Lettres de l'Hon P. Kampayano
La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°38)
Le 24 juin 09

Lettre N°38
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr
Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,
Comme à l’accoutumé, permets-moi de souhaiter encore une fois la paix et la prospérité à toute ta famille et à ton voisinage.
Chers frère et sœur, cher ami du Burundi tu vois que la situation sécuritaire va de mal en pis même si, quelques fois à travers le pays, les forces de l’ordre essaient de traquer les malfaiteurs. Mais parfois aussi ils font la sourde oreille au profit de certains jeunes issus des ex-mouvements rebelles actuellement démobilisés, qui se prévalent du parti au pouvoir pour remplacer et épauler les forces de l’ordre dans le maintien et le rétablissement de l’ordre public en lieu et place, mais dans le seul but de commettre des forfaits. Tu aurais remarqué que, au lieu de secourir la population menacée, ceux qui devraient le faire, se contentent de se fâcher contre moi quand j’en dis un mot. Ces démobilisés sont de simples citoyens comme les autres, même le porte parole de la FDN, Lieutenant Colonel Adolphe MANIRAKIZA l’a déclaré dans les média ce mardi ; il est incompréhensible de voir comment ils sont manipulés et utilisés dans tous les mauvais coups au vu et au su de tout le monde. On ne cesse de les rencontrer dans les bistrots en train d’ouvrir des bouteilles de bière à l’aide des pistolets comme s’ils avaient le droit de port des armes à feu. C’est une question que l’Assemblée Nationale devrait prendre au sérieux. Mais hélas ! Tu connais de quelle Assemblée il s’agit. Espérons que le Sénat pourra aboutir au résultat satisfaisant s’il prenait la question en mains. En tout état de cause, le pouvoir doit prendre une décision rassurante et réconfortante et collaborer avec tout le monde sans exception aucune pour trouver une issue à cette cruciale question pendante.
Chers frère et sœur, cher ami du Burundi, comme je te l’avais promis la semaine passée, le 1er Juillet 2009 les burundais qui seront encore en vie (espérons que nous serons du nombre) célébreront le 47ème anniversaire de l’indépendance du Burundi. Qu’est-ce que nous avons gagné ? Il est vrai nous avons le pouvoir alors qu’avant le 1er Juillet 1962, le pouvoir était aux mains des étrangers. Mais aussi longtemps que la Démocratie ne sera pas respectée au même titre que le respect des Droits de l’Homme, ce pouvoir n’honorera en rien le peuple burundais. Raisonnons comme notre frère parlant au nom de son Gouvernement que « nous sommes indépendants » dans son commentaire sur les propos des amis des Burundais qui réclamaient le respect des Droits de l’Homme. Notre Compatriote qui est membre du Gouvernement répondait aux inquiétudes de l’un des observateurs indépendants des Droits de l’Homme au Burundi AKISH OKOLA. Etre indépendant signifie organiser librement la gestion, l’administration et la bonne gouvernance des affaires de son pays afin de redorer l’image de sa patrie dans le concert des nations. Cela est possible si le principe de la loi de la jungle entre les Burundais est banni, si la justice est effective et si, enfin la magistrature est réellement indépendante.
Est-ce ainsi que ça se passe ? Je sais que tu peux appartenir à la poignée de personnes qui peuvent répondre affirmativement ou alors à la foule qui peut répondre négativement, ta réponse dépend de l’affinité que tu as avec le pouvoir car, même au moment de l’indépendance de notre pays, il y en a ceux qui étaient pour cette indépendance et les pro-colonisateurs militaient contre. Aussi longtemps que la Démocratie sera phagocytée, les Droits de l’Homme bafoués, l’indépendance qui est pourtant un très grand bénéfice restera toujours lettre morte. La date du 1er Juillet 2009 était une occasion pour les Burundais de nouer avec les idéaux de la Démocratie et le respect des Droits de l’Homme. Ainsi, du plus petit au plus grand, nous devrions savoir que l’indépendance et la dictature ne vont jamais de pair ; voilà, chers frère et sœur, cher ami du Burundi ce que je pense.
Chers frère et sœur, cher ami du Burundi, puis-je te rappeler que le Célèbre Président El Hadj Omar BONGO ODIMBA sera inhumé dans l’intimité ce jeudi 18/06/2009 avec des honneurs grandioses pour avoir été l’artisan de la paix durant toute sa vie. Si tu es Président de la République, Haut Dignitaire ou simple citoyen, respectes la paix et la collaboration cela t’honorera ainsi que toute ta famille.
Je ne saurais te quitter sans te rappeler qu’il ya des Représentants du peuple El Hadj Hussein RADJABU, Pasteur MPAWENAYO et Gérard NKURUNZIZA qui sont encore en prison à cause de la haine et la jalousie politiques issues de la désintégration du CNDD-FDD depuis le 7/02/2007. Je ne manquerai jamais de revenir sur leur emprisonnement et toutes les machinations qui ont été confectionnées. Merci.
Hon. KAMPAYANO PASCALINE
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