président de la République. Et cette situation est loin d’être terminée. Bientôt, une nouvelle guéguerre interne verra le jour lors de la confection des listes des candidats parlementaires. C’est ce qu’un des membres influents de ce parti me disait à ce propos : "Je serai candidat, n’en déplaise à Jérémie". Pour rappel, Jérémie est le président du Parti présidentiel.