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L’Honorable Pascaline Kampayano, la future présidente de la République du Burundi ?
(Source: Journal Arc-En-Ciel)
Le 31 mars 2010
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Hon. Pascaline KAMPAYANO |
Le rideau est finalement tombé, sur le troisième Congrès Ordinaire du Parti « Union pour la Paix et le Développement » UPD-Zigamibanga. L’une des grandes résolutions prises par ce congrès, c’est l’élection du candidat de l’UPD-Zigamibanga aux prochaines présidentielles. Ainsi, l’Honorable Pascaline Kampayano a été élu à une forte majorité de 80.5% des voix contre 18,8% des voix pour son challenger, Mr Alfred Ndarigumije, membre de la diaspora burundaise du Royaume-Uni. En effet, sur 2 279 électeurs, l’Honorable Pascaline Kampayano a été choisie par 1 834 électeurs et Mr Alfred Ndarigumije par 427 électeurs. Pour tous les participants et tous les observateurs invités à ce congrès, il n’y a eu ni vainqueur ni vaincu. C’est plutôt la démocratie qui a gagné et l’UPD-Zigamibanga a, une fois de plus, prouvé ses qualités de grand organisateur, aujourd’hui considéré comme étant bien parti pour gagner les prochaines présidentielles, la tête haute.
En effet, à l’heure où la plupart de partis politiques ont du mal à tenir leurs congrès et choisir leurs candidats aux présidentielles en toute transparence, liberté, indépendance et démocratie, l’UPD-Zigamibanga l’a fait publiquement, devant près de 4 500 personnes, sans policiers ni matraques du gouvernement pour assurer la sécurité des lieux. Tout a été fait par les membres de ce parti, en toute quiétude, c’est qui a frappé nombreux observateurs et invités à ce congrès. Il fallait voir le décor des lieux, les costumes portés par les congressistes et les moyens techniques dépéchés pour assurer la sonorisation, en vue de mesurer l’importance que l’UPD-Zigamibanga attache à ce genre de manifestation. Même une ambulance et au moins deux infirmières étaient là avec un objectif de soigner les malades éventuels.
Et durant les deux jours, ces infirmières n’ont manqué de travail et au moins une centaine d’individus a bénéficié de leurs services. Pour les deux jours, tous les participants avaient droit au repas et aux boissons, ce qui n’est pas fréquent au Burundi. En effet, tous les membres et sympathisants de ce parti se sont lancés dans une même bataille, sous la supervision de la présidence de l’UPD-Zigamibanga, en vue de faire de ce congrès une réussite sur tous les points de vue. Mission accomplie avec succès et qui aura été également couronné par l’embrassade entre l’Honorable Pascaline Kampayano et Mr Alfred Ndarigumije, les sourires aux lèvres, à la proclamation des résultats de ces primaires au sein de l’UPD-Zigamibanga, visant à désigner le prochain candidat de ce parti aux présidentielles. Et surtout, l’allocution prononcé par Mr Alfred Ndarigumije pour remercier vivement tous les congressistes qui lui ont fait confiance, ainsi que ses félicitations adressées chaleureusement à l’Honorable Pascaline Kampayano pour sa victoire. Un tonnerre d’applaudissements a suivi cette scène qui ne s’effacera pas de si tôt dans la conscience collective de l’UPD-Zigamibanga. Dans le discours de Mr Alfred Ndarigumije, il y avait quelque chose d’Hillary Clinton félicita Barack Hussein Obama et a promis de soutenir corps et âme, la candidate Pascaline Kampayano.
Les raisons de la victoire de l’Honorable Pascaline Kampayano
Sur six personnalités qui s’étaient portés candidats à ces primaires, deux seulement ont décidé d’aller jusqu’au bout. Il s’agit de l’Honorable Pascaline Kampayano et Mr Alfred Ndarigumije. Mais vite, on a senti que l’Honorable Pascaline Kampayano devrait logiquement gagner ces primaires et à une très grande majorité des suffrages exprimés. En effet, pour ceux qui suivent la politique burundaise depuis près de trois décennies, le nom de l’Honorable Pascaline Kampayano n’est pas du tout inconnu. C’est une femme extraordinaire, imposante non seulement par sa taille, mais aussi par son regard vif et militaire, susceptible de percer même une citadelle. L’Honorable Pascaline Kampayano aura été sur tous les fronts politiques de ces dernières années et n’hésitait ême pas d’aller rehausser le moral des combattants du Cndd-Fdd, l’ex mouvement rebelle, jusqu’à les rejoindre dans les tranchées les plus dangereuses sur le champ de bataille, durant les années de la guerre au Burundi.
A ce propos l’Honorable Pascaline Kampayano, née le 5 avril 1954 à Gitaramuka, commune Ruhororo, en province de Ngozi, célibataire et mère de 4 enfants et grand-mère de 4 petits-enfants, avait un léger avantage sur Mr Alfred Ndarigumije, moins connu par les militants de l’UPD-Zigamibanga, quoi qu’il fait beaucoup de choses pour ce parti, notamment au niveau diplomatique, depuis Londres (Royaume-Uni) où il est établi. Comme lors des années 1994 – 2005 au sein de l’ancienne rébellion du Cndd-Fdd, dans l’organigramme de l’UPD-Zigamibanga, l’Honorable Pascaline Kampayano est chargée des missions spéciales. Et d’après un cadre de ce parti, elle remplit ses fonctions avec zèle, honnêteté, dévouement et efficacité, à la grande satisfaction de ses camarades du parti. Pour ceux qui travaillent régulièrement avec elle, l’Honorable Pascaline Kampayano inspire toujours confiance et prêche par le bon
exemple. Ce n’est donc pas pour rien qu’elle sera élue député en juin 1993 sous la bannière du parti Sahwanya-Frodebu, avant de récidiver en 2005 sous les couleurs du Cndd-Fdd, toujours à Ngozi. Pendant longtemps, l’Honorable Pascaline Kampayano sera présidente élue de la Ligue des Femmes du Cndd-Fdd.
Aujourd’hui, avec sa candidature, elle est bien partie pour remplacer le Président Pierre Nkurunziza à la présidence de la République , d’après une source diplomatique qui a suivi ce congrès. D’après cette source, cette « dame de fer » est en mesure d’opérer un changement positif au Burundi, car dit-elle, elle est incorruptible, non influençable et toujours fidèle à ses convictions, à l’instar de tous les anciens membres du Cndd-Fdd qui ont massivement adhéré à l’UPD-Zigamibanga, au lendemain du fameux congrès de la rupture, organisé par le parti présidentiel à Ngozi, en février 2007. L’Honorable Pascaline Kampayano, également connue et respectée pour son franc-parler, serait aujourd’hui soutenue, au-delà de l’UPD-Zigamibanga, par toutes les femmes du Burundi, du moins dans leur grande majorité et par plusieurs pays étrangers, en Afrique et dans le monde, pour refaire du Burundi, un
exemple de démocratie et de réconciliation nationale dans toute l’Afrique des Grands-Lacs.
L’Honorable Pascaline Kampayano peut-elle diriger le Burundi ?
C’est une question que la plupart de burundais se posent aujourd’hui. A entendre les témoignages recueillis cette semaine à Bujumbura, nombreux parmi les hommes disent que l’heure d’être gouverné par une femme n’a pas encore sonné dans notre pays. C’est peut-être un mauvais complexe de supériorité qui les hante toujours, mais rien de grave n’est remarquable dans la gouvernance des femmes. En effet, tous les pays stables au niveau mondial, sont en majorité gouvernés par les femmes. On peut penser aux pays scandinaves, à une puissante Allemagne réconciliée et qui ne cesse d’impressionner sur la scène internationale. Même au Liberia, il aura fallu que ce pays déchiré par une guerre civile sans nom, soit dirigé par une femme, pour qu’elle retrouve paisiblement un minimum de stabilité pour reconstruire l’Economie. La Libye , un pays musulman avec le terrible Colonel Kadhafi comme Guide de la Jamahiriya libyenne, depuis pratiquement 41 ans, est sous protection rapprochée des femmes ! Ce qui est exceptionnel dans un Etat islamique. En effet, le Colonel Kadhafi reste convaincu que les femmes sont incorruptibles et lorsqu’elles se lancent dans une affaire, c’est sans réserves, avec beaucoup de lucidité et de détermination, de loin supérieur aux hommes. Vrai ou faux ? En tout cas l’Histoire du monde arabe lui donne parfaitement raison, lui dont nombreux de ses collègues sont régulièrement assassinés par leurs gardes.
Au Burundi, avec l’UPD-Zigamibanga, l’Honorable Pascaline Kampayano et les prochaines élections, il y a à parier que le prochain président de la République a des fortes chances d’être une femme. Alors qu’elles constituent la majorité du peuple burundais, nos sœurs se cramponnent à demander une présence d’au moins 30% dans les institutions républicaines. Aujourd’hui, sous la houlette de l’Honorable Pascaline Kampayano, elles sont capables de gagner la présidence de la République et réorganiser ainsi le Burundi, sur des nouvelles bases, logiquement humaines, solides, stables et démocratiques, en faisant de la justice sociale et du partage équitable du revenu national, leur credo quotidien. En effet, les femmes sont les plus menacées par une mauvaise gouvernance dans le pays et ce sont elles qui disposent des ressources nécessaires pour relancer l’Economie du Burundi et stabiliser le pays. En ont-elles
déjà la conscience ? Peut-être.
Pour rappel, il n’y a pas très longtemps, au Burundi, on leurrait la population pour dire qu’il faut naître avec des semences dans la main, en vue de diriger le pays. Les burundais l’ont cru bêtement pendant près de cinq siècles. Après, il est venu un jeune officier de 26 ans, Hima, une catégorie déconsidérée socialement par le Royaume et a dirigé le Burundi pendant une décennie, avant d’être destitué par un autre hima, au pouvoir durant dix autres années. Ce dernier fut également victime d’un autre coup d’Etat militaire, pour laisser sa place à un autre hima ? Qui aurait pensé qu’un Roi pouvait être contraint d’abandonner le pouvoir, au profit d’un tutsi-hima, aussi facilement ? Personne. Avec la proclamation de la République du Burundi, le 28 novembre 1966 par le Capitaine Michel Micombero et les années qui ont suivi jusqu’en juin 1993, nombreux sont ceux qui pensaient à tort ou a raison, qu’il fallait être tutsi, hima, militaire et ressortissant de Rutovu (Bururi) pour diriger le Burundi.
Mais vite, un hutu est venu et à bouleverser « l’ordre établi » et démontrer que chaque citoyen burundais, peut et a le droit de diriger ce pays, aussi longtemps qu’il dispose toujours de la jouissance de ses droits politiques et civiques. Certes, le Président Melchior Ndadaye a été assassiné, mais le changement politique et positif qu’il incarnait, continue toujours sous nos yeux. Aujourd’hui encore, c’est un autre burundais qui dirige ce pays, sans être ni tutsi, ni hima, ni originaire de Rutovu (Bururi). Il s’agit du Président Pierre Nkurunziza, hutu de Ngozi. Tout ceci pour montrer que la politique n’est pas statique et que l’Histoire évolue avec les époques, ce qui change également les acteurs. Qui peut donc empêché l’Honorable Pascaline Kampayano de diriger le Burundi, si elle est mandatée par ce même peuple qui ne cesse de l’élire à l’Assemblée nationale, depuis pratiquement
1993 ?
Une femme peut aussi gouverner ce pays et c’est une certitude ! Rappelez-vous de Mme Sylvie Kinigi en octobre 1993. Elle a dirigé le Burundi, à une époque où les hommes avaient pris le large, y compris les autorités du Ministère de la Défense Nationale. C’est aussi Mme Sylvie Kinigi, premier ministre du Burundi qui a donné les symboles du pouvoir burundais au Président Cyprien Ntaryamira. Et en 1936, la nommée Inamujandi avait pris les armes contre les colons, avant le Prince Louis Rwagasore et c’était une femme. Pourquoi pas l’Honorable Pascaline Kampayano ?
Les conséquences de la candidature de l’Honorable Pascaline Kampayano
La candidature de l’Honorable Pascaline Kampayano fait très peur à tous ses concurrents potentiels. Ainsi, originaire du Nord du pays, en province de Ngozi, sa candidature risque de déstabiliser sérieusement l’électorat de plusieurs candidats déclarés ou potentiels, originaires du Nord du Burundi, à l’instar de l’ancien chef rebelle Agathon Rwasa (FNL), Domitien Ndayizeye (Frodebu) et probablement, Pierre Nkurunziza (Cndd-Fdd). Si elle fait presque l’unanimité au sein de l’UPD-Zigamibanga, l’Honorable Pascaline Kampayano est surtout critiquée dans les milieux politiques opposés à l’UPD-Zigamibanga, notamment les FNL et le Cndd-Fdd pour ne citer que ceux-là. Aussi, c’est une révolution qui pointe à l’horizon. Pour une fois, les femmes burundaises auront l’occasion de se lancer pleinement dans la politique, avec cette certitude qu’elles seront désormais bien comprises par une femme à la tête du pays.
Si nos pronostics se réalisent, aucun parti politique burundais, sauf une surprise de dernière minute, ne pourra gagner ces présidentielles au premier tour. Or, l’UPD-Zigamibanga mobilise ses batteries de manière très impressionnante, à tel point qu’il serait actuellement difficile de lui arracher la première place lors de ces présidentielles. Dans cette logique, c’est probablement l’Honorable Pascaline Kampayano qui aura à négocier avec les autres forces politiques du pays, en vue de s’engager au 2e tour avec le maximum de forces et une vision plus ou moins claire pour former le prochain gouvernement. Et ça ne sera pas du tout une affaire mince pour ceux qui veulent s’engager en politique avec l’objectif de s’enrichir. Aujourd’hui, si l’Honorable Pascaline Kampayano escalade les escaliers de la présidence de la République , pour devenir la patronne de l’Exécutif burundais, il n’y a aucun doute que la politique ne sera plus ce qu’elle est actuellement au Burundi. Ca sera une opportunité de faire de l’Homme, le centre de tout développement, en vue d’une bonne organisation de la Cité dans l’intérêt de tous, les grands et les petits, les riches et les pauvres, les hommes et les femmes, les nationaux et les étrangers. Qui vivra verra !
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