Lettres de l'Hon P. Kampayano
La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°25)
Le 11 Mars 09

Lettre N°25
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr
Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,
Permets-moi, encore une fois, de t’étaler les sollicitudes que j’éprouve envers toi en te mettant au courant de mes pensées sur ce qui hante notre chère patrie.
Frère, sœur, ami du Burundi, dans ma lettre précédente, j’avais promis de te parler de ma préoccupation sur des actions à mener pour apaiser le climat politique qui règne actuellement au Burundi. Ici, je fais allusion aux conseils prodigués récemment par les visiteurs diplomates qui n’ont pas mâché les mots pour dénoncer les violations des Droits de l’Homme et le harcèlement de paisibles citoyens sur base de leur opinion, ainsi que le musellement des politiciens ayant une vision divergente à celle du parti au pouvoir. Ecoutes-moi alors frère, sœur, ami du Burundi, toutes les intimidations faites par certains des cadres du parti au pouvoir ou alors certains administratifs œuvrant pour ce parti doivent s’arrêter. Les burundais fustigent les groupes mafieux qui se sont déjà faits remarquer dans certaines parties du territoire qui se confondent aux forces de sécurité ou à de clubs sportifs en vue de semer la peur dans la population. Des tels groupes n’hésitent pas, au grand jour, de proférer menaces et intimidations à l’endroit des membres de partis politiques comme l’UPD-Zigamibanga, Frodebu, CNDD et MSD. Le pouvoir devrait faire de son mieux pour mettre fin à des pratiques pareilles. Aussi, dans la même logique de détendre le climat politique, tous les prisonniers politiques devraient être libérés, pendant que le Parti CNDD-FDD devrait accepter de participer sportivement à la compétition politique au lieu de vouloir s’accaparer de tout le terrain politique en utilisant certains des membres du corps de Sécurité.
Chers frère et sœur, cher ami du Burundi, tu remarqueras que ces conseils sont identiques à ceux prodigués par tous les visiteurs du Burundi. Tout burundais a besoin de vivre tranquillement. Le gouvernement doit prendre des mesures pour arrêter la prolifération d’armes à feu et procéder au désarmement responsable des populations civiles. Aussi, faudra-t-il mener à bout la mise en application des accords signés entre le gouvernement et le mouvement Palipehutu-FNL. Du jour au lendemain, des vies humaines ne cessent de disparaître. Ceci est un signe de la recrudescence de l’insécurité. Frère, sœur, ami du Burundi, tu auras remarqué que, le parti au pouvoir, qui garde le monopole de faire des manifestations publiques, n’a rien dit sur les problèmes de sécurité. Y a-t-il espoir quant au retour de la sécurité ? Regardes, toutes les autres formations politiques ne peuvent rien dire, pas un seul mot !
Chers frère et sœur, cher ami du Burundi, le savais-tu ? En date du 4 Mars 2009, lors de l’évolution du procès de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU et consorts, une femme malade mentale, s’est introduite dans la salle d’audiences et a donné à l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU deux feuilles vierges. Elle lui a, par la suite, recommandé de présenter ces feuilles au siège de la Cour et de rentrer chez lui immédiatement. A cette occasion, un des avocats de la défense s’est étonné devant la cour de voir que même les malades mentaux viennent au secours des victimes d’injustice. La foule a éclaté de rire. Ce même procès a été mis en délibéré ce 10 Mars 2009.
A la grande surprise de tout le public, le Président de la Cour a refusé aux avocats de la défense d’épauler les accusés lors de leurs dernières plaidoiries. Tu dois noter qu’il y a eu la citation à témoins des personnalités comme le Ministère de la Sécurité Publique, le Général Alain Guillaume BUNYONI, l’Administrateur Directeur Général du Service National des Renseignements, le Général Adolphe NSHIMIRIMANA, le chef de Cabinet Militaire du Président, le Général Evariste NDAYISHIMIYE, le Secrétaire d’Ambassade en Afrique du Sud, le Colonel Jean Bosco NGENDANGANYA, ainsi que la Radio RPA, mais la cour s’est désistée pour des raisons que je te dirai dans ma prochaine lettre. Dans tous les cas, ce procès est plus politique qu’ordinaire, El Hadj Hussein RADJABU est du même avis, mais il ne faut pas m’en vouloir. L’essentiel est que tous ceux qui ont suivi ce procès sont unanimement convaincus qu’il s’agit d’un montage fait de toutes pièces.
Si tu vois Alexis SINDUHIJE, dis lui que Pascaline KAMPAYANO le félicite d’avoir été blanchi par la justice. Frère, sœur, ami du Burundi, aides-moi à remercier notre visiteur en la Personne de Louis Michel au nom de l’Union Européenne pour n’avoir jamais cessé de prodiguer des conseils allant dans le sens de la libération des politiciens. Merci.
Hon. KAMPAYANO PASCALINE
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