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Qui avait commandité une fouille perquisition au domicile du Colonel Fulgence Niragira ?
Le 05 août 09
D’après les enquêtes que Burundi Transparence a mené, nous avons constaté que le mercredi 22 juillet 2009, très tôt matin à Bubanza, le domicile du Colonel Fulgence Niragira était encerclé par de nombreux éléments de la Police Nationale. Ces derniers étaient venus faire une fouille perquisition dans ce ménage sous les ordres donnés par le Directeur Général Adjoint de la police nationale, le Général Gervais Ndirakobuca alias Ndakugarika.
Ce dernier a demandé, personnellement, au procureur de la république à Bubanza de rédiger un mandat de perquisition.
Ce haut gradé de la PNB (Police Nationale du Burundi), encore fidèle au parti Cndd-Fdd alors qu’il travaille pour tous les burundais, vient de la même commune que le Colonel Fulgence, la commune Bukinanyana dans la province de Bubanza. Par son arrogance, le général Ndirakobuca est parmi les officiers ex-Fdd encore inféodés au parti Cndd-Fdd qui sont haïs dans leurs communes d’origine. Malgré son impopularité, il a réussi à imposer son frère comme président du Cndd-Fdd dans la commune de Bukinanyana.
Les nœuds du problème entre ces deux ex-Fdd originaires de Bukinanyana sont les rapports sur la santé du parti Cndd-Fdd dans cette commune et la montée en flèche du parti UPD-Zigamibanga dans cette commune dont l’épouse du Colonel Fulgence est Secrétaire Exécutif de ce parti au niveau communal.
La population de cette commune tourne le dos au Cndd-Fdd et cela met en colère ce haut gradé de la PNB. Comme le parti UPD-Zigamibanga enregistre plusieurs adhérents, pour ce haut gradé, la faute revient aux responsables du parti UPD-Zigamibanga dont fait parti l’épouse du Colonel Fulgence au poste Secrétaire Exécutive de ce parti au niveau communal.
Alors le général Ndirakobuca s’en prend au Colonel Fulgence car ce dernier n’a pas daigné interdire à son épouse d’adhérer et travailler pour le parti UPD-Zigamibanga comme si les membres de la famille et toutes les connaissances d’un ex-FDD ont l’obligation d’œuvrer au sein du parti Cndd-Fdd.
A l’intérieur de la maison du Colonel Fulgence, on n’a trouvé que des documents du parti UPD-Zigamibanga, chose très normale, puisque son épouse est Secrétaire Exécutive de ce parti au niveau communal. Dans une toilette de l’extérieur de la maison, on y a trouvé le drapeau du même parti que les hommes à Ndirakobuca y avaient placé pour donner le poids au montage que ce haut gradé de la police avait conçu en connivence avec son frère qui est président du parti Cndd-Fdd dans la commune Bukinanyana. Ici on se demande si les épouses des officiers ex-combattants ne peuvent pas adhérer à un autre parti politique que le Cndd-Fdd ? Ou alors, si on se rendait chez le Général Major Adolphe Nshimirimana dont l’épouse préside la ligue des femmes, on n’y trouverait pas des documents du Cndd-Fdd ?
L’intervention du porte-parole de l’armée sur la voix des ondes a été plus que claire ; le fait qu’une femme d’un officier soit membre d’un parti politique quelconque ne culpabilise pas son mari. Heureusement que le Colonel Fulgence est membre d’un corps le mieux organisé du pays, sinon, les carottes étaient cuites pour lui.
Cette histoire nous rappelle le montage organisé par le parti au pouvoir sur une rébellion fictive entretenue par les partis MSD et UPD-Zigamibanga dans la Kibira de Musigati. Il a fallu l’intervention de la Force de Défense Nationale (FDN) pour le démentir. Vous vous souviendrez que le gouverneur de Bubanza Mr Pascal Nyabenda avait déjà confirmé l’existence de cette rébellion. A voir les ressemblances de ces deux incidents, on se rend compte que ces montages visent à discréditer les partis de l’opposition et surtout UPD-Zigamibanga et qu’en y adhérant on devient un hors la loi.
La démocratie est une activité dure pour ceux qui, après avoir démérité pendant l’exercice de leur mandat, cherchent d’être reconduit bon gré malgré. Nous saluons le courage et la sportivité des dirigeants en 2005 qui ont pu gérer démocratiquement l’organisation des élections qui ont conduit le parti Cndd-Fdd au pouvoir.
A ce dernier, la rédaction constate qu’il a vite oublié le plateau sur lequel le pouvoir lui a été servi. La morale exige qu’il ne faut pas faire aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse. En pareil cas, seul le peuple a le dernier mot dans des élections libres, transparentes et démocratiques. Pareil exercice n’est possible que quand les gens adhèrent librement aux partis de leur choix sans menace aucune. Le fait qu’une dame du général, du colonel ou d’un magistrat quelconque adhère à une formation politique de son choix, contraire même à la préférence de son mari est un droit qu’aucune loi ne lui interdise. On ne se présente pas dans l’isoloir en famille. Le vote est personnel, individuel et sans grade ni statut. Ceux qui cherchent à modifier ce principe n’ont rien compris de la démocratie.
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