Actualités Pour qui parle Mme Hafsa Mossi ?
Le 09 Mars-08
Par Jimmy KADOGO
Trois jours après l’émission de la lettre des 46 parlementaires ouverte au secrétaire général des
Nations-Unies, Ban Ki Moon, en vue de lui demander l’assistance politique et sécuritaire,
la ministre burundaise de l’information, de la communication, des relations du gouvernement et
porte-parole du Gouvernement a fait une sortie médiatique vide de sens et de fond. Répondant aux
questions de la nouvelle télévision du Burundi : la télé Renaissance, H. Mossi a dit que la
sécurité allait s’améliorant. Cela est dit au moment où les populations de GATUMBA, KINYINYA en
commune de MUTIMBUZI, de CIBITOKE, KINAMA et de KAMENGE en mairie de BUJUMBURA
venaient de passer deux nuits cauchemardesques, suite aux combats sanglants entre les forces de la
défense nationale et les FNL-Palipehutu de Rwasa Agathon. Cette insécurité a contraint des
ménages entiers à fuir leurs domiciles.
Cette dame qui avait eu la chance d’évoluer dans un média libéral de renommer international,
est déjà endoctrinée par le pouvoir CNDD-FDD en descente aux enfers. Nul n’ignore que ce pouvoir
camoufle ses mauvaises intentions dans les attaques du FNL en vue de tirer bonne revanche sur ceux
dont les visions ne sont pas les mêmes que celle du CNDD-FDD version Ngozi-Muyinga piloté par
colonel Jérémie Ngendakumana.
Personne n’a demandé l’assistance des agents de sécurité pour sa garde rapprochée et les ont
manqués, a osé affirmer Mme H. Mossi. Des informations à notre disposition disent que des
députés ont formulé cette demande sans réponse favorable. Effectifs insuffisants, les requérants
habitent des quartiers difficilement franchissables quant au suivi des agents y affectés….tels sont
les fausses raisons que donnent les responsables de ces services de sécurité.
L’honorable Alice NZOMUKUNDA a été privée de sa garde pour des raisons qu’ignore toujours
la porte-parole du Gouvernement NKURUNZIZA. En réponse à une question de savoir pourquoi cela
a été fait et par qui, H. Mossi n’a su que dire, et a plutôt renvoyé le journaliste à s’adresser
à ceux qui l’ont fait.
Est-ce que ceux dont elle n’a pas voulu parler ne sont pas au service du gouvernement dont elle est
porte-parole ? N’a-t-elle pas pris tout son
temps pour s’enquérir de la vérité sur ce dossier, qui a par ailleurs confirmé et donné la raison à la
lettre ouverte au Secrétaire Général des Nations-Unies ? Hier ça a été Alice NZOMUKUNDA qui a été
livrée aux prédateurs, demain ça sera le tour de tous ceux qui ont osé lever le doigt dénonçant la
défaillance du gouvernement NKURUNZIZA à l’obligation première d’assurer la sécurité des
citoyens burundais, et des étrangers ayant eu le courage de servir à ce pays à mille et un
problèmes.
Il n’est pas encore temps d’oublier le déploiement de l’escadron de la mort qui a lâchement attaqué à la
grenade les députés signataires de la lettre ouverte au président de la République, alors qu’elle ne
contenait que des propositions de voie de sortie à la crise institutionnelle. La porte-parole a encore
scandalisé le peuple burundais, en prenant Alice NZOMUKUNDA de simple citoyen, pour expliquer
que sa mort en ces moments où elle reçoit régulièrement des menaces, resterait insignifiante pour ce
peuple qui l’a élue. H. Mossi, se souvient-elle de ce qui s’est passé après la mort du président
démocratiquement élu, Melchior NDADAYE. Ce n’est pas pour éveiller les esprits traumatisés par
les scènes macabres qu’on aurait vécu, mais pour faire un clin d’œil à tous ceux qui prétendraient
inciter les démons. Trop c’est trop et plus jamais ça, dit-on.
La ministre devrait se rappeler que l’honorable Alice NZOMUKUNDA L’élue du Peuple à un mandat
plus populaire et plus légitime que le gouvernement en place, vulnérable à tout changement qu’inspirerait
le débâcle politique. Hier, Pierre NKURUNZIZA a changé son équipe suite aux pressions de
l’opposition qui ne réclamaient le dû lui accordé par la constitution de la république, demain il
pourra subir le même sort pour satisfaire au FNL.
Les cinq généraux qui font la pluie et le bon temps par leurs mains mises sur la faction politique
CNDD-FDD aux commandes du pays, pourrons exiger un jour à NKURUNZIZA de rayer tel ou tel sur
la liste gouvernementale, et H. Mossi n’est-elle pas vulnérable à cela ? Par contre, un député
n’est pas facilement remplacé comme l’imaginent certains des ténors du CNDD-FDD, à moins qu’il soit
suppléant ou assassiné et cette dernière option semble plus intéressante pour ces gens là.
Les montages faits pour exclure du parlement burundais, les honorables Léonard NYANGOMA et
Mathias BASABOSE ont échoué, rappelons- nous que ces derniers y sont retournés tête haute
et avec beaucoup de poids. Il y a alors lieu de se poser la question de savoir que font à un simple
citoyen, ces institutions étatiques de sécurité qui s’en prennent même aux élus ? Cela explique en
effet la dégradation exponentielle de la confiance qu’a le peuple envers ces corps de sécurité
instrumentalisés par le parti au pouvoir.
Burundi Transparence

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