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Imbonerakure, une source de descente aux enfers pour le pouvoir Cndd-Fdd
(Source: Arc en ciel)  
 Le 17 août 12

La ligue des jeunes du Cndd-Fdd, Imbonerakure, se comporte aujourd'hui comme une véritable milice du parti au pouvoir. Souvent impliqués dans des actes de banditisme, de terrorisme et d'exécutions extrajudiciaires, les Imbonerakure suscitent beaucoup d'inquiétudes au sein de l'opinion burundaise. C'est qui est connu et visible ces derniers jours, ces jeunes du parti présidentiel commencent à éclipser progressivement la Police Nationale du Burundi et la Force de Défense Nationale dans certaines provinces du pays. Ainsi, ces jeunes Imbonerakure se permettent de patrouiller la nuit, munis des armes à feu et se comportent parfois comme des rebelles en territoire conquis. Quand vous n'êtes pas de leur mouvance politique, vaut mieux éviter leur chemin ! Face à ce pourrissement de la situation socio-sécuritaire du Burundi déjà précaire, les autorités du pays et du Cndd-Fdd semblent fermer les yeux. Ils se contentent de déclarer à qui veut les entendre ou plutôt à les croire, que chaque Imbonerakure est responsable de ses actes et qu'il ne faut pas globaliser.

En réalité, cette milice est de connivence avec certaines autorités politiques, policières et militaires du pays. Ils sont également soutenus au plus haut sommet de l'Etat. Sinon, quel cadre de la FDN prendrait le risque de les aligner en première ligne, pour aller combattre les fameux "bandits" de la Kibira ? Quel officier de la PNB peut-il les accepter dans son secteur pour patrouiller la nuit, les armes à la main, et procéder aux arrestations arbitraires, sans qu'il n'y ait aucune arrestation dans leurs rangs ? Pourquoi les procureurs de la République ne les arrêtent pas quand ils sont accusés de commettre des exécutions extrajudiciaires ou se mettent à torturer ou malmener leurs "proies"? En optant pour cette complicité criminelle avec les Imbonerakure, la FDN, la PNB et le pouvoir Cndd-Fdd ne signent que leur mort lente mais certaine. L'Histoire récente du monde en général et de l'Afrique en particulier, confirme que l'usage des milices est une voie utilisée par les pouvoirs dictatoriaux, souvent en perte de vitesse et sans aucune possibilité propre de sortir "la tète de l'eau". Cette solution suicidaire n'a qu'une efficacité éphémère. Surtout dans un pays fragile comme le Burundi.

En effet, dans ce pays où le kalachnikov est le portable le plus accessible et à moindre coût, après une guerre civile qui a duré toute une décennie d'atrocités indescriptibles, ces éléments de la Ligue des Jeunes du Cndd-Fdd ne peuvent pas se considérer comme disposant le monopole de la violence. A force de les protéger et d'assurer leur impunité, le pouvoir Cndd-Fdd incite ses adversaires politiques à déterrer "la hache de guerre". Ca ne serait donc pas une surprise pour nous, si ces jeunes qui faisaient "les villes mortes" et ces anciens miliciens de "sans échecs" et "sans défaites" décidaient de reprendre du service. Même si ce n'est pas la meilleure solution pour sauver la démocratie au Burundi, ni pour rétablir la Bonne Gouvernance.

Partout, "la violence engendre la violence" et si c'est le seul langage que les Imbonerakure comprennent, eux qui font la sourde oreille à tous ces appels qui se focalisent sur leur mouvement pour revenir à la raison, ils risquent d'obtenir leur cure. Il se pourrait qu'après ces interventions militaire et policière du Burundi dans le monde, sous la bannière des Nations-Unies ou de l'Union Africaine, les effectifs des forces de l'ordre sont parfois insuffisants dans certaines contrées du pays. A cela s'ajoutent les escortes pléthoriques de certains officiers de la FDN et de la PNB, de certains administratifs et de certains cadres du Cndd-Fdd, dans leurs voitures, à leurs résidences et à leurs bureaux !

Si tel était le cas, le gouvernement pourrait solliciter l'aide de tous les réservistes et autres démobilisés qui se comptent par des dizaines de milliers dans toutes les provinces du pays. Ils sont plus expérimentés et seraient mieux encadrés que ces jeunes Imbonerakure, souvent "dopés" aux idéologies politico-séparatistes, quand ils ne sont pas guidés par l'alcool et le ganja, ce fameux "chanvre indien".
Avec ces deux fléaux très répandus dans notre pays, inutile d'écrire que dans les prochaines semaines, si la situation continue sur cette même lancée, le pouvoir Cndd-Fdd, incarné par le Président Pierre Nkurunziza, sera bientôt incapable de contrôler efficacement ces Imbonerakure. Et comme au Rwanda du Général-Major Juvénal Habyarimana ou de la Côte d'Ivoire du Professeur Laurent Gbabgo, ça sera la fin du régime et la débandade totale pour ses principaux sbires.

Sous ce décor, la Cour Pénale Internationale risque d'accueillir ses premiers clients burundais. Reste à savoir si c'est le chemin le plus court choisi par les autorités de ce pays pour aller terminer leurs jours à La Haye (Hollande), où semble-t-il, les cellules sont de "haut standing". A l'européenne bien-sûr !

Thierry Ndayishimiye