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Le pouvoir Cndd-Fdd renforce Agathon Rwasa
(Source: Arc en ciel)
Le 26 juillet 10
Depuis que le président du parti des Forces Nationales de Libération (FNL) est passé dans la clandestinité sans avertir sur sa destination, la Police Nationale du Burundi (PNB), le Service National de Renseignement (SNR), . bref, tout le pouvoir Cndd-Fdd ne sait plus à quel Saint se vouer pour retrouver Agathon Rwasa. Tous les moyens sont désormais bons pour récolter les informations relatives aux nouvelles préoccupations professionnelles du patron des Fnl et sa récente destination, jusqu'ici inconnue. Dans cette confusion, plusieurs membres des Fnl sont arrêtés, torturés et emprisonnés pour un oui ou un non, quand ils ne sont pas tout simplement portés disparus, à en croire les cadres dirigeants des Fnl et certains activistes des Droits de l'Homme dans notre pays.
Selon certaines sources non encore confirmées officiellement, ni par les Fnl ni par le Président Agathon Rwasa lui-même, l'ancien patron de l'Institut National de Sécurité Sociale aurait déjà regagné la Kibira , cette forêt naturelle du Burundi qui a longtemps été érigée en base arrière de plusieurs mouvements rebelles burundais, dans les années 1994 - 2005. Au cas où ces informations seraient véridiques, le pouvoir Cndd-Fdd serait dans une mauvaise posture, même si avec l'entrée du Burundi dans l'East African Community, on minimise considérablement les chances d'Agathon Rwasa, d'actionner une nouvelle rébellion d'envergure nationale. En effet, les pays membres de l'EAC ne tolèrent aucune agression contre une composante de ce grand marché Est-africain et ont le droit d'intervenir militairement pour appuyer Bujumbura et mettre hors d'état de nuire cette nouvelle rébellion en gestation, si elle existe réellement.
Mais sur le chapitre de "la Bonne Gouvernance", le Burundi qui est aujourd'hui le maillon faible de l'EAC peut politiquement tomber comme une feuille morte face à cette éventuelle rébellion si l'EAC ne vole pas à son secours, une organisation dans laquelle le pouvoir Cndd-Fdd compte deux grands alliés, le Rwanda de Paul Kagame et l'Ouganda de Yoweri Kaguta Museveni. Il faut que le gouvernement Pierre Nkurunziza arrive à convaincre ses partenaires de l'EAC et toute la Communauté Internationale , par des actes concrets, pour prouver réellement qu'avec ce deuxième mandat acquis sur fond des contestations de ses opposants, est une occasion de gérer démocratiquement le pouvoir, en privilégiant notamment la Bonne Gouvernance , le respect des Droits de l'Homme et la séparation des pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire). Si le Burundi continue de basculer dans une "dictature tropicale" pour consolider cette "république bananière", il n'y a aucun doute que la rectification se fait par une révolution populaire ou par un coup d'Etat.
Et dans ces conditions, l'actualité nationale démontre à suffisance que tous les ingrédients sont là et la stabilité de ce régime risque de ne tenir que sur un fil de rasoir, aussi longtemps que cette traque aveugle contre les leaders de l'opposition politique et de leurs militants, doit se poursuivre en toute illégalité, pendant que les hélicoptères, la marine, ... sont déployés pour capturer une dizaine d'individus présumés criminels et ex combattants du Palipehutu-Fnl, alors dans le maquis, sous la houlette d'Agathon Rwasa. Ce genre d'opérations musclées, irréfléchies et inappropriées décrédibilisent le pouvoir et dressent la population civile contre lui. On aura noté que sur ce point, le gouvernement burundais n'entend pas revoir ses méthodes, surtout qu'à la tête de certains bureaux de la PNB par exemple, on y trouve des gens dont les noms sont régulièrement cités dans des affaires d'assassinats extrajudiciaires non encore élucidés, persistant toujours à allonger la liste de leurs "exploits", alors que sous d'autres cieux, de telles personnalités sont contraintes à démissionner de leur gré pour donner libre voie à la justice de terminer ses investigations. Je perds lamentablement mon latin, en ce sens que dans ces pays la justice est indépendante du pouvoir exécutif et du parti au pouvoir, ce qui est loin d'être une réalité au Burundi.
Aujourd'hui, le harcèlement politique, militaire et policier dont sont victimes Agathon Rwasa, le parti Fnl et leurs présumés alliés peut se payer cash du côté du pouvoir, pendant que ces persécutés ont la possibilité d'y toucher des dividendes politiques et diplomatiques immenses. On a vu comment le Président Mamadou Tandja du Niger est vite tombé dans les oubliettes de l'histoire, en quelques heures, alors que c'est lui qui faisait la pluie et le beau temps dans son pays. Les sauveurs du Niger sont sortis des casernes à la grande satisfaction de tout le peuple et très vite, l'hypocrite et cynique "Communauté Internationale" s'est ralliée. Résultat ? Le Niger est de nouveau fréquentable et tous les anciens prisonniers politiques sont actuellement en liberté. Et la grande leçon qu'il faut y tirer, c'est qu'il faut toujours se méfier de "la grande muette" et d'un peuple qui encaisse toujours en silence. Ils savent toujours trouver un point de ralliement, le peuple et son armée, même quand les dirigeants croient maîtriser tous les dossiers et verrouiller tous les passages.
Face à cette situation, le pouvoir Cndd-Fdd se doit être très prudent, en évitant ces erreurs collatérales qui ne font que l'enterrer progressivement vis-à-vis de l'opinion nationale et internationale. Le monde est devenu un village planétaire et par coup, personne n'est plus intouchable sur cette planète où chaque individu, puissant ou misérable, est toujours observé à la loupe. S'en prendre toujours et de manière brutale et arbitraire, à un homme, un parti ou un groupe d'hommes, avec comme seul mandat, la détention de la force et du pouvoir, finit toujours par créer des liens de solidarité et de sympathie avec ces victimes sur commande. Et dans notre pays où les divisions ethniques sont désormais dans un registre du passé, ce pouvoir doit y méditer aussi longtemps que possible, surtout qu'une rébellion multiethnique, risquerait de le balayer en quelques semaines, dans ce pays où le chômage des jeunes, l'inflation des prix, la misère de la population, la corruption, l'affairisme au sommet de l'Etat, l'insécurité, les injustices de toutes sortes,... se conjuguent au quotidien d'une population désabusée, désemparée et déboussolée !
Si cela continue ainsi, l'ancien chef rebelle Agathon Rwasa peut facilement reprendre la balle au bond, se faire des idées et marcher sur Bujumbura, avec le soutien et la complicité de tous les mécontents et de tous les exclus du système, ce qui ne serait pas vraiment une surprise dans le contexte actuel. Des fois, certains "serviteurs de l'Etat", "gardiens du temple" et "courtisans du palais" croient bien faire pour le chef, alors qu'en réalité, ils ne font que scier le fauteuil sur lequel il est assis. Reste à savoir s'ils en ont la conscience, mais ce qui est certain, les FNL et Agathon Rwasa sont aujourd'hui vitaminés par le pouvoir Cndd-Fdd et cette cure pourrait visiblement déplumer l'aigle du Cndd-Fdd, si les uns et les autres ne décident pas de changer leur manière de faire. Trop c'est trop. A Bon Entendeur Salut !
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