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Zimbabwe: l'accident de Tsvangirai, une menace sur le gouvernement d'union.
(Source: AFP)
Le 07 Mars 09
L'accident de la route dans lequel le Premier ministre zimbabwéen a été blessé vendredi alimente les inquiétudes sur l'avenir du gouvernement d'union à Harare, alors que les partisans de Morgan Tsvangirai réclament une enquête impartiale sur l'accident.
M. Tsvangirai était toujours hospitalisé samedi après-midi, "dans un état stable". Sa femme Susan a été tuée dans la collision de leur véhicule avec un camion à Harare, en fin d'après-midi vendredi, quand le couple se rendait à sa maison de campagne.
"Le Premier ministre est dans un état stable mais il souffre. . . La perte de son épouse aggrave son état", a assuré le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) et ministre des Finances, Tendai Biti.
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La voiture accidentée du Premier ministre zimbabwéen |
Morgan Tsvangirai et son épouse Susan |
Alors que Morgan Tsvangirai a été l'objet de plusieurs tentatives d'assassinat par le passé, son parti le MDC s'est refusé à spéculer samedi sur une éventuelle origine criminelle de l'accident, et a demandé une enquête indépendante.
"Nous ne nous lancerons pas dans des suppositions tant qu'une enquête complète n'aura pas été menée à terme. Pour le moment, nous ne nous livrons à aucune spéculation", a déclaré Eddie Cross, un parlementaire MDC.
Tendai Biti a cependant estimé que l'accident aurait pu être "évité", si M. Tsvangirai avait bénéficié d'une "escorte policière" comme devrait l'impliquer son statut de Premier ministre.
"La police mène son enquête, nous faisons aussi la nôtre", a-t-il ajouté.
D'après un diplomate américain, le camion impliqué dans l'accident appartenait à un partenaire de l'USAID, l'agence de coopération américaine, et son chauffeur avait été engagé par une agence de coopération britannique.
Cet accident, qui survient moins d'un mois après la formation d'un gouvernement d'union, a suscité de nouvelles inquiétudes sur sa pérennité.
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Mr Tsvangirai hospitalisé |
Mugabe visite son premier ministre |
Le fragile accord entre le président Robert Mugabe et M. Tsvangirai, pour mettre fin à l'impasse politique qui paralysait le pays depuis des mois, a déjà été ébranlé par l'arrestation d'un des leaders du MDC, Roy Bennett, et son maintien en prison depuis.
"Cet accident est un nouvel obstacle pour la fragile cohésion du Zimbabwe", estime l'analyste politique Daniel Makina. "Les gens vont se poser des questions et vont sans doute désigner des coupables".
Pour Sydney Masamvu, analyste auprès de l'International Crisis Group, "les tensions sont encore fortes et il y a beaucoup de méfiance entre les deux partis politiques (. . . ) Cette tragédie, dans un tel contexte, soulève beaucoup de questions".
Morgan Tsvangirai a été intronisé le 11 février Premier ministre d'un gouvernement d'union entre le MDC et le Zanu-PF, le parti du président Robert Mugabe, 85 ans, qui monopolisait le pouvoir depuis l'indépendance du Zimbabwe en 1980.
Le nouveau gouvernement tente de trouver des aides financières pour sortir le pays d'un crise économique et humanitaire sans précédent. Une épidémie de choléra y a fait plus de 4. 000 morts depuis août, l'inflation se chiffre en milliards de pour cent et le taux de chômage s'élève à 94%.
Dans un geste politique d'apaisement, le président Mugabe et sa femme Grace se sont très vite rendus vendredi soir à l'hôpital au chevet de M. Tsvangirai.
Les premières réactions de la communauté internationale, celles de l'Afrique du Sud et du Royaume-Uni vendredi, sont restées prudentes.
Pretoria a assuré M. Tsvangirai de son "soutien moral", tandis que Londres a fait part de sa "profonde tristesse", précisant toutefois "surveiller la situation de près".
La France a demandé samedi que "la lumière soit faite rapidement" sur l'accident.
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