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"Je suis le fils de KATARIHO ..."
(Source: Burundi Agnews)
Le 23 décembre 09
A quelques jours de Noël, aujourd'hui 40 ans jour pour jour du "génocide de 1969" au Burundi, c'est une histoire émouvante que nous souhaitons partager avec vous ...
Alors que ses parents adoptifs "justes parmi les justes" - les Montulet - sont tous deux à ce jour décédés, le cadet des fils Montulet a décidé de remuer dans son Histoire :
" Depuis une semaine j’ai découvert plein de choses sur mon passé. Pour des raisons que j’ignore encore j’ai décidé de taper sur "google" le nom de mon père naturel Nicodème Katariho, en m’attendant à ne rien trouver. J’ai eu un choc. Je savais mon père être un haut-gradé militaire mais pour moi il était simplement morts dans les évènements de 72 peu avant ma mère... Je viens donc de tout apprendre depuis moins d’une semaine. Je ne m’étais jamais posé de questions..." Olivier, ce fils Montulet, fils de KATARIHO, vient d'apprendre il y a une semaine que son père était décédé en décembre 1969, et non pendant le génocide de 1972 au Burundi.
Il poursuit : " J’allais avoir un an. Le hasard fait que je découvre cela 40 ans après... Je croyais que personne n’était vraiment au courant de notre existence. Je n’avais pas réalisé que nous étions alors plus que les enfants d’un individu anonyme de la société barundaise."
L'Histoire d'Olivier [et Evelyne] Montulet-Katariho, est une parmi tant d'autres.
Mais elle a ceci de particulier qu'elle donne l'espoir d'une humanité encore existante. Les - Montulet - ont accueilli les deux enfants orphelins, alors qu'ils avaient déjà deux beaux enfants. Cet Amour est tellement grande ... Il est celui des "justes parmi les justes".
Le père d'Olivier et Evelyne, Feu Katariho Nicodème, matricule S0033, officier dans l'armée burundaise [d'abord royale, puis républicaine], originaire de Muramvya, avait été formé à l'Académie militaire royale de Belgique. De retour au Burundi après sa formation en août 1968, il devient commandant de l'Ecole des Officiers de Bujumbura. Il est arrêté le 16 septembre 1969, accusé de complot contre le Régime [des Bahima], venant de renverser la Monarchie multiséculaire des Barundi. Les Bahima ont décidé d'en terminer avec les fils " intellectuels, téméraires et guerriers" de la Monarchie des Barundi. Le nettoyage a commencé !
Le 22 décembre 1969, Feu Katariho Nicodème est condamné à mort, sans surprise, par une cour militaire et exécuté.
Fin 1969, son épouse Feu Thérèse est dès lors spoliées des biens de son mari. Elle porte alors le nom d'"umumenja" [traîtresse]. Avec la lourdeur des évènements, elle perd son bébé ... Les tortionnaires de son mari en finissent, dès les premières heures des évènements d'avril 1972, par l'assassiner en présence de ses enfants encore très petits. Ces derniers doivent leurs vies à des sœurs "nones" et à des justes comme les "Montulet".
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