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La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPANAYO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°5)
Le 04 octobre 08


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Hon. EL-HADJ Hussein RADJABU
Hon. KAMPAYANO Pascaline

Lettre N°5
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr

Cher frère burundais,

Cher Ami du Burundi,

Je suis contente de trouver encore ce temps pour t’envoyer cette lettre et de te rappeler que le 13 Octobre 1961 coïncide avec l’assassinat de Son Altesse Royal, le Prince Louis RWAGASORE, héros de l’Indépendance pendant qu’au cours de ce même mois soit le 21 Octobre 1993, le héros de la démocratie Son Excellence Melchior NDADAYE fut sauvagement assassiné.

Cher frère, chère soeur, ce mois d’octobre nous rappelle donc la bravoure de ces deux illustres personnalités. Daignes accepter dans cette lettre que je ne puisse te parler uniquement de leur bravoure puisque d’autres questions auront leurs détails ultérieurement. Rappelles-toi que Son Altesse Royal, le Prince Louis RWAGASORE, a été assassiné juste un mois après la Victoire de son Parti pendant que Son Excellence Melchior NDADAYE venait de passer seulement quatre mois et trois semaines après les élections présidentielles et législatives en majorité remportées par son Parti SAHWANYA-FRODEBU, où moi-même j’avais été élue Député dans la circonscription de Ngozi. Prêtes bien l’oreille pour écouter les quelques conseils de Son Altesse Royal, le Prince Louis RWAGASORE, bien que j’ose penser que tu sois au courant de beaucoup de choses. Il a bien dit que la victoire n’est pour le parti Uprona mais pour tous les Burundais et que lui, de concert avec ceux qui gouvernent le Pays, allions lutter contre les délinquants. Ces derniers étaient ceux qui s’adonnaient à vilipender et intimider les autres sous prétention d’être membres de l’Uprona.

Frère, soeur, partout où tu te trouves, crois-tu que les dirigeants actuels mènent une lutte contre ces genres d’individus qui font des actes pareils sous prétexte qu’ils aident le Pouvoir? Je ne te délègue pas comme conseiller puisque le message leur est adressé également, mais aides-moi à leur transmettre ce message: Excellence, Madame, Monsieur qui lisez cette lettre, daignez suivre le bon exemple de Son Altesse Royal, le Prince Louis RWAGASORE et vous verrez que le mal burundais sera éradiqué à jamais.

Frère, sœur, l’autre conseil de Son Altesse Royal Prince, le Prince Louis RWAGASORE et ses compagnons qui m’a fort ému, est celui d’inviter les citoyens Burundais à le juger à ses actes et que leur satisfaction sera sa fierté. Toi, le gouvernant, es tu fier d’être applaudi au moment où tu ne fais rien ? Cher gouverné, es tu d’accord de te soumettre devant les gouvernants méfiants? Imagines-toi, bon nombre de gens sont intimidés, malmenés et emprisonnés, la dépréciation de la monnaie burundaise atteint son seuil à tel point que nos familles connaissent des difficultés énormes à substantiellement supporter les charges. Cette clairvoyance de Son Altesse, le Royal Prince Louis RWAGASORE témoigne à suffisance que les valeurs de l’homme sont intimement liées à ses actes.

Frère, sœur, est-ce que Excellence Melchior NDADAYE t’inspire-il quelque chose? Si non, laisses-moi te parler de lui moi qui ai eu cette faveur de le connaître. Tu sais que j’ai été présentée par le parti Sahwanya-Frodebu et élue Député dans la Circonscription de Ngozi. Je tiens à te rappeler qu’en 1961 le parti Uprona n’avait pas peur de s’engager dans les élections grâce à la vaillance de Son Altesse Royal, le Prince Louis RWAGASORE, tel n’a pas été le cas en 1993 pour le parti Sahwanya FRODEBU. En effet, le Ministre de l’Intérieur de l’époque, Monsieur François Ngeze, membre du Parti UPRONA, avait usé de tous les moyens de l’Etat pour intimider et emprisonner arbitrairement ceux qui n’étaient pas de l’obédience de l’UPRONA. Il a également menacé de rayer, sans motif valable, le parti Sahwanya FRODEBU après s’être rendu compte qu’il ne pouvait pas faire face aux idéaux nobles incarnés par Son Excellence Melchior NDADAYE.

Je me souviens de cet illustre Excellence par ses paroles insinuant la supériorité en nombre qui lui conférait la force invincible à quiconque. Je me souviens de son discours lors de son investiture à la magistrature suprême de la République (j’étais présente) où il a précisé que celui qui voudrait arrêter la démocratie se heurterait à la résistance massive des citoyens burundais. Je reviendrai sur la signification des mots clés qu’il utilisait, ainsi que sur celle des mots que nous utilisons actuellement.

Frère, sœur, permets-moi d’exprimer la colère que j’éprouve, au même titre que la majorité des burundais, de constater qu’il y a de cela deux fois que l’Honorable El-Hadj Hussein RADJABU ne trouve pas l’opportunité de se joindre à nous pour commémorer l’assassinat de ces deux héros. Si tu as été avec lui dans la lutte, rappelles-toi que cet élu du peuple n’a cessé de nous rappeler que le mensonge, l’injustice, le mépris et la trahison sont à bannir à jamais, un héritage de ces deux héros. La négation de ces conduites a même été incorporée dans l’hymne du parti CNDD-FDD dont la majorité de ses membres éprouvent la honte quand ils le chantent.

Frère, sœur, je ne puis terminer avant de te demander de te joindre aux autres pour décrier le projet vicieux de vendre les entreprises étatiques, ainsi que le vandalisme envisagé contre la tombe de Son Excellence NDADAYE Melchior, héros de la Démocratie. Que le Tout Puissant éclaire les dirigeants burundais et tous les citoyens à marcher dans la lumière de ces deux héros.

Merci.

                                          Hon. KAMPAYANO PASCALINE
                                                  

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