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Mpimba, une prison centrale ou un cachot?
 Le 15 août 10

(Cliquez cette image pour l'agrandir)
Une prison centrale (Maison centrale dans d'autres pays) prend en charge les détenus condamnés à de longues peines et accueillent également les détenus les plus difficiles, ou ceux dont on estime qu'ils ont peu de chances de réinsertion sociale. Le régime de détention dans ces prisons requiert des dispositifs de sécurité importants.

La garde à vue (cachot) est le maintien à disposition d'une personne soupçonnée d'avoir commis ou tenté de commettre une infraction dans le cadre d'une enquête judiciaire. C'est une mesure privative de liberté, d'une durée strictement limitée qui reste sous le contrôle permanent de l'autorité judiciaire.

La prison centrale de Mpimba est devenue un cachot central au Burundi.

Dans notre Burundi "démocratique" où la Justice a été foulée aux bottes de l'exécutif, les anciennes pratiques communément appelées "Mumbikire" (Enferme le pour moi) ou "Urazi ico ndico?" (Tu sais qui je suis?) n'ont pas encore disparues.

Actuellement, dans notre pays, un ministre ou un directeur d'une quelconque société étatique ou para-étatique peut, seulement, écrire une lettre de forme Mumbikire au substitut du procureur de la république pour te retrouver à la prison centrale de Mpimba sans enquête, ni inculpation, ni condamnation.

Toute arrestation, au Burundi, passe d'abord par la torture dans des cachots pour extraire les aveux et la personne est directement acheminée à la prison centrale. Et cela est appelé "faire les enquêtes".

La prison centrale de Mpimba est surpeuplée. Elle abrite 3. 505 détenus (en décembre 2009) pour une capacité d'accueil maximale de 800 places. Les conditions sanitaires sont déplorables, au point d'en être dangereuses.

Une partie des détenus dorment sur les toits et dans les cours intérieures, les prisonniers mangent une fois par jour. Il y a de petites bonnes mineures détenues sans jugement depuis 2 ou 3 ans, pour le vol d'un fer à repasser ou de souliers.

Des enfants de moins de treize ans continuent d'être détenus, pourtant aux termes de la législation burundaise, aucun enfant de moins de treize ans ne peut être placé en détention. Des membres des forces de sécurité, de l'administration pénitentiaire et de l'appareil judiciaire accusent les enfants de prétendre être plus jeunes qu'ils ne le sont en réalité afin d'être remis en liberté. Par ailleurs, certains enfants affirment que des policiers modifient délibérément leur âge afin de pouvoir les placer en détention.

Aucune des atteintes infligées aux détenus majeurs n'est épargnée aux enfants privés de liberté. Ils peuvent être soumis à la torture et maintenus en détention dans des conditions terribles, et ce pendant plusieurs années, sans inculpation ni jugement. Rares sont ceux qui bénéficient de l'assistance d'un avocat ou des soins médicaux requis par leur état de santé. Certains se plaignent d'avoir subi des atteintes sexuelles, généralement commises par des codétenus dans l'enceinte de la prison. Beaucoup souffrent de malnutrition et ont perdu tout contact avec leur famille. Ils n'ont pas accès à des activités éducatives ou à des loisirs adaptés à leur âge et à leurs besoins spécifiques.

Le Burundi compte plus de 12. 000 détenus, dont 8. 000 en détention préventive. Ils sont hébergés dans 11 prisons ayant au total une capacité de 4. 050 places.

Le système carcéral dans les pays de la Communauté Est-africaine commence par une garde à vue lors des enquêtes, une prison lors des procédures judiciaires et une prison centrale lors d'une condamnation.