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De grand frère à président ; Kgalema Motlanthe a prêté serment.
Le 26 Septembre 08


  

L'Afrique du Sud a un nouveau président, Kgalema Motlanthe. Surnommé « Mkhuluwa » - grand frère, il aura la difficile tâche d'apaiser les dissensions au sein du parti au pouvoir avant les élections générales de 2009.

Le Congrès national africain (ANC) l'a désigné lundi. Il occupait la place de numéro deux du parti, derrière Jacob Zuma.

Mbeki a dû démissionner de ses fonctions de président de l'Afrique du Sud, emporté par les luttes intestines au sein de l'ANC. À la tête du pays depuis 1999, son parti lui a retiré sa confiance samedi. Il est soupçonné d'avoir instrumentalisé la justice pour écarter son rival, Jacob Zuma. Cet épisode a plongé l'Afrique du Sud dans une crise sans précédent depuis la chute de l'apartheid en 1994. Mais Thabo Mbeki assure partir « la tête haute ».

« Devenir président, non merci »
C'est ainsi que le Parlement a élu Kgalema Motlanthe président de l'Afrique du Sud jeudi, en début d'après-midi. Un retournement de situation pour celui qui déclinait toute ambition présidentielle fin 2007. « Devenir président, non merci », disait-il, assurant préférer le poste d'assistant à l'entraînement des Bafana Bafana, l'équipe nationale de football.

Il formera ensuite son gouvernement, où le populaire ministre des Finances Trevor Manuel, artisan de la croissance soutenue en Afrique du Sud, devrait siéger. Mardi, sa démission, avec un tiers du gouvernement, avait provoqué une chute de la bourse sud-africaine. Il a ensuite rapidement assuré être « disponible » pour le prochain gouvernement.

Rebâtir l'ANC
Kgalema Motlanthe, de son côté, est décrit comme une personnalité unanimement respectée, qui incarne la volonté d'assurer une transition en douceur. Il aura pour mission principale d'apaiser un parti à couteaux tirés, afin d'ouvrir la voie à Jacob Zuma pour les présidentielles de 2009.

Jacob Zuma a ravi la tête de l'ANC à Thabo Mbeki en décembre. Jugé pour viol puis acquitté, il a été inculpé à deux reprises dans un autre dossier pour corruption. Les deux poursuites ont été abandonnées, la première faute de preuve, la seconde pour vice de forme.

La fracture économique
Le président par intérim pourrait aussi mettre à profit ces six à huit mois avant les élections pour lancer les prémices d'une réorientation sociale de la politique gouvernementale. Près de la moitié des Sud-Africains vivent avec moins de deux dollars par jour, en dépit de la croissance.

Cette coexistence entre la pauvreté des masses coexiste et l'opulence d'une nouvelle classe dirigeante exacerbe les tensions, dans un pays marqué par l'apartheid. Le pays avait d'ailleurs été le théâtre d'une flambée de violence xénophobe au mois de mai dernier. Des immigrants, en grande partie provenant du Zimbabwe, avaient été tués, et des maisons et des commerces pillés et brûlés.

Kgalema Motlanthe en dates

  • 19 juillet 1949: Kgalema Motlanthe naît dans une famille ouvrière du township d'Alexandra, dans le nord de Johannesburg.
  • Années 1970: Il rallie la lutte clandestine de l'ANC.
  • 1977: Après une première détention de 11 mois, il est envoyé au bagne de Robben Island, où était notamment détenu Nelson Mandela. Il n'en sortira qu'en 1987.
  • 1990: Il se joint à l'ANC, qui vient d'être légalisé.
  • 1997: Élu secrétaire général du parti.
  • 2007: Élu président des députés de l'ANC.

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