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Contraints de militer, les agriculteurs du Nord du Burundi n'ont pas cultivé
(Source: Syfia Grands Lacs)
Le 17 juillet 10
Les agriculteurs du nord du Burundi, contraints par les hommes politiques de préparer et participer à leurs meetings électoraux, n'ont pas eu le temps, voir l'autorisation, durant ces derniers mois, de cultiver les marais, très importants pour leur sécurité alimentaire.
Femmes, hommes, enfants, tout le monde a été mobilisé au nord du Burundi, pendant les deux mois de campagne pour les élections municipales et présidentielles. Tous les jours, ils étaient rassemblés sur les places publiques pour préparer les chansons, décorer les lieux où passaient les leaders politiques.
De gré ou de force, ils devaient aller soutenir les chefs. Un enseignant d'une école primaire à Kirundo raconte : "Les agriculteurs sont contraints de préparer et de participer activement à des meetings qu'ils le veuillent ou pas. Sinon ils craignent d'être menacés ou tués."
"Moi, ma femme et mes enfants, nous avons tenté d'aller cultiver. Nous avons été bloqués par un groupe de jeunes qui nous accusaient de manque de patriotisme", raconte un chef de ménage vivant en province Kayanza. Cet agriculteur accuse les chefs des partis politiques qui ne se soucient pas des intérêts des agriculteurs. "Nous venons de passer presque deux mois à courir derrière les partis politiques sans rien produire. Tout le monde en pâtira", renchérit-il.
Inquiétudes pour l'avenir
Dans la vallée de Nkaka, commune Ngozi, par exemple, sur une superficie de 10 ha, seulement deux sont cultivés depuis le début de la campagne électorale. Des moniteurs agricoles contactés disent clairement que les hommes politiques sont responsables du retard dans l'exploitation des marais, qui font vivre une grande partie de la population du nord du Burundi.
"Comment pouvaient-ils travailler alors qu'ils passaient tout leur temps à courir derrière les politiciens qui leur promettent l'impossible ?", s'interroge un encadreur agricole qui s'inquiète des conséquences de cette situation. Dans cette région où la situation alimentaire est souvent difficile, la perte d'une saison culturale peut vite tourner à la catastrophe.
Très souvent, cependant, ce sont les encadreurs agricoles qui ont adhéré à des partis politiques qui poussent les paysans à agir ainsi. Les agriculteurs ne peuvent pas refuser de leur obéir.
La campagne des législatives, prévues pour le 23 juillet, est cependant plus calme, car le parti au pouvoir est presque le seul en course. Les paysans sont plus libres de vaquer à leurs activités. "Avec les législatives, il nous est permis d'aller cultiver, car les politiciens n'ont plus peur de perdre", racontent des agriculteurs de la commune Muruta, en province de Kayanza, rencontrés dans leurs parcelles en train de cultiver.
Ils déploient tous leurs efforts pour tenter de rattraper le retard, mais sont bousculés par le temps. "Je me lève très tôt le matin pour aller cultiver. Je fais une pause de 30 minutes à midi pour prendre le repas et quand je reprends le travail, c'est pour m'arrêter vers 17 h, explique l'un d'eux. C'est fatigant, mais je ne peux pas faire autrement."
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