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Quand certains magistrats burundais participent au dénigrement du pouvoir Nkurunziza
(Source: Arc en ciel)
Le 25 août 10
Ce n'est plus un secret pour personne, certains magistrats burundais participent au dénigrement du pouvoir Nkurunziza et font le jeu de l'opposition radicale contre le pouvoir en place, en âme et conscience. Cette situation se vérifie dans le quotidien des justiciables burundais, depuis les tribunaux de résidence jusqu'à la Cour Suprême, celle qui devrait briller par un bon exemple pour inspirer tous les cours et tribunaux du pays, en remplissant pleinement son rôle de vitrine de la justice burundaise. Avec notre dernière arrestation, suivie par un emprisonnement éclair à la Prison Centrale de Bujumbura, on aura eu l'occasion malheureuse de mesurer l'ampleur des dégâts politico-diplomatiques produit par l'emprisonnement illégal, abusif et très maladroit, béni par un substitut et son procureur, en toute lucidité et sans aucun remord pour la stabilité du régime qu'ils représentent. Si ce cas se déroule en pleine capitale et en défaveur d'un journaliste, qu'en est-il du simple citoyen dans les communes reculées du pays ?
Pour beaucoup d'analystes, il convient de signaler que la justice burundaise n'a jamais été indépendante, du moins en ce qui concerne la répression des crimes commis par les hautes autorités du pays. En effet, le Directeur Général de la Regideso, Mr Célestin Nduwamungu, n'est pas n'importe qui dans la hiérarchie du pouvoir en place au Burundi. Le président de la République a placé en lui la confiance de diriger une grande entreprise très stratégique dans la vie de toute la population burundaise, elle qui distribue l'eau et l'électricité, ciment d'une existence saine de cette même population, même si elle n'arrive plus à tenir tous ses engagements vis-à-vis des résidents des nouveaux quartiers résidentiels comme Gasekebuye par exemple. En se réfugiant derrière son parti politique et ses présumées relations au palais présidentiel, ce poids lourd de la Regideso se permet ainsi de manipuler certains principaux magistrats du pays, uniquement pour régler ses comptes avec un journaliste qui ne fait que son travail en dénonçant les malversations devenues chroniques à la Regideso et en toute impunité.
Jusque-là tout semble "normal" dans "une république bananière" comme le Burundi, mais en réalité, rien n'est compréhensible à ce point ! En effet, quand on devient incapable de gérer en bon père de famille une entreprise ou une administration que le pouvoir vous délègue de gérer quotidiennement, quelque part, on devient rebelle contre ce pouvoir, surtout lorsque la coopération avec ses subalternes se fait en dents de scie et en sens unique. La Regideso prend quotidiennement de l'eau et risque de se noyer prochainement à cause de l'arrogance et la mauvaise gestion de son patron. Peut-être que Mr Célestin Nduwamungu se croit irremplaçable mais personne ne l'est dans ce pays. Et s'il commence à y mêler des magistrats et des procureurs pour prouver qu'il est intouchable, non seulement ces derniers contribuent à couvrir les manquements graves du Directeur Général de la Regideso, mais aussi, ils trahissent le magistrat suprême, tout en discréditant son régime, avant de ridiculiser le Burundi sur la scène internationale. C'est trop pour trois ou quatre individus violant sciemment la loi à des fins purement privées et criminelles.
C'est pourquoi, de tels agissements doivent être sérieusement réprimés et dans la prochaine législature, le Directeur Général de la Regideso, ses complices au niveau de la justice,. ne devraient pas logiquement se retrouver dans les mêmes places. Je reste persuadé qu'ils ne sont pas à leur premier coup avec mon arrestation et mon emprisonnement. Mais cette fois-ci, ce syndicat du crime a dépassé le Rubicon et tout s'est réalise en un temps record, comme si le Directeur Général de la Regideso était en même temps Procureur Général de la République, Procureur de la République en Mairie de Bujumbura et Magistrat instructeur du dossier. Et il parvient également à mobiliser une équipe de la Radio Télévision Nationale du Burundi pour la manipuler également et ses dédouaner au niveau de l'opinion nationale et internationale, en sacrifiant la liberté sacrée d'un journaliste !
Le cas Célestin Nduwamungu n'est pas unique au Burundi. Mais quand des magistrats se laissent intoxiquer par des responsables des actes criminels, ils ne méritent plus cette qualité de magistrat et font honte à toute la profession. Heureusement que des Hommes de bonne volonté et soucieuse du respect de la loi se sont mobilisés pour obtenir dans les plus brefs délais ma libération, sinon la magistrature burundaise était sérieusement abusée par un homme qui n'a plus les qualités morales de continuer à diriger la Regideso. Mais face à des cas similaires, les magistrats burundais devraient garder leur lucidité et appliquer uniquement la loi. Et contrairement à une fausse opinion très répandue dans le pays, personne ne les empêche de faire librement leur travail. Après tout, ils sont responsables de leurs actes. Un ministre, un haut gradé de la police ou de l'armée n'a pas des injonctions à donner à un magistrat. Si ce dernier accepte d'avaler tout ce qu'on lui donne, ce qu'il n'a pas encore toutes les énergies nécessaires pour occuper ses fonctions de magistrat.
Le jour où ils vont prendre leurs responsabilités entre leurs mains, le Burundi va décoller sur le plan socio-économique et à une vitesse supersonique. En effet, aucun pays ne peut inspirer confiance aux investisseurs quand ses structures judiciaires sont faibles, dépendantes et facilement instrumentaliser. Et le président de la République, comme magistrat suprême, doit se comporter comme un pilote d'hélicoptère pour contrôler ce secteur vital de la vie nationale. Ainsi, il doit voler en haut pour avoir une vue générale de la situation de la justice au Burundi et descendre très bas pour analyser dans tous ses détails ce qui se réalise dans chaque cour et tribunal. Si ce réflexe devient naturel et fréquent, il va avoir un effet domino sur tous les patrons des cours et tribunaux burundais et la justice sera réhabilitée dans ce pays et pour tous les justiciables. Et les saboteurs de la justice et du régime, type l'actuel Directeur Général de la Regideso, et leurs complices, n'auraient plus droit de cité au Burundi. Pour l'instant, nous ne sommes pas encore là !
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