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 Lettres de l'Hon P. Kampayano

La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°53)
 Le 31 octobre 09



Lettre N°53
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr

Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,

Comment vas-tu ?

Moi je vais bien et j’ai commémoré le 48ème anniversaire de l’Assassinat du Prince Louis Rwagasore, Héros de l’Indépendance du Burundi, assassiné le 13 Octobre 1961. Lors de la célébration de cette journée, j’ai également pensé à tous ceux-là qui ont été victimes de la haine et des machinations politiques, ainsi que ceux qui sont actuellement harcelés ou emprisonnés pour les mêmes motifs. Je pense que tu aurais aussi pensé à quelque chose eu égard au mal d’ethnisme et de gourmandise qui, tout en affectant profondément la Démocratie, n’épargne pas les exécutions sommaires et emprisonnements de paisibles citoyens.

Pour ces raisons, sœur et frère, ami du Burundi, daignes accepter de transmettre mon message à son Excellence Président NKURUNZIZA : demandes lui d’agir comme le Prince Louis RWAGASORE en s’inscrivant dans la répression contre les fauteurs de troubles qui qu’ils soient, ou prétendent être, membres de son parti ou pas. Actuellement, tout burundais reconnu coupable d’avoir trempé dans les massacres ou dans les détournements des deniers publics circule librement. C’est peut-être parce que son Excellence Monsieur le Président de la République ne se rend pas n’importe où qu’il n’a pas assez d’informations, ou alors ses officiers de renseignements sont complices et ne font pas loyalement leur travail.

Sœur, frère, cher Ami du Burundi, essaies de lui faire parvenir ce message car, l’on sait à coup sûr qu’il y a des gens qui ont trempé dans les détournements des fonds publics, dont les dossiers sont dans les tiroirs de la Cour Anti-corruption, et d’autres qui sont impliqués dans des desseins macabres qui narguent l’entourage comme quoi ils ne seront jamais appréhendés tant que le CNDD-FDD demeure au pouvoir. Rappelles-toi aussi, qu’à Muyange, Commune Nyanza-lac, on a trouvé le corps de Monsieur Samson NDUWAYO, assassiné pour être membre d’un parti politique ayant une divergence d’opinions avec le CNDD-FDD. Voilà alors le mal que les autorités doivent réprimer sans tergiverser.

Chers sœur et frère, cher Ami du Burundi, aurais-tu suivi l’allocution de son Excellence le Président Pierre NKURUNZIZA lorsqu’il affirme que les élections se dérouleront en bonne et due forme? Personnellement je pense que, pour le bon déroulement des élections en toute harmonie, le parti au pouvoir doit collaborer avec les autres formations politiques en vue de les préparer minutieusement. Mais regardes, le code électoral a été taillé sur mesure malgré les cris d’alarme des membres de la Société Civile et de certains partis politiques qui, en dépit de leur marginalisation dans l’Hémicycle de Kigobe, ont décrié cette attitude déconcertante. Est-il vraiment possible d’organiser des élections transparentes au moment où des machinations politiques, des intimidations, harcèlements et morcellements des partis politiques de l’opposition battent le plein, et sont surtout orchestrés par des autorités des corps de Sécurité? Ne trouves-tu pas qu’il faut joindre la parole aux actes ? Les autorités en charge de l’Administration, de la Sécurité et de l’appareil judiciaire devraient joindre leurs paroles aux actes réels, pendant que Gélase NDABIRABE et les siens devraient faire confiance à la CENI comme l’ont fait les autres, car c’est son Excellence le Président de la République, également membre du CNDD-FDD, qui l’a mise sur pied. Tout compte fait, Gélase NDABIRABE peut avoir raison si jamais il ne croit pas à ce que son Excellence le Président NKURUNZIZA dit au peuple burundais.

Sœur, frère, ami du Burundi, demandes où l’Honorable Pie NTAVYOHANYUMA, Président de l’Assemblée Nationale, en arrive avec la réhabilitation des 22 Députés radiés illégalement par violation de la Constitution ne siégeant pas au sein de l’Assemblée Nationale alors qu’ils en ont le droit. Informes- lui que "là où il n’y a pas de paix, il n’y a pas non plus de pain". Aussi, informes-lui que cette assertion n’émane pas de Pascaline KAMPAYANO, elle n’a fait que répéter ce que le Prince Louis RWAGASORE a dit. Je pense que, si Dieu lui prêtait vie, il ne changerait pas la Constitution pour se maintenir au pouvoir en fin de mandat ; Conseil de Monseigneur Bernard NTAHOTURI à son Excellence le Président Pierre NKURUNZIZA lors de son investiture.

Merci.

                                          Hon. KAMPAYANO PASCALINE