Interview exclusive de l’ex-ministre Burundais de la Planification réalisé
par nos confrères de Info Burundi. Net
Le 21 septembre 07

Entretien de Jean BIGIRIMANA (J.B),
ex-Ministre de la Planification, du Développement et de la Reconstruction
Nationale avec INFO-BURUNDI.NET (I.B)
sur l’évolution de la situation politique et économique du Burundi.
I.B
: Bonjour Excellence et
merci de nous avoir accordé cet entretien. Depuis un certain temps, les
Burundais vivent une situation économique très précaire qui risque de créer une
crise sociale. Vous Excellence, en tant qu’ancien Ministre en charge de
différents secteurs économiques, comment pouvez-vous expliquer une telle
situation?
J.B
: Bonjour. La balle est
dans le camp du pouvoir. Apparemment, celui-ci semble oublier que le Burundi est
un pays sous programmes des institutions de BRETTON WOODS. En fait, il ne faut
pas perdre de vue qu’il y a toute une série d’engagements que le gouvernement
doit honorer afin que le Fonds Monétaire International (FMI) puisse autoriser le
déblocage des fonds en faveur du Burundi sous forme d’appui budgétaire. Le
respect de ces engagements est très déterminant quant au niveau de confiance
entre le pays bénéficiaire et les bailleurs de fonds. Il appartient donc au
gouvernement de tout faire pour que la confiance soit au bon fixe en vue
d’atteindre le point d’achèvement de l’Initiative PPTE (Pays Pauvre Très
Endetté) et de bénéficier ainsi d’une remise totale de la dette,
autrement la suite est inévitablement désastreuse.
I.B
: La situation politique
que traverse actuellement le pays ne serait-elle pas une des causes qui freinent
les aides financières extérieures ?
J.B
: Eh bien, une situation
politique, qu’elle soit bonne ou mauvaise, influe d’une façon ou d’une autre sur
la vie économique d’un pays. Pour le cas précis de notre pays, nous avons vu que
les crises politiques ont toujours eu un impact négatif sur l’économie
nationale. L’on peut se souvenir de ce qui s’est passé après le coup de force de
1996. A la suite de ce dernier, les pays de la région ont été amenés à imposer
un embargo économique contre le Burundi et la communauté internationale a
sensiblement réduit son aide financière. C’est à partir de ce moment que notre
économie a commencé à dégringoler, entraînant inévitablement une dépréciation
notoire de notre monnaie suivie d’une accélération de la progression de la
pauvreté, surtout dans les milieux ruraux. Aujourd’hui le cas est presque
similaire. En effet, les bailleurs de fonds et les partenaires au développement
demandent aux autorités de notre pays de mettre fin à la crise politico
institutionnelle étant donné que cette question est extrêmement fondamentale.
I.B
: Donc, d’après vous,
Excellence, il faut à tout prix assainir cette situation politique pour assurer
un redécollage économique.
J.B
: Absolument. Mais les
autorités burundaises, surtout les plus concernées, doivent comprendre que les
solutions partielles aux problèmes politiques actuels ne font qu’aggraver la
situation qui est déjà insupportable. Personnellement, je leur demanderais
d’user de la sagesse en tenant compte de toutes les tendances politiques dans la
recherche des solutions en vue de mettre en place des institutions largement
représentatives animées bien évidemment de valeurs démocratique, morale et
républicaine pour finalement asseoir un ETAT DE DROIT. Dans cette
optique, d’autres mesures non moins importantes allant dans le sens de renforcer
la confiance entre les filles et fils de notre pays et de consolider
effectivement la paix doivent être prises sans tarder. C’est notamment la
libération des prisonniers politiques comme l’Honorable El Hadj Hussein
RADJABU et d’autres membres du CNDD-FDD. Ceux-ci ont été injustement
incarcérés parce qu’ils ont ouvertement désapprouvé les résultats issus du
congrès irrégulier et illégal de Ngozi du 7 février 2007. La mise en
application effective de l’accord de cessez-le-feu entre le gouvernement et le
PALIPEHUTU-FNL doit également être une préoccupation majeure des autorités
burundaises et ce, dans les délais.
I.B
: Pourquoi insistez-vous
sur la libération de l’Honorable Hussein RADJABU comme faisant partie des
solutions aux problèmes politiques du pays ?
J.B
: Je viens de vous dire
qu’il faut éviter des solutions partielles. Pour soigner une maladie il est
conseillé d’en connaître d’abord la cause et ensuite l’effet. Or,
au Burundi on a toujours vu les régimes s’attaquer aux effets au lieu de
s’attaquer à la cause. En ce qui concerne les souffrances intenables qu’endurent
actuellement les burundais, la communauté aussi bien nationale qu’internationale
doit savoir que ces souffrances ont comme genèse la tenue irrégulière et
illégale du congrès du parti CNDD-FDD du 7 février 2007 à Ngozi.
L’emprisonnement arbitraire de l’Honorable Hussein RADJABU qui le met
aujourd’hui dans un état de vie irréelle était déjà dans le plan de ceux
qui ont organisé ce congrès. Une solution qui écarterait sa libération est
donc à éviter. Je l’ai toujours dit et je ne cesserai jamais de le dire,
l’Honorable Hussein RADJABU est innocent. Le seul péché qu’il a commis est qu’il
n’a pas cautionné les décisions et recommandations du congrès de Ngozi. Or, dans
un pays où les libertés démocratiques sont respectées, ce comportement n’est pas
passible à un traitement inhumain.
I.B
: Selon vous, la
stabilisation des institutions est donc un préalable pour assurer une relance
économique effective du Burundi.
J.B
: Bien évidemment, si la
situation politico-institutionnelle demeure instable comme c’est le cas
aujourd’hui, l’appareil étatique déjà fragile continuera à être un lieu
d’intrigues et d’ambitions machiavéliques. Le régime sera ainsi continuellement
caractérisé par la gabegie, l’irrespect des biens publics, la faillite de
l’Etat de Droit et la pratique des actes antidémocratiques et immoraux. Ceci
étant, l’esprit républicain n’aura plus de place et le pays sera condamné à une
régression permanente.
I.B
: S’il arrivait que le
pouvoir accepte le dialogue franc, sincère et inclusif en vue de la mise en
place des institutions représentatives et stables, quelle recommandation
pourriez-vous émettre à l’endroit du pouvoir ?
J.B
: Comme je l’ai déjà dit,
le Burundi est un pays sous programmes des institutions de BRETTON WOODS. Le
pouvoir est sensé être le premier à le comprendre plus que quiconque car le
Burundi, dans sa situation actuelle, a grandement besoin du soutien indéniable
des bailleurs de fonds et des partenaires au développement. Il ne faut pas se
leurrer, le financement de la sortie de crise politico-institutionnelle pour le
Burundi passera nécessairement par la réactivation de son partenariat avec
les institutions financières internationales. Une telle démarche constitue
la clef vers la reprise de la reconstruction des infrastructures
socio-économiques de base qui nécessitent bien évidemment la recherche des
ressources de financement. Une fois les financements obtenus, ils permettront à
l’Etat d’absorber une grande partie de pauvres par la création de l’emploi.
I.B
: A propos de la
dépréciation de la monnaie burundaise qui fait peur aux burundais en général et
aux hommes d’affaires en particulier, quel en est votre point de vue ?
J.B
: Eh bien, depuis l’embargo
économique de 1996, notre monnaie est devenue très instable. L’autre cause de
son instabilité est la baisse de confiance de la part des bailleurs de fonds
suite à la situation de guerre. En 2005, la communauté internationale avait
beaucoup salué la mise en place de nouvelles institutions issues des différentes
consultations populaires et démocratiques dans lesquelles le parti CNDD-FDD
était majoritairement représenté. Les gestes généreux ne se sont pas fait
attendre pour soutenir les jeunes institutions et tout le peuple burundais
commençait à croire à un avenir meilleur. Le soutien des bailleurs de fonds est
très nécessaire mais les burundais doivent s’organiser pour compter aussi sur
leurs propres efforts par la promotion de la production locale. La production
est l’élément essentiel pour lutter contre la pauvreté, assurer une croissance
économique et soutenir effectivement notre monnaie. Autrement, on aura beau
compter sur les aides extérieures, si le gouvernement n’arrive pas à planifier
et à organiser la production, la dépréciation de notre monnaie sera endémique.
I.B
: Excellence, êtes-vous
optimiste quant à un retour éventuel du Burundi à un niveau économique favorable
à la réduction de la pauvreté ?
J.B
: Cela dépend de la
politique économique mise en place par le gouvernement. Il faut savoir que le
Burundi évolue aujourd’hui dans un contexte régional et économique favorable à
son développement. Il suffit de bien identifier les secteurs productifs et
prioritaires qui sont à la portée de la population et qui peuvent intéresser les
investisseurs tant nationaux qu’étrangers. Mais je tiens à souligner ici que
la clef de voûte pour créer un environnement favorable aux affaires et attirer
les investisseurs demeure la paix et la stabilité de l’environnement socio
politique. Quant à la politique économique, elle devrait dégager des faveurs
fiscales et douanières aux opérateurs économiques pour encourager ceux-ci à
investir dans les gros projets d’infrastructure qui absorbent une grande
quantité de main d’œuvre. Dans cette optique, l’adaptation d’un nouveau code des
investissements au système de la Communauté Est Africaine s’avère urgente pour
promouvoir l’industrie locale et l’adapter à l’environnement technologique
quitte à faire face à la concurrence farouche des opérateurs de la sous région.
I.B
: Apparemment, au niveau du
gouvernement on observe malheureusement une absence de vision et de stratégie
nationales pour en découdre avec le marasme économique qui ronge le pays,
accentuant ainsi la pauvreté surtout dans les zones rurales. Qu’en pensez-vous ?
J.B
: S’il est objectivement
prouvé qu’il y a absence de vision et de stratégie au sein du gouvernement, je
risquerai de croire à une malédiction. A mon avis, je pense qu’il faut plutôt
parler de distraction au niveau de la coordination des actions et cela n’est pas
généralisé car je sais qu’il y a des ministres qui bûchent très sérieusement. Il
est manifestement vrai qu’aujourd’hui on assiste à une politique de populisme
aux dépens des actions concrètes de développement mais cela ne signifie pas
qu’il y a absence de vision et de stratégie. Je dis ceci car je sais que le
gouvernement dispose des outils nécessaires pour mener des actions en faveur du
développement de notre pays. On peut par exemple citer le programme du
gouvernement fondé sur la bonne gouvernance et la relance économique pour une
réduction progressive de la pauvreté, le Cadre Stratégique de Croissance et de
Lutte contre la Pauvreté (CSLP) qui vient d’être présenté aux bailleurs de fonds
et partenaires de développement, les politiques sectorielles des ministères. Ces
différents documents peuvent être complétés par les Objectifs du Millénaire pour
le Développement qui sont une référence mondiale. A partir de ces documents, il
est possible pour chaque secteur de la vie socio-économique de se fixer des
objectifs susceptibles d’attirer l’appui des bailleurs de fonds. Compte tenu des
priorités, le gouvernement doit également allier capacité et
efficacité.
I.B
: Excellence, cette crise
politique est entrain d’affecter le secteur financier burundais. Etes-vous de
cet avis ? Si oui, comment pouvez-vous l’expliquer ?
J.B
: Pour me permettre de
mieux répondre à votre question, je vous demanderais d’être précis.
I.B
: On aimerait vous entendre
sur le cas de vente des actions de la BELGOLAISE qu’elle détient à la BCB. Il se
pourrait qu’il y a eu des interférences qui seraient à l’origine du blocage. Il
y a même certaines langues qui lient cette affaire à ce qui s’est passé dans la
modification de la structure de l’actionnariat de la SOCABU car, dit-on, ce sont
les mêmes personnes qui cherchent par tous les moyens à acquérir des actions à
la BCB.
J.B
: (rires) : Comme tout
burundais, j’ai suivi de près ce qui s’est passé à la SOCABU quand on a parlé de
l’augmentation de son capital. Pour mieux comprendre le plan qui avait été opéré
dans cette société, il faut partir des chiffres ci-après :
Avant l’augmentation du capital :
1. ETAT : 25 %
2. Groupe RUJUGIRO : 13 %
3. I.B.B : 9 %
4. AUTRES : 53 %
Après l’augmentation du capital :
1. Groupe RUJUGIRO : 39 %
2. I.B.B : 24 %
3. ETAT : 8 %
4. AUTRES : 28 %
Les chiffres susmentionnés montrent que la part de l’Etat passait de 25 à 8%
tandis que RUJUGIRO et I.B.B se taillaient la part du lion en passant de 22 à 64
%. Dieu merci, la structure du capital a été ramenée à la situation initiale.
Le changement dans l’actionnariat de la SOCABU n’est pas du tout mauvais dans la
mesure où l’Etat doit cesser d’être un intervenant direct dans ce genre
d’activité, mais il faut analyser en profondeur le but recherché par ceux qui
cherchent à être majoritaire. Pour le cas précis de la SOCABU, celle-ci joue un
rôle très important dans le système financier burundais étant donné qu’elle
détient des actions non négligeables dans les grandes banques commerciales
telles BANCOBU, BCB et SBF.
De ce qui précède, il y a lieu de déceler que l’augmentation du capital de cette
société était une privatisation sauvage déguisée ayant comme objectif le
contrôle de l’ensemble du secteur financier national. L’impact sur les
institutions de l’Etat ne serait pas non plus à écarter. Voilà en quelques mots
ce que je peux dire sur le cas de la SOCABU.
I.B
: Merci Excellence pour cet
éclaircissement à propos de l’affaire SOCABU même si la solution a été
heureusement trouvée à temps. Mais, vous n’avez pas donné votre point de vue sur
le cas de cession des actions de la BELGOLAISE détenue à la BCB.
J.B
: J’allais justement en
parler. Franchement, c’est par la voie des ondes que j’ai appris que la
BELGOLAISE comptait vendre les actions qu’elle détient à la BCB mais que I.B.B
souhaiterait faire partie de la nouvelle structure de l’actionnariat de la BCB à
hauteur de 15%. L’idée de I.B.B en soi n’est pas mauvaise si elle ne cache pas
un but de nature à renforcer le monopole privé entre les mains de quelques
individus. S’il advenait que le but recherché est de dicter la politique
économique et financière par un groupe d’individus visant l’intérêt personnel au
mépris de l’intérêt général, l’autorité monétaire doit être vigilante et laisser
la BELGOLAISE le droit de céder ses actions aux groupes de son choix. C’est
d’ailleurs la meilleure solution dans la mesure où il est déjà connu que le
choix de la BELGOLAISE porte sur les groupes de renommée internationale qui ont
déjà fait preuve de leur expérience dans le secteur financier.
I.B
: Le gouvernement, à
travers la ministre des finances, vient de retirer sa confiance en la personne
de monsieur Prime NYAMOYA , A.D.G de la BCB. Dans les milieux politique et
financier on parle de l’influence du patron de I.B.B, monsieur Callixte MUTABAZI
dans la prise de cette décision. Qu’en pensez-vous ?
J.B
: Moi aussi je voudrais
vous poser la question suivante : Pourquoi monsieur Callixte MUTABAZI aurait
intérêt à ce que monsieur Prime NYAMOYA soit démis de ses fonctions ?
I.B
: Selon nos enquêtes,
monsieur Prime NYAMOYA aurait énergiquement soutenu la position de la BELGOLAISE
de vendre ses actions aux groupes de son choix. Alors, cela n’aurait pas plu au
patron de I.B.B et celui-ci aurait joué toutes les cartes pour convaincre les
décideurs que monsieur Prime NYAMOYA constitue un obstacle à la participation de
I.B.B dans l’actionnariat de la BCB.
J.B
: Merci pour cet
éclaircissement. En fait, ces derniers temps, le nom de Callixte MUTABAZI a été
trop médiatisé comme quoi il cherche à acquérir des actions chez BCB dans le
cadre de la vente des actions que la BELGOLAISE y détient. Personnellement, je
ne voudrais pas m’appesantir sur le nom de cette personne mais s’il est confirmé
que tout ce qu’on raconte sur lui s’avère vrai, ce serait dommage. Je dirai
seulement que comme les temps changent, les hommes changent aussi, il faut donc
donner le temps au temps. Quant à monsieur Prime NYAMOYA, je salue le
courage, la fermeté et la détermination qui le caractérisent dans la gestion de
la banque BCB. Cela fait de lui un homme responsable, patriote et intègre qui se
bat pour asseoir une concurrence honnête et non un monopole privé dans le
secteur financier. Le pays a besoin des gens comme monsieur Prime NYAMOYA qui
mettent en avant l’intérêt général au lieu de l’intérêt purement personnel.
I.B
: Excellence, certaines
langues disent, à tort ou à raison, que vous êtes un pro-RADJABU. En êtes-vous
fier ?
J.B
: (rires) Je ne suis pas du
tout d’accord que certaines personnes mal intentionnées disent que je suis un
pro-RADJABU ou un RADJABISTE. Moi, Jean BIGIRIMANA, suis pour la légalité,
c'est-à-dire que je ne supporte pas celui qui cherche à travailler en dehors des
textes aussi bien légaux que règlementaires. Cet esprit me pousse donc à
soutenir l’Honorable Hussein RADJABU parce que lui aussi a été contre le congrès
irrégulier et illégal de Ngozi. Ma fierté se fonde sur l’idéologie du parti
CNDD-FDD pour laquelle l’Honorable Hussein RADJABU s’est longuement battu et qui
a permis à ce même parti de gagner les élections de 2005.
I.B
: Apparemment, vous restez
attaché au parti CNDD-FDD.
J.B
: Pour être franc avec
vous, je reste attaché aux statuts et règlement d’ordre intérieur du parti CNDD-FDD
reconnus par le congrès extra-ordinaire de GITEGA du 7 au 8 Août 2004 et aux
résolutions et recommandations du congrès extra-ordinaire tenu en 2005 au Centre
islamique à BUJUMBURA. Vous comprenez donc bien qu’il existe deux courants
politiques c'est-à-dire ceux qui restent attachés au congrès de GITEGA et ceux
qui soutiennent celui de NGOZI.
I.B
: Excellence, vous avez été
convoqué plusieurs fois au parquet général de la république. De quoi s’agit-il
au fait ?
J.B
: De mémoire, vous vous
souvenez que tous les hauts cadres du parti CNDD-FDD qui n’ont pas approuvé le
congrès de Ngozi ont été immédiatement démis de leurs fonctions. C’est dans
cette vague de la chasse à la sorcière que j’ai été limogé. Peut-être que cela
ne suffisait pas, il fallait inventer des griefs graves à ma charge pour
m’accuser injustement, ce qui a été fait. Sur fond de montage fallacieux, j’ai
déjà subi trois interrogatoires au parquet général de la république m’accusant
d’avoir participé à une réunion dont l’objet était la création d’une rébellion.
Ceux qui sont derrière cette fausse rébellion cherchent à déplacer les problèmes
réels du parti CNDD-FDD. Moi et les autres sommes poursuivis parce que nous
refusons carrément de soutenir les résultats issus du congrès illégal et
irrégulier de NGOZI. C’est donc une sorte d’intimidation.
I.B
: Est-ce que vous vous
sentez menacé ?
J.B
: Eh bien, les menaces ne
manquent pas mais elles ne me changent pas du tout. Même les menaces de mort ne
signifient rien chez moi car chaque jour qui passe me rapproche de l’éternité.
Je dis cela parce que la mort est un passage obligé pour tout être humain vers
une autre vie. Même les assassins ou les commanditaires d’assassinats finiront
par s’éteindre. Pourquoi alors tuer des gens qui doivent mourir un jour. C’est
comme les lois qui consacrent la peine de mort. A quoi bon de condamner les gens
à une peine capitale alors qu’après tout ils devront naturellement mourir.
I.B
: Auriez-vous un message à
donner au peuple burundais ?
J.B
: Le Burundi a eu le Prince
Louis RWAGASORE comme héros de l’Indépendance, Melchior NDADAYE comme
héros de la Démocratie. Cette fois-ci le Burundi a besoin d’un héros de
la Résistance en vue d’une paix et d’un développement durables.
I.B
: Au nom de toute l’équipe
d’INFO-BURUNDI.NET, merci Excellence.
J.B
: C’est moi qui vous
remercie.
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