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 Actualités

Le dossier Falcon est enterré
(Source: SurviT-Banguka)  
 Le 09 mars 10

 
A quelques mois de la fin de la législature, le parti présidentiel Cndd-Fdd a pris la décision d'enterrer définitivement l'embarrassant dossier de vente du jet présidentiel, Falcon 50, qui a irréversiblement entaché son règne.

C'est clair comme l'eau de roche : le dossier implique au premier chef le président de la République, Pierre Nkurunziza et bien d'autres caciques de son parti, Cndd-Fdd. Dans ces conditions, permettre aux députés d'échanger sur un tel rapport revient à jeter Pierre Nkurunziza en pâture en le décrédibilisant auprès de rares Burundais qui lui font encore confiance. Ce serait aussi sonner le glas de sa vie politique.

Pour rappel, une commission parlementaire avait mené son enquête sur les conditions de vente de cet avion, son rapport allait faire objet d'échange en plénière au niveau du palais des Congrès de Kigobe. Mais le 5 mars dernier, le président de l'Assemblée Nationale, Pie Ntavyohanyuma, a étonné les députés en déclarant que le dossier Falcon est désormais référé à la justice.

Les députés sont tombés des nues mais ils persistent à demander le débat sur le rapport de la commission. "C'est une stratégie du parti au pouvoir d'enterrer ce dossier qui l'accable dans tous ses détails, mais nous ne cédons pas pour autant et nous allons exiger que l'Assemblée nationale se prononce publiquement sur le rapport", explique l'honorable Léonard Nyangoma.

Ces manouvres dilatoires atterrent les acteurs anti-corruption et malversations économiques, en particulier l'OLUCOME. "Le dossier venait de passer 15 mois dans les tiroirs du bureau de l'Assemblée Natinale. . L'OLUCOME avait pris la décision de rappeler par voie de correspondances tous les 6 mois le bureau de l'assemblée pour que le dossier soit programmé, et voila la réponse que nous obtenons", déplore Gabriel Rufyiri, président de cette association.

Gabriel Rufyiri ne se fait pas d'illusion : mettre le dossier Falcon 50 dans les mains de la justice revient à jeter ce dossier dans les oubliettes car il rejoint de nombreux autres vieux dossiers qui ont également porté un lourd préjudice au trésor public, en l'occurrence les affaires Lubelsky, Ruzizi, Inter Pétrole, etc.