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Mauvaise cohabitation entre le gouvernement, les partis d’opposition et la société civile
Le 12 juillet 09
Comme ça a fait la chronique des journaux et des medias dans les jours passés, voici que tout au long de cette semaine le gouvernement est en mauvaise posture vis-à-vis de la société civile sur le cas de Mr Ernest Manirumva et la situation politique du pays.
A titre de rappel, la société civile a voulu organiser une manifestation ce jeudi le 09 juillet 2009 pour demander justice à leur collègue assassiné sauvagement cette année en la personne de MANIRUMVA, ce qui est inquiétant est que la procédure de demande des manifestations a été bien suivie par la société civile mais la réponse d’interdiction est venue d’une façon verbale. En quelques sortes le gouvernement actuel du Cndd-Fdd se comporte comme un parti unique et dictatorial dans un pays composé par plus de quarante partis politiques.
Le parti au pouvoir et son gouvernement ont atteint le rubicond ce jeudi au Conseil des Ministres quand le Ministre de l’Intérieur Mr Edouard Nduwimana a exposé un document d’amendement de quelques articles du code électoral taillé sur mesure et favorable au parti Cndd-Fdd, c’est à ce moment opportun que les membres du gouvernement issu de la formation politique du Frodebu ont claqué la porte pour dénoncer cette attitude qui est contre la démocratie. Les actions n’ont pas tardé à tomber, le Président du Frodebu a animé une conférence de presse pour dénoncer cette attitude du parti au pouvoir car entériné le document exposé par le Ministre de l’Intérieur égale hypothéqué l’avenir de la CENI, l’Uprona aussi a emboité le pas du Frodebu par la voie de son Président Rubuka Aloys que lui aussi a qualifié cette attitude d’antidémocratique et la Société civile n’est pas restée derrière.
Pour rappel, les burundais de la diaspora ont dénoncé l’attitude antidémocratique du parti au pouvoir et de son gouvernement dans la pétition signée le 24 juin 2009 à Bruxelles, là où la diaspora a pu montrer dans les lignes suivantes le comportement du pouvoir actuel "Le gouvernement du Cndd-Fdd se comporte comme s’il est au dessus des lois et des accords conclus. C’est inacceptable. La persistance des restrictions sévères dans le fonctionnement des partis politiques de l’opposition, le maintien en prison des opposants politiques déclarés, la radiation de 22 députés de l’opposition, la couverture des assassinats de Muyinga, de Kinama, de la française Agnès DURRY et de Monsieur Ernest MANIRUMVA, de même que les détournements massifs des fonds publics exagérément gonflés dans les rubriques des dépenses de fonctionnement, en dépit des protestations maintes fois exprimées par la communauté internationale, les acteurs politiques et la société civile, procèdent de cette arrogance excessive du pouvoir, pour qui l’argument de la force prime sur la force de l’argument ; la soif du pouvoir sur la sagesse politique ; pendant que la force de la loi est reléguée au dernier plan." et cette diaspora n’est pas allée par quatre chemin en montrant la voie probable de sortie de crise au pouvoir issu du parti Cndd-Fdd, en demandant à la communauté internationale d’entreprendre des actions salutaires libellée en 11 points comme suit:
i. Organiser une session d’évaluation de l’état d’avancement du processus de paix impliquant tous les acteurs nationaux et internationaux des différents accords de paix et de cessez-le-feu, la société civile, les partis politiques, la facilitation, les bailleurs de fonds et les experts ;
ii. Mettre en place le "Partenariat pour la paix au Burundi" décidé à Pretoria le 08/04/2009 et repris dans le rapport S/2009/270 du Secrétaire Général des Nations Unies, en remplacement du facilitateur, en vue de suivre le processus de paix jusqu’à son terme et pérenniser ses acquis;
iii. Exercer des pressions suffisantes sur le gouvernement burundais pour le contraindre à mettre inconditionnellement et immédiatement en place la Commission nationale de Vérité et Réconciliation et le Tribunal Pénal spécial avant les élections de 2010 ;
iv. Exercer de fortes pressions sur le gouvernement burundais pour le contraindre à libérer les prisonniers politiques, sans condition et dans l’immédiat, à réhabiliter dans leurs fonctions et dans leurs biens les députés radiés du parlement et à lever toutes les restrictions actuelles sur le fonctionnement des partis politiques de l’opposition ;
v. Exercer toutes sortes de pressions sur le gouvernement pour l’amener à mettre en place toutes les institutions constitutionnelles en l’occurrence l’Ombudsman, avant les élections de 2010 ;
vi. Constituer et envoyer auprès du Président Pierre NKURUNZIZA une délégation politique de haut niveau pour le dissuader de renoncer à ses ambitions présidentielles pour 2010, dans l’intérêt de la paix, des accords et de la nation ;
vii. Inciter rapidement le gouvernement burundais à exprimer officiellement et formellement la demande d’assistance électorale aux Nations Unies en vue des élections de 2010;
viii. Exiger du gouvernement burundais la condamnation officielle du recours aux assassinats, à la violence, à la répression et aux montages politiques comme mode d’action politique;
ix. Exiger du gouvernement burundais l’accélération des enquêtes et des poursuites judiciaires contre les auteurs des assassinats politiques de Muyinga, de Kinama, la française Agnès DURRY et de Monsieur Ernest MANIRUMVA ;
x. Amener le gouvernement burundais à créer, dans l’immédiat, une tribune permanente de dialogue entre les partenaires politiques nationaux pour assainir le climat politique pré-électoral;
xi. Renforcer le contrôle de l’utilisation des aides et de fonds destinés à la population ou aux projets, pour éviter qu’ils ne soient indirectement orientés vers la campagne du parti au pouvoir et des dirigeants, comme c’est souvent le cas, notamment avec le fonds richement doté destiné aux cadres de dialogue national.
En concluant, la rédaction de Burundi Transparence lance un clin d’œil au pouvoir actuel que toute manipulation des textes réglementaires à savoir la Constitution, le Code Electoral et d’autres accords rencontrera une résistance citoyenne pacifique et énergique.
A bon entendeur salut !
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