Qui pilote la diplomatie burundaise ?
Le 01 décembre ‘07
Qui pilote la
diplomatie burundaise ?
Par
NEZA
Aline
Sincèrement, on ne sait plus la personne qui pilote la diplomatie burundaise
depuis l’avènement du Parti CNDD-FDD au pouvoir (2005). Et partant, on
s’interroge sur la destination et l’utilisation des fonds collectés à travers la
coopération internationale! Madame la Ministre Antoinette BATUMUBWIRA ne
s’en soucie guère; son seul souci est de garder son fauteuil ministériel afin de
continuer à bénéficier de la grâce présidentielle nécessaire pour occuper
éventuellement la Présidence de la Commission de l’Union Africaine! En
serait-elle capable alors que sa prestation au Ministère des Relations
Extérieures et de la Coopération Internationale est presque nulle? En témoignent
les quelques exemples suivants:
1. LES NON-DITS DE LA VISITE DU PRESIDENT SOUDANAIS AU BURUNDI
La coopération entre le Burundi et la Soudan date de longtemps. En effet, ces
relations ont vu le jour au moment où l’Honorable Léonard NYANGOMA était
encore à la tête du CNDD. Des fonds colossaux ont été ainsi octroyés à ce
Mouvement pour l’acquisition des armes et munitions. Ces rapports de coopération
ont été poursuivis par Al Hadj Hussein RAJABU qui a su les consolider au
profit du CNDD-FDD notamment dans le domaine de l’assistance technique
militaire. Aujourd’hui, de nombreuses visites sont effectuées par diverses
personnalités burundaises à la tête desquelles Son Excellence Pierre
NKURUNZIZA. Des aides sont gracieusement octroyées mais on ignore leur
destination. Il est néanmoins regrettable de faire remarquer que les techniciens
du Ministère de Relations Extérieures et de la Coopération Internationale ne
sont jamais associés aux préparatifs desdites visites. Tenez. Tout dernièrement,
le Président de la République du Burundi a effectué une visite à Khartoum au
cours de laquelle un don de 2 millions dollars lui aurait été remis en vue de
contribuer à résoudre, semble-t-il, les multiples difficultés auxquelles fait
face le Parti CNDD-FDD. Les dignitaires dudit Parti ignorent la destination de
cette fortune, chose qui crée un climat de malaise au sein du CNDD-FDD.
Bien plus dans les milieux politiques et diplomatiques, on s’interroge sur la
nature de la visite du Président soudanais. S’agissait-il d’une visite d’Etat,
d’une visite officielle, d’une visite privée ou d’une visite de travail? Inutile
de poser la question au Protocole d’Etat parce que le responsable ne serait pas
du tout capable d’y répondre…
De toutes les façons, celle-ci a été émaillée de nombreuses défaillances qui
suscitent interrogations et étonnements. On citerait à titre d’exemple le
financement des projets à caractère purement privé tels que l’Université de la
Paix à Bwiza ainsi que la radio religieuse SALAMA, deux projets initiés par le
Cheikh Mohamed RUKARA, bras droit du Président NKURUNZIZA, qui
vont bénéficier d’un don de six cent mille dollars (600.000$) alors que l’Etat
burundais n’a été associé ni de près, ni de loin à la confection du dossier y
relatif. Qu’elle serait alors la place du Gouvernement dans la gestion de cette
Université et de cette radio privées parce que ce montant constitue une
contribution octroyée au nom du Gouvernement burundais. D’autre part, des
montants qui s’élèvent à plus ou moins 3 millions de dollars US et 2 millions de
dollars seront octroyés au Président de la République et à son épouse au mois de
janvier 2008 pour financer respectivement les travaux de construction du Stade
et autres infrastructures sportives et sociales à NGOZI et du Centre UBUNTU.
Quelle serait alors la part du Gouvernement burundais dans la gestion de ces
projets?
Par ailleurs, qui pourrait s’imaginer un seul instant que le Chef du Protocole,
sur instruction de son patron, a curieusement interdit à toutes les
personnalités burundaises présentes à NGOZI d’accompagner les deux Chefs d’Etat
lorsqu’ils sont allés visiter les deux projets du couple présidentiel!
2. DES DEPLACEMENTS OFFICIELS ONEREUX ET INUTILES
Le Président de la République s’apprête à effectuer des visites en Egypte, en
Libye et au Maroc et très prochainement au Bénin, au Togo et au Nigeria alors
que les caisses de l’Etat ont été vidées par ses proches collaborateurs et que
le pays fait face à une recrudescence de la criminalité sur toute l’étendue de
la République.
a) La Libye
Avec la Libye, le Burundi a plusieurs dossiers à traiter. En effet, de nombreux
crédits ont été octroyés par ce pays par voie informelle. De ce fait, les
techniciens du Ministère des Finances refusent d’avaliser le remboursement de
ces crédits qui s’évaluent à des centaines de milliers de dollars.
b) Le Nigeria
Le Togo, le Bénin… la véritable destination est le Nigeria ! Avec le Nigeria,
c’est un scandale qui va se produire dans les prochains jours et le Cabinet
présidentiel en est conscient, raison pour laquelle il a dépêché son Chef de
Cabinet, Monsieur Melchior WAGARA, au Nigeria dans la plus grande
discrétion. Son séjour à Abuja consistait principalement en la reconduction du
marché gré à gré à une société nigériane pour la vente du pétrole octroyé au
Burundi alors que la loi en la matière indique bel et bien qu’un marché de plus
de cinq millions de FBU ne peut être attribué que conformément aux procédures
d’appel d’offres. D’autre part, il était chargé de faire disparaître toutes les
traces et références sur la quantité du pétrole déjà vendue et la liste des
dignitaires du CNDD-FDD qui bénéficient de cette manne pétrolière. Cette mission
a été bien accomplie mais Monsieur WAGARA a oublié qu’il s’agit d’un
secret de polichinelle au sein du Parti CNDD-FDD. En effet, le partage du butin
étant inéquitable, nombreux sont ceux qui recommandent la résiliation du contrat
avec cette société nigériane. Il leur manque par conséquent un détonateur pour
faire exploser cette bombe.
D’autres sources émanant du CNDD-FDD estiment qu’il est injuste d’accuser ce
parti d’avoir trempé dans ce dossier alors que cette transaction date d’avant
les élections de 2005. Elles suggèrent par conséquent de mener d’abord une
enquête auprès du Parti FRODEBU qui a initié ce dossier au lieu de s’en prendre
directement au CNDD-FDD. Nos sources ont contacté l’un des diplomates affectés à
Abuja mais celui-ci a refusé de s’exprimer sur cette question qui est devenue un
sujet tabou, arguant qu’il s’est fait tirer par le nez pour avoir échangé avec
un dignitaire du CNDD-FDD sur l’évolution de ce dossier. Aussi, nous a-t-il
renvoyé à son supérieur qui a refusé de faire un quelconque commentaire.
Dans le même ordre d’idées, une société indo-nigériane introduite au Burundi par
le Commissionnaire KWIZERA Dieudonné, actuel Deuxième Conseiller à
l’Ambassade du Burundi au Nigeria et présentement employé à ladite société, a
largement contribué à la signature en Janvier 2007 du contrat entre le
Gouvernement du Burundi et ladite société pour la confection des nouveaux
passeports et cartes d’identité nationales pour un montant pharamineux. La
commission ou pourboire a été empochée par l’intéressé. Il s’agit encore une
fois d’une violation flagrante de la loi. Sont impliqués dans ce dossier
l’actuel Chef de Cabinet militaire du Président de la République, le Général
Evariste NDAYISHIMIYE et l’ex Chef de Cabinet Civil du Président, Monsieur
Martin MBAZUMUTIMA. Est-ce que le Burundi a vraiment besoin de nouveaux
passeports alors qu’il en dispose déjà depuis peu de temps? Qu’en dit Madame
Antoinette BATUMUBWIRA, Ministre des Relations Extérieures et de la
Coopération Internationale, détentrice de tous les Accords entre le Burundi et
les partenaires publics et privés étrangers?
Il faut que le parlement se penche rapidement sur cette question.
3. Imbroglio politico diplomatique au
Ministère
c) RAPPEL DE L’AMBASSADEUR BURUNDAIS EN SUISSE
L’Ambassadeur du Burundi en Suisse vient de regagner son poste il y a une
semaine. En effet, il lui est reproché d’avoir eu des entretiens avec
l’Ambassadeur de TAIWAN à Genève au cours desquels il a eu la maladresse
d’affirmer que le Burundi reconnaît TAIWAN et que notre pays est prêt à nouer
des relations diplomatiques avec ce dernier! La réaction de la Chine
continentale ne s’est pas fait trop attendre. L’Ambassadeur chinois au Burundi
s’est présenté au Ministère des Relations Extérieures et de la Coopération
Internationale pour protester et demander des explications, car il s’agit, en
réalité, d’un signe d’ingratitude envers ce grand bienfaiteur du peuple
burundais.
Le non-dit est que cet Ambassadeur serait, avant tout, accusé d’être l’un des
initiateurs d’un groupe d’opposition au sein du Parti CNDD-FDD qui mène ses
activités à partir de l’extérieur du Burundi assisté par un ancien Ministre. Il
paraît que le travail déjà accompli est très apprécié par les ABAGUMYABANGA de
la diaspora. Notez que ce groupe n’a aucun lien avec le groupe de Hussein
RADJABU: ils ont tout simplement un objectif commun: le départ de
Pierre NKURUNZIZA
d) RAPPEL DE L’AMBASSADEUR BURUNDAIS A PARIS
C’est triste qu’un Ambassadeur aussi compétent et expérimenté que Monsieur
NKERAMIHIGO puisse être rappelé au pays parce que tout simplement membre du
Parti MRC. Le Gouvernement aurait dû penser d’abord à la scolarité des enfants
et aux perturbations qui s’en suivront au niveau familial.
4. CONCLUSION
Il y a lieu d’affirmer qu’en politique, il n’est pas interdit d’imiter les bons
exemples même s’ils sont initiés par votre adversaire et quelque soit le degré
d’antagonisme entre vous. Ce n’est pas le cas chez ce sportif qui a eu le
privilège d’être propulsé gracieusement à la tête du pays malgré ses nombreuses
défaillances. Les cadres compétents ne manquent pas chez les hutu et les tutsi.
Néanmoins, les rares compétences qui sont autour de lui ne sont ni consultées ni
écoutées. Il préfère vivre avec des courtisans médiocres qui lui font commettre
des erreurs politiques qu’aucun autre Chef d’Etat burundais n’a commises durant
son mandat. Bref, ce régime politique est identique à celui de Mugabe de
ZIMBABWE.
Ainsi, le Burundi actuel fait inexorablement et à une vitesse de croisière une
descente aux enfers à cause tout simplement du mauvais entourage caractérisé par
une culture de médiocrité, une boulimie politicienne et un esprit de lucre
jamais connus dans les annales de l’histoire politique du Burundi.
Toujours est-il que, les dossiers des malversations financières dont la vente
illicite de l’avion présidentiel, le dossier INTERPETROL ainsi que le dossier «
Nouveaux Passeports burundais » pour ne citer que les trois, constituent une
pomme de discorde à la tête du Parti CNDD-FDD. Concernant le dossier Pétrole
nigérian dont les éléments sont entrain d’être rassemblés par les Groupes
d’opposition au sein du CNDD-FDD (Groupe RADJABU et Groupe MAHWERA) sera, à n’en
pas douter, une goutte qui va faire déborder le vase et entraîner en
conséquence la chute prématurée mais inéluctable de l’actuel Président de la
République.
C’est son entourage qui a induit le Président NKURUNZIZA en erreur en l’amenant
à rompre avec son compagnon de lutte, Al Hadj Hussein RAJABU et à
l’emprisonner sans motif valable. Il est grand temps que le Président
NKURUNZIZA se ressaisisse en se séparant notamment de ces politiciens véreux
sinon le vent du changement au sein de son Parti et de la nation burundaise
risque de l’emporter en même temps que la “
bande de quatre” composée de Adolphe, Muhamed, Manassé et
Evariste.
Burundi Transparence
