Burundi Transparence, c'est l'actualité en continue.
Accueil                     Précedente                     Suivante                 Lettres de l'Hon P. Kampayano

 

 

 Lettres de l'Hon P. Kampayano

La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°36)
 Le 08 juin 09



Lettre N°36
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr

Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,

Ne t’impatientes pas, tu as encore soif de mes salutations et de mes nouvelles. Si mes nouvelles t’agacent, ne t’en fais pas car, l’on sait que la vérité blesse. Et si plutôt elles t’intéressent, exploite-les ; elles sont utiles non seulement à toi mais aussi à d’autres.

Chers frère, sœur et ami du Burundi, que va-t-on faire face à la recrudescence de l’insécurité dans le pays ? Deux personnes viennent d’être assassinées dans la province de MWARO le dimanche 31 Mai 2009 ! De tels massacres se commettent au lendemain du refus, par le Maire de la ville, des manifestations organisées par les membres de la société civile pour décrier cette criminalité galopante. Cette idée était excellente nonobstant ce refus.

Cher frère, sœur et ami du Burundi, le parti Sahwanya FRODEBU n’a pas manqué à témoigner son indignation face à cette hécatombe. Transmets un message de compassion aux dirigeants de ce parti ainsi qu’à toute personne éprise du respect de la dignité humaine pour mieux partager cette douleur. Le plus étonnant, frère, sœur, ami du Burundi est qu’il y a des gens qui, au lieu de condamner cette sale pratique, s’en moquent en disant qu’il n’y a pas de liaison avec les partis politiques. En tout état de cause, ce qu’il faut déplorer est que ce sont des citoyens innocents qui ont été lynchés et qu’une haine entre frères burundais ait été mise en exergue.

En tant que mère soucieuse de l’avenir de ses enfants et petits enfants, je prodigue des conseils pour que la parole de Dieu soit observée à tout moment en mettant en pratique primordialement l’amour du prochain, la tolérance et le pardon tels que recommandés par l’Apôtre Saint Paul durant la messe de ce Pentecôte passé. Dans cette même foulée, tous nos dirigeants, politiciens, membres des corps de sécurité et de justice, devraient servir de modèle de conduite. La haine, la rancune, les tueries, les montages ou l’exclusion qui avaient été bannis par les accords d’Arusha et ainsi que ceux de l’accord global de cessez le feu, sont actuellement la ligne de conduite. Je ne saurais passer sous silence la culture de la vérité qui a été écartée de la vie quotidienne. C’est vraiment horrible ! En tant que responsables de notre nation, on devrait être le bon exemple afin de ne pas pousser les autres à commettre impunément des forfaits. Et ainsi éviter d’inciter à rendre de faux jugements condamnant les innocents, protéger les coupables des malversations économiques en nous rendant des honneurs tronqués. Permets-moi de croire que nous comprenons cette situation de la même manière car, à force de manipuler les corps de défense et de sécurité, nous incitons leurs membres au désordre. Si, de plus, nous déstabilisons le corps judiciaire en menaçant les magistrats de les démettre si tel ou tel autre procès n’est pas diligenté à telle faveur, on ne se souciera plus du droit et les innocents seront injustement condamnés au grand jour à l’instar de Pilate qui a livré le Christ en transgressant sciemment la logique. Tout n’est perdu, Dieu aime le Burundi et l’assistera.

Euh ! Frère ! Il paraît qu’il y a des ordres émanant "d’en haut" qui auraient été donnés pour arrêter certaines personnes sous des motifs non encore élucidés mais qui seront forgés après. Tout cela vient ajouter le drame au drame et n’honore en rien les institutions étatiques toutes entières. De grâce, stoppes ce fléau ! Cela aidera beaucoup le pays et j’espère que, cette fois-ci, Télesphore va m’aider car, avant d’avoir compris mon langage, il me taxait de semer la haine entre certaines personnes et son patron, mais j’imagine qu’il aura remarqué que ma première préoccupation est le bien- être du peuple burundais. Au cas où la radio REMA FM prodiguerait les mêmes conseils, elle rendrait un grand service au lieu de venir m’accueillir à l’aéroport comme l’a souhaité un de travailleurs.

Chers frère et sœur, cher ami du Burundi, permets-moi encore une fois de te confier un message de la part de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU en rapport avec son procès. Il te remercie d’avoir apporté de la lumière sur les irrégularités ayant entaché ce procès durant son déroulement jusqu’à son prononcé. En réalité il n’y a pas eu de procès au tribunal, c’est pourquoi il remercie toute personne qui connaît la réalité pour son esprit de ne pas avoir une dent contre les magistrats, ni contre la cour suprême. Il dit qu’il continuera, jusqu’à la cassation, ce procès dans lequel il a été entrainé. Il demande à ses amis et sympathisants de rester courageux pour ne pas tomber dans des pièges de montages tendus par ses détracteurs qui ont gardé l’objectif de malmener la population civile. Il rassure qu’Il restera attaché à la paix et à la sécurité et dénonce tout recours à la violence. Il sait très bien que même NTAKABURIMVO Ancile et ses subalternes le comprennent aussi. Quant au magistrat qui se prévaut de sa sécurité pour quémander des véhicules, il serait bon pour lui d’user d’autres manigances. Nul n’ignore son opinion politique que ce soit au niveau de la sous-région ou au sein du parti CNDD-FDD. Ses divergences politiques avec son compagnon de lutte n’a rien à avoir avec le procès judiciaire sans fondement ni existence. La solution c’est le dialogue seul. Merci.

                                          Hon. KAMPAYANO PASCALINE