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 Actualités

Avis aux familles de dictateurs d'Afrique et d'ailleurs...
Par Edem GADEGBEKU  
 Le 29 juillet 10

Eux aussi croyaient être aimer par les roumains
Parce qu'ils ne sont pas rentrés du bon côté dans l'Histoire de leur pays, les époux Ceausescu ne sont toujours pas portés dans le cour de leurs compatriotes, 21 années après leur condamnation et exécution à pas de charge ! "Qui tue par épée meurt par épée", dit la maxime. Plus de deux décennies après l'enterrement dans l'anonymat d'Elena et Nicolae Ceausescu dans le cimetière de Ghencea, à Bucarest, leur seul enfant encore en vie (Valentin) s'est lancé depuis mercredi dernier sur les traces des véritables sépultures de ses parents. Même dans l'au-delà, les hommes qui ont négativement marqué leurs semblables attirent l'avanie sur leurs descendants.

En décembre 1989, la révolte populaire qui a déchu Nicolae Ceausescu (qui était au pouvoir depuis 1967) en Roumanie avait pour ambition de faire disparaître sur le sol roumain tout ce qui était rattaché aux Ceausescu. Du coup, en portant en terre Nicolae et Elena (après leur fusillade collégiale), les autorités de l'époque avaient tout mis en place pour éviter une profanation de leurs tombes. Preuve que l'ancien Secrétaire général du parti communiste roumain n'a pas du tout laissé de bons souvenirs à ses compatriotes ! Plus de 20 ans après ce triste épisode, l'unique enfant encore en vie du défunt couple présidentiel s'est donc lancé à la recherche des véritables sépultures de ses parents. Sans qu'une telle initiative émeuve le reste de la population. Même si des nostalgiques de l'époque communiste existent encore en Roumanie. Si la majorité d'un peuple doit garder pendant de longues décennies une dent contre son ancien dirigeant, même décédé, que gagnent alors les politiques aux commandes de leurs pays en mettant en place de longs règnes dictatoriaux ?

Les politiques sont les seules personnes indiquées pour bien répondre à cette interrogation. Mais, hélas, généralement, lorsqu'ils sont encore aux affaires, ils semblent détachés des réalités quotidiennes de leurs gouvernés. Ceci est un peu plus vrai pour les hommes d'Etat du Sud, et très précisément les présidents africains. Surtout ceux qui s'enferment dans une dictature obscurantiste qui n'a pour finalité que de ne pas céder le pouvoir à son adversaire. Peu importe le lourd tribut que le reste du peuple doit payer pour matérialiser cette ambition machiavélique !! La légion de dictateurs africains qui ont été ou ont succédé aux pères des "indépendances africaines" n'ont toujours pas été cruels envers leurs semblables sur toute la ligne ; mais l'histoire ne retient et ne retiendra que les actes vils de ces présidents de la République. D'autant plus que leurs faits et gestes nobles ne durent pas dans le temps. Les Hitler, Salazar, Franco, Touré, Bokassa, Mobutu, Gnassingbé, Conté, Bongo, Pinochet, Suharto, Duvalier, Aristides, Nkurunziza etc. sont bien placés pour livrer des témoignages exhaustifs autour des diverses et infâmes connotations auxquelles leurs contemporains rattachent souvent la seule évocation de leur patronyme. "Un bien mal acquis ne profite jamais", dit l'adage qui s'applique parfaitement aux membres des familles présidentielles dont un des leurs a eu à afficher de graves inconduites, ce membre fût-il décédé. Attirer l'attention des dirigeants du Sud et très singulièrement ceux du continent noir sur les méfaits à long terme de leur mauvaise gouvernance prend une importance d'une autre dimension quand on jette un regard passéiste sur le bilan des plus sombres régimes despotiques en Afrique. Rares sont parmi eux ceux qui ont atteint le niveau de développement de la Tunisie, de la Libye ou encore de l'Egypte.

Seul le manque de bonne volonté des hommes aux commandes des affaires publiques dans les pays pauvres de la planète bloque le décollage économique de ces Etats. 50 ans après les "indépendances africaines" et après le succès du "premier Mondial africain" dont l'éclat a été rehaussé par l'aura du charismatique Nelson Mandela, le "célèbre syndicat des présidents d'Afrique" doit plus que jamais tirer des leçons des phases de l'écriture de l'Histoire mondiale comme l'après-Ceausescu, actuellement, en Roumanie. Les cadavres des présidents sanguinaires d'Afrique ne subiront jamais sur une longue période les éventuelles humiliations que sont prêtes à leur réserver leurs populations ; mais c'est loin d'être le cas de leurs ayants droits. De génération en génération.

Par Edem GADEGBEKU