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Les manifestants à Bruxelles, ont-ils capitulé ou ont-ils réussi ?
Le 03 novembre 09
Dès son arrivé à l’aéroport de Bujumbura en provenance d’une visite de quatre jours en Belgique, le président Nkurunziza avait annoncé à la presse que les gens qui manifestaient contre lui étaient manipulés par les politiciens et que son service les a approché jusqu’à ce que ces manifestants ont capitulé. Les organisateurs de cette manifestation ont démenti cette information.
L’un de ces organisateurs nous a signifié qu’ils ont travaillé en étroite collaboration avec la police belge pour qu’il n’y ait pas des débordements. Et stratégiquement, le groupe qui avait manifesté devant le bâtiment de la Commission Européenne s’est scindé en deux le jour de la conférence du président Nkurunziza. Un groupe n’a pas voulu être vu avec les manifestants pour avoir la chance d’attraper le "micro sauteur" dans la salle car ils avaient des informations sûres que pendant la Conférence, le "micro sauteur" ne leur sera pas donné.
Dans notre article du 20 octobre, avant même son voyage, nous vous avons signalé la demande du président Nkurunziza aux autorités belges de renforcer sa sécurité, et ceux qui sont allés dans sa conférence l’ont constaté avec amertume dans une fouille minutieuse. Les membres de sa suite ont tenté d’expliquer que cette fouille visait les manifestants mais personne n’a été épargné. Les policiers belges avaient la consigne de ne pas laisser passer les manifestants mais ces policiers, d’un pays démocrate, ont fait fi de ce consigne.
Lorsque ces manifestants sont entrés dans la salle, ils étaient toujours habillés de leurs tricots qui avaient comme message la libération des prisonniers politiques. La rencontre s’est clôturée au moment où plusieurs doigts étaient toujours levés pour s’exprimer et le président Nkurunziza a été hué et d’autres gens murmuraient.
Un des participants qui a voulu garder l’anonymat, nous a déclaré "les pro-Radjabu étaient nombreux et ont bien travaillé pour faire passer leur message, malgré que le "micro sauteur" n’est pas passé de leur côté".
Lorsque la séance des questions avait débuté, le président Nkurunziza voulait commencer par sa droite mais il a vite constaté qu’un membre de sa suite, Jean Marie Rurimirije, qui connait bien les pro et contre Nkurunziza en Belgique était du côté gauche. Et le "micro sauteur" a vite migré de ce côté-là. Le "micro sauteur" était passé à des gens choisis et cela était téléguidé par Mr Rurimirije qui était débout au fond de la salle et indiquait au président Nkurunziza à qui il fallait passer le "micro sauteur".
Et pour le "Nkurunziza Show" (la vidéo), que les burundais de la diaspora ont eu l’occasion de visionner, le président Nkurunziza a montré ses réalisations personnelles et les a qualifiés des réalisations nationales. Dans la vidéo, il y a des images qui montrent le président Nkurunziza dans son immense champ de manioc (25 ha) se trouvant à Gisuru dans la province de Ruyigi et compte l’étendre jusqu’à 40 ha, l’élevage des lapins et des poulaillers lui appartiennent, ...
Les manifestants se réjouissent de voir que leurs cris ont été entendus par la Communauté Internationale et en particulier la Belgique qui ont fait pression sur le président Nkurunziza. Ce dernier est arrivé à Bujumbura et s’est exécuté au plus vite.
Les dossiers des prisonniers politiques bougent
Le dossier des prisonniers politiques était le principal mobile de leur manifestation et leurs efforts commencent à porter des fruits. Ces parlementaires emprisonnés pour des mobiles politiques, leurs bourreaux avaient comme objectif leur mort politique, les mettre dans l’oublie totale, mais en vain.
1. L’Honorable El Hadj Hussein Radjabu qui a été condamné à 13 ans de prison, sa requête à la Cour de Cassation a été acceptée la semaine passée après plusieurs mois,
2. L’Honorable Pasteur Mpawenayo a reçu sa condamnation la semaine passée après 9 mois de délibération (selon la Loi, les délibérations ne doivent pas dépasser 60 jours). Cette condamnation est datée du 19 mars et l’accusé l’a reçu au mois d’octobre. Est-ce la mauvaise foi des autorités burundaises ou le dérèglement des services à la poste,
3. L’Honorable Gérard Nkurunziza était emprisonné pendant une année et demie sans dossier, sans s’être inculpé ; a été transféré à la prison de Ngozi. C’est ce mercredi, 4 novembre, qu’il va comparaitre devant le juge avec un nouveau dossier confectionné à la hâte.
L’avancement de ces dossiers réjouit tous ceux qui sont investis.
L’emprisonnement de ces personnalités avait comme objectif de les mettre dans l’oublie et cela pouvait assurer au président Nkurunziza de régner sur le Burundi, mais sur le terrain, ce dernier vit le cauchemar. Nous avons appris que même dans sa commune natale, la permanence du parti UPD-Zigamibanga existe ; même ses cousins ne soutiennent pas sa mauvaise gouvernance.
Ce 30 octobre, lors d’une réunion du ministre de l’intérieur avec les gouverneurs des provinces et les représentants des partis politiques, ce ministre a accusé le parti UPD-Zigamibanga de se méconduire sur tout le territoire national. Cela a fortement réjouit les membres de ce parti politique de voir un membre du gouvernement, de surcroît membre du Cndd-Fdd, reconnait que ce parti d’opposition est implanté sur tout le territoire national.
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