ActualitésThabo Mbeki, président déchu en Afrique du sud. Le 21 septembre 08 Thabo Mbeki va démissionner ! Il a accepté son renvoi, décidé hier par son parti l'ANC, après une journée et une nuit de discussions.
En Afrique du sud, le chef de l'Etat est élu par les députés du parti qui a gagné les élections. Depuis la fin de l'apartheid, les présidents de l'ANC (Nelson Mandela, puis Mbeki à partir de 1999) sont ainsi devenus présidents.
Les 80 membres de la direction de l'ANC ont ordonné à Mbeki de quitter son fauteuil, suite à l'arrêt judiciaire explosif rendu par le juge Chris Nicholson. Ce dernier a affirmé que Mbeki avait orchestré les poursuites judiciaires contre son rival, Jacob Zuma (poursuivi dans une affaire de corruption impliquant la société française Thales) pour empêcher le leader zoulou de lui succéder. Depuis plusieurs années, les deux hommes se livrent à une guerre fratricide. En décembre, Mbeki avait subi une première défaite, quand il avait perdu la présidence de l'ANC, emportée haut la main par Zuma. Cette fois, le successeur de Mandela a subi la pire des humiliations : être limogé, à quelques mois de la fin de son deuxième mandat.
Le chef de l'Etat devrait présenter sa démission devant le Parlement, l'intérim pouvant être confié à la présidente de l'Assemblée nationale, Baleka Mbete, jusqu'aux élections. On s'attend à ce qu'une partie du gouvernement démissionne. La transition avec la nouvelle équipe Zuma se fera donc plus en douceur.
 | | Baleka Mbete et Jacob Zuma | Mais on ignorait encore le nombre de ministres qui pourraient se montrer solidaires de Mbeki et quitter le gouvernement. Le ministre des Finances Trevor Manuel, architecte de la solide croissance économique que connaît l'Afrique du Sud, ne devrait pas démissionner.
"Nous souhaitons que l'actuel gouvernement reste en fonction", a déclaré le trésorier de l'ANC, Mathews Phosa. "Mais il est impossible de les y forcer (les ministres)".
Le président Mbeki a convoqué dimanche après-midi une réunion extraordinaire du gouvernement, au cours de laquelle les membres du Conseil des ministres doivent décider de la marche à suivre et qui était toujours en cours peu après 19H00 (17H00 GMT).
Le parti au pouvoir en Afrique du Sud va annoncer lundi son candidat pour prendre la présidence par intérim du pays, après avoir retiré la veille sa confiance au chef de l'Etat Thabo Mbeki, a indiqué dimanche le trésorier de l'organisation.
"Nous voulons désigner demain (lundi) le prochain président par intérim de la République et il ou elle annoncera ensuite la composition de son gouvernement", a déclaré le responsable du Congrès national africain (ANC), Mathews Phosa, à la télévision publique SABC.
Jacob Zuma, qui sera le candidat de l'ANC pour la présidentielle, ne peut assurer l'intérim car il n'est pas élu au Parlement. Et le parti au pouvoir ne souhaite pas convoquer des élections anticipées.
Mais beaucoup s'inquiètent des conséquences de son limogeage pour la démocratie sud-africaine : « Zuma n'a pas été acquitté par le jugement de Nicholson. Remplacer le président Mbeki par un allié de Zuma permettra d'assurer qu'il ne soit pas jugé », regrette Helen Zille, la présidente du parti démocratique (opposition).
Pour Bantu Holomisa (Union démocrates indépendants), «ce n'est pas à une faction d'un parti d'interpréter un arrêt judiciaire. Cet acte de barbarie politique risque de plonger le pays dans l'anarchie ».
La revanche de Zuma n'est pas de bon augure. Burundi Transparence 
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