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Déclaration du CNDD au sujet du dernier
gouvernement du Burundi
Le 01 décembre ‘07
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Le parti d’opposition CNDD,
porte
à la connaissance de l’opinion
nationale et internationale ce qui
suit.
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1.
Après plusieurs mois de blocage, dû entre autres à la non observation de
l’article 129 alinéa 2 de la constitution relatif à la composition du
gouvernement qui dispose que : " Les membres proviennent des différents partis
politiques ayant réuni plus d’un vingtième des votes et qui le désirent. Ces
partis ont droit à un pourcentage, arrondi au chiffre inférieur, du nombre total
de Ministres au moins égal à celui des sièges qu’ils occupent à l’Assemblée
Nationale ", le gouvernement a été enfin mis en place le 14 novembre 2007.
2.
Aux termes de la constitution du Burundi : " Le principe de la République du
Burundi est le Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. "
(article 6) et " La fonction du régime politique est d’unir, de rassurer et de
réconcilier tous les burundais. Ce régime veille à ce que le Gouvernement mis en
place soit au service du peuple burundais, source de son pouvoir et de son
autorité.
Le Gouvernement
respecte la séparation des pouvoirs, la primauté du droit et les principes de la
bonne gouvernance et de la transparence dans la conduite des affaires publiques.
" (article18)
3.
Malheureusement, la composition de ce gouvernement a obéi plus à la
préoccupation de " partager le gâteau " et à des motifs de stratégie
politicienne qu’à une volonté résolue de rompre avec l’immobilisme et les
travers dénoncés unanimement. A part quelques personnalités reconnues pour leur
intégrité et leur sens élevé de l’intérêt national, force est de reconnaître la
présence au sein du gouvernement de ministres dont la place est ailleurs à cause
de leur incompétence ou de leur passé terni par des actes antidémocratiques et
contraires à la loi.
4.
En effet, le deuxième vice-président a été reconduit malgré le brouillard épais
qui l’entoure dans le dossier interpétrole qui a fait perdre au trésor Burundais
des milliards et des milliards de Francs Bu. Le maintien de l’actuel deuxième
vice-président à cette position de confiance ne fait que renforcer les doutes
sur la capacité de ce nouveau gouvernement
D’autres quant à eux
ont déjà prouvé leurs faiblesses lorsqu’ils préfèrent abandonner la voie de la
légalité au profit de leur inféodation à leur parti dans leurs manigances contre
les partis d’opposition et leurs dirigeants, notamment lors du dossier des faux
putschistes, du dossier des journalistes, du dossier des assassinats de Muyinga
et de la levée illégale de l’immunité parlementaire de certains députés etc..
Que pouvons-nous attendre d’un membre du gouvernement qui a montré sa partialité
et son incapacité à conduire une bonne gestion de la chose publique conformément
à la loi qu’il était sensé mettre au-dessus de tout en tant que responsable de
la branche législative de l’Etat. Son passage à la présidence de l’Assemblée
nationale a été caractérisé par une gestion opaque, frauduleuse et égocentrique
du bien public, par la levée illégale et erratique de l’immunité parlementaire
de députés que son parti jugeait indésirables, et par la volonté délibérée de
soustraire les ministres indélicats aux questions orales des députés en violant
ainsi l’article 203 de la constitution.
Durant ces deux
dernières années post transition, tout le monde s’accorde sur le fait que la
sécurité n’a fait que se détériorer, en partie par la faute des autorités à la
tête du système de sécurité et de renseignement qui n’ont pas mis en place les
mesures et les mécanismes appropriées pour combattre ce fléau .Peut-on espérer
une amélioration substantielle dans ce secteur vital et hautement sensible ?
Plus grave encore, le
ministre ayant en charge l’éducation nationale, dans son arrogance habituelle,
est un des plus insensibles aux conseils et critiques de toutes parts : des
parlementaires, des représentants des parents d’élèves, de la société civile,
dans la gestion désastreuse relative à l’emplacement de la zone de rassemblement
des dissidents du FNL à proximité du Lycée de Cibitoke. Il est impensable et
inimaginable qu’un ministre de l’éducation nationale garde la sourde oreille
face à un problème d’une telle ampleur en rapport avec la sécurité des enfants.
5.
Le CNDD félicite le Chef de l’Etat et le premier vice-Président pour le départ
du gouvernement de quelques ministres corrompus, inconscients, arrogants et
devenus une menace active pour la sécurité et la crédibilité des institutions.
Il attend impatiemment la publication d’un programme minimum d’urgence pour
redresser la situation sécuritaire, économique et sociale qui est des plus
préoccupantes.
6.
En tout état de cause, le gouvernement ne sera crédible que :
a.
S’il arrête définitivement la guerre et conclut les négociations avec les FNL-PALIPEHUTU.
C’est la condition indispensable pour relancer toutes les activités de la vie
politique et socio-économique, les temps de la guerre sont révolus.
b.
S’il récupère la différence entre le prix de vente normal et le prix au rabais
auquel était illégalement vendu le Falcon 50 présidentiel.
c.
S’il ordonne l’arrestation et le jugement impartial des auteurs des assassinats
de Muyinga et ailleurs.
d.
S’il ramène dans les caisses de l’Etat les quelques 200 milliards de franc bu
détourné du trésor public par des malversations de tout genre,
e.
S’il montre sa détermination à mettre fin à l’impunité en général en ordonnant
des enquêtes sur les dossiers les plus scandaleux : assassinats, faux complots
et torture, cas de corruption (Interpetrol, du Falcon 50, Route Bujumbura-Rumonge
etc.)
f.
S’il prend des mesures favorisant la justice sociale en mettant en place une
politique salariale équitable, progressant harmonieusement au lieu d’instaurer
une fonction publique à plusieurs vitesses et déséquilibrée avec des privilégiés
et de rentiers politiques à vie tels que les anciens Chefs d’Etat.
g.
S’il prend des mesures concrètes et convaincantes pour réduire visiblement la
pauvreté dans laquelle croupit l’immense majorité des burundais.
h.
S’il se montre réceptif aux critiques et suggestions de l’opposition et de la
société civile en accordant toute son attention aux questions politiques
majeures que le CNDD a mis en évidence en faisant des recommandations
pertinentes lors de son 6ème bilan sur l’action du régime à, savoir :
- La paix, la sécurité
et le désarmement des civils.
- L’impunité.
- L’équité politique et
administrative
- La question
électorale.
Fait à Bujumbura le 30
novembre 2007
Pour le CNDD
L’honorable
Léonard NYANGOMA
Président
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