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Coalition ou allégeance au Parti ?
(Source: Iwacu Burundi)  
 Le 06 février 10

 
Un président d'un parti politique qui offre son soutien à un parti qui ne le lui demande pas, cela paraît un peu drôle. Dans le langage courant, on appelle cela "kwi pendekeza", c'est-à-dire jouer les courtisans. Un art où semble exceller Tite Bucumi.

Un géant peut-il convoler en justes noces avec un nain ? Oui, sauf en politique.
C'est à l'occasion de la tenue du Congrès extraordinaire du parti MSP-Inkinzo, dimanche dernier, que son président, Tite Bucumi, a déclaré que son parti soutiendra le parti Cndd-Fdd à tous les échelons des élections générales de 2010.

Selon le président du parti MSP- Inkinzo, le parti Cndd-Fdd ne lui a pas demandé de le soutenir : "Nous avons négocié d'aller ensemble aux élections de 2010."

Son parti n'a pas voulu attendre le verdict des urnes pour connaître son poids électoral pour le cas échéant faire une coalition : "Depuis 2005, nous nous connaissons. Le parti Cndd-Fdd est fort par rapport aux élections de 2005. Quant à nous, nous avons été dixième sur les 36 partis qui ont participé à la bataille électorale d'alors." Aussitôt d'ajouter qu'ils ont pu avoir un conseiller communal à Mugongo-Manga (Bujumbura rural). Par conséquent, 2005 est l'année de référence pour faire une coalition.

Par ailleurs, il n'hésite pas à dire qu'il faut se préparer au combat électoral avant les élections. Sinon, poursuit-il, les négociations seront difficiles. M. Bucumi soutient que cette coalition n'est donc pas prématurée.

Qu'en pense le parti Cndd-Fdd ?
Onésime Nduwimana, porte-parole du parti présidentiel réagit : "Le Cndd-Fdd et le MSP- Inkinzo ne sont pas sur le même pied d'égalité." Selon lui, "un document doit sanctionner la coalition de deux ou plusieurs partis politiques. Par la suite, cette décision est rendue publique par un communiqué."

Mais M. Nduwimana affirme respecter le choix politique de tout un chacun : "Nous ne pouvons pas nous opposer au choix d'un citoyen burundais. A plus forte raison, un parti politique qui exprime sa préférence".

Très peu de partis politiques peuvent se prévaloir d'avoir des fiefs électoraux.
La plupart d'entre eux sont confrontés à un électorat volatil. Les électeurs burundais ne font pas exception, loin s'en faut.

Le seul instrument fiable qui informe sur la réalité du moment est l'élection. On se coalise en se basant sur ce que les uns et les autres valent et non sur ce qu'ils valaient. L'intérêt - le souci primordial - du parti présidentiel est de s'allier avec une ou plusieurs formations politiques susceptibles de le maintenir au pouvoir. D'où le passage obligatoire par un scrutin pour évaluer le poids électoral de tous les compétiteurs politiques.

Cette déclaration du président du MSP est en réalité un véritable acte d'allégeance au Prince pour ne pas mourir politiquement après les élections de 2010.