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Le règlement de comptes à la grenade, fléau de la société burundaise
(Source: Angop)
Le 10 juin 09
Symbole du profond traumatisme d'une société où la violence est devenue un mode commun de règlement des conflits familiaux ou de voisinage après plus de 10 ans de guerre civile, la grenade s'est imposée au Burundi comme l'arme favorite des criminels mais aussi des simples citoyens.
"Après une décennie de guerre civile et des années de violences au quotidien, les gens ont tendance à utiliser la force pour régler leurs conflits", explique à l'AFP Gordien Kanjori, administrateur de la commune de Gihanga, près de Bujumbura, où un couple a été récemment tué dans sa maison par l'explosion d'une grenade lancée par un inconnu.
"Comme les grenades en provenance de République démocratique du Congo pullulent, on utilise cette arme", précise-t-il. En 2008, sur 616 personnes tuées dans le pays lors d'actes de violences, 133 l'ont été par des grenades, selon un rapport de la principale ligue burundaise des droits de l'Homme, Iteka.
Sur 242 blessés recensés, 166 ont été victimes de ces engins. L'Observatoire du programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a comptabilisé plus de 300 attaques à la grenade en 2008 dans le pays.
"Pour un criminel, la grenade offre une grande facilité car elle permet de tuer à coup sûr beaucoup de gens et en peu de temps, tout en offrant la possibilité de s'évanouir dans la nature ni vu ni connu", analyse le président d'Iteka, David Nahimana.
En outre leur prix est dérisoire. "Une grenade coûte environ 1.500 francs burundais", soit 0,9 euro, selon Mr Nahimana, qui déplore: "dans la plupart des cas, nous avons constaté que l'utilisation d'une grenade assure l'impunité aux criminels (...) et les gens en abusent".
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