Lettres de l'Hon P. Kampayano
La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°43)
Le 05 août 09

Lettre N°43
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr
Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,
Reçois mes chaleureuses salutations. Par la présente, je voudrais te faire part de mes conseils pour consolider la Démocratie au Burundi, un pays que tu aimes tant et que tu tiens à cœur. Euh ! Les burundais n’ont jamais cessé de décrier la situation qui continue à se détériore malgré tout ! Tu peux te demander de quoi s’agit-il ? C’est ce qui est relatif aux préparatifs des élections, cher sœur, frère et cher ami du Burundi.
Aurais-tu écouté la radio ? Pour ma part, en plus des radios étrangères que je ne rate jamais, les radios locales ne m’échappent pas puisque je suis tout sur internet, simplement ces derniers jours la Radio Publique Africaine ne s’intéresse plus à toutes les informations d’actualité. Fais-leur ce message de tout prendre en considération ; je comprends que leurs appareils et matériels ne sont pas tout le temps fiables. Il faut suivre régulièrement, pour savoir l’évolution de ton pays.
Permets-moi de te parler des préparatifs des élections. Dernièrement des concertations ont eu lieu entre le Gouvernement et les partenaires politiques. L’objectif primordial était de recueillir des avis des différentes parties (les parties politiques, le Gouvernement, les membres de la Société Civile, l’Assemblée Nationale, le Sénat et autres) sur la préparation des textes qui devront guider les prochaines élections. Ces échanges émanant de l’initiative du gouvernement et de la Communauté internationale ont été animés à travers tout le pays, et avaient donné de l’espoir au peuple burundais. Miraculeusement, le ministre de l’intérieur Edouard NDUWIMANA, sans scrupule, a osé présenter auprès du Conseil des Ministres un projet de loi électorale, à l’insu total de la Commission Electorale Nationale Indépendante et des partenaires. Comme dit un adage, l’on ne cache jamais la fumée quand la maison brûle. Nous avons appris cette catastrophe quand les médias ont annoncé que les Ministres issus du parti FRODEBU venaient de sortir du Conseil. La plupart de ceux qui ont appris ce qui est confiné dans ce projet de loi ont été ébahis. N’as-tu pas été surpris ? Les points les plus importants qu’ils ont ajouté dans ce projet de loi suggèrent que les élections commencent par les présidentielles, la multiplicité des cartes d’électeurs, un parlementaire ou un sénateur qui changerait son parti devrait être remplacé et que les coupables de crimes ou délits soient autorisés à se faire élire comme ce fut le cas en 2005, jusqu’à la mise sur pied de la Commission Vérité et Réconciliation.
Ceux qui ont osé décrier ces machinations avaient raison ; il faut respecter et privilégier tout dialogue : que ce soit les présentes concertations, les accords d’Arusha et de cessez-le-feu. Même si les lunettes de Monsieur Philippe NZOBONARIBA ne lui permettent pas de lire convenablement, les textes de loi précisent clairement que les élections doivent se dérouler chronologiquement de la base au sommet. L’ignorance qu’il attribue aux burundais de ne pas être en mesure de voter par une carte unique n’est pas fondée puisque cette même carte a été utilisée en 1961 et les élections s’étaient bien déroulées. Quant aux parlementaires, ils ont un mandat national et non du parti, la formation politique aligne uniquement les candidats mais n’est pas le gestionnaire des élus. Pour les coupables des crimes et délits pendant la guerre, ce n’est pas incompatible de se faire élire mais ça doit passer par un dialogue étant donné que c’est le résultat des accords d’Arusha qui ont été confinés dans la Constitution ; le grand handicap c’est l’absence de la Commission Vérité et Réconciliation tandis que l’immunité provisoire était uniquement valable pour les premières élections post-transition.
Tu as compris ! Tu as appris que le parti UPRONA, même si les Ministres qui en sont issus ne sont sortis du Conseil, ils se sont inscrits en faux contre ce projet de loi électorale. Cette assertion est d’autant plus vérifiée que même le Premier Vice président Yves SAHINGUVU, comme son nom l’indique, a avoué n’avoir pas été consulté. Espérons que Son Excellence Monsieur le Président de la République ne va pas user de la force sinon il aurait menti en rassurant que les élections de 2010 se dérouleront très bien sinon mieux que de celles de 1993 et 2005. Nul n’ignore qu’un Président de la République ne peut jamais mentir.
Chers sœur, frère, cher ami du Burundi, aurais-tu appris que ce samedi 18 juillet 2009, le parti CNDD-FDD a tenu des meetings où ils ont planifié qu’à côté du recensement de ses membres, il fallait dresser des listes des ménages hébergeant des membres de l’opposition ! Là alors ! Dis au Ministre Edouard NDUWIMANA d’arrêter ces tracasseries. Il ne faut pas non plus mêler le Chef de cellule à ces activismes car celui-ci représente tout le monde sans exception aucune. Je ne saurais terminer la présente sans te rappeler le conseil que Monseigneur Bernard NTAHOTIRI avait prodigué à Son Excellence le Président Pierre NKURUNZIZA lors de son investiture à KIGOBE en 2005 devant la Communauté Nationale et Internationale et ses collègues présidents à peu près dans ces termes : « Excellence Monsieur le Président, nous espérons que vous n’allez pas recourir aux pratiques courants des autres qui modifient la Constitution et les autres textes pour se maintenir au pouvoir en fin de mandat » Te souviens-tu de cette phrase ! Merci.
Hon. KAMPAYANO PASCALINE
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