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Décidément les responsables de notre pauvre
Burundi ne cesseront de nous étonner. Le 06 avril ‘07
Après la guerre, la famine est devenue le nouveau fléau burundais.
C’est devenue un phénomène à répétition comme les saisons climatiques.
Elle frappe de nouveau pour la énième fois les provinces du Burundi.
Ce ne sont pas les terres fertiles qui manquent, il suffit de sillonner le pays
pour voir la verdure qui domine les marais du Burundi non exploités en pleine
période de saison sèche et aucun gouvernement n’a songé à mettre en place une
vraie politique de lutte contre la famine.
Le gouvernement a instauré une mesure qui vise à prélever un certain montant sur
chaque maigre salaire des fonctionnaires de l’Etat destiné à nourrir la
population mais aucune communication sur les montants prélevés. Qui dit que cet
argent ne construit pas des villas ou building à la Ndayizeye pour nos
dirigeants actuels ?
Les ONG internationales font de leur mieux pour secourir cette population
affamée mais à chaque niveau, les intermédiaires administratifs se servent. Les
gouverneurs s’y mettent à volonté, les administrateurs aussi et les chefs de
colline. Et c’est toujours le paysan affamé qui continue à en pâtir.
La famine est devenue une catastrophe lucrative. Les produits destinés à nourrir
les affamés se retrouvent au marché et sont achetés chers.
Et oui, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les grandes catastrophes
enrichissent les plus malins et les puissants.
Le président Pierre Nkurunziza se targue d’être riche dans un pays où le taux de
pauvreté touche presque 100% de la population et de l’entendre lui-même dire «
Jewe ndafise amafranga, kandi ntimumbaze aho ndayakura » qui signifie « Moi je
suis riche, j’ai de l’argent et surtout ne me demandez pas où je trouve mon
argent ». Le peuple burundais ou la Cour de Compte lui demandera un jour où il a
trouvé tout cet argent qu’il distribue à tout passant.
Très insouciant, Mr. le président quand il sent que sa journée n’est pas bien
meublée, il sort et fait des tours dans la ville de Bujumbura, il se rend dans
des endroits où le peuple n’attend rien de lui, soit il va jouer au football,
son sport favori, de 15h30 à 18h et après c’est le temps de sillonner dans des
Eglises de réveil avec sa Chorale « komeza gusenga » et de la prière à sa
résidence.
Chaque fois qu’il a le dégoût du travail ou qu’il a marre de son bureau du
Boulevard de l’Uprona, Mr. le président se fait inviter par n’importer quel chef
d’Etat de son choix et hop, il saute dans le premier vol avec toute une
délégation tirée à la volée et fait le tour du monde pour presque une semaine.
Au moment où le peuple burundais meurt de faim et de misère, alors que ce peuple
a besoin du soutient du chef de l’Etat ou c’est peut être le chef d’Etat qui a
besoin de ce soutien de la part de la population, le voilà toujours en grand
touriste chez notre voisin du Nord, le Rwanda, où il a eu l’occasion de visiter
l’Institut de Science et de Technologie à Kigali et de se pavaner dans la région
de Bugesera ; mais pendant les grèves incessantes dans nos Instituts et
Universités, il va se réfugier dans ses prières pour trouver une solution à ces
mouvements de grèves.
Avant son voyage au Rwanda, Mr. le président était dans son Ngozi natal et s’est
joint aux chrétiens pratiquant du dimanche pour participer au culte religieux,
comme à ses habitudes.
Dans son message à tous ces chrétiens réunis pour la prière, Mr. le président a
considéré que ceux qui sont aux prises avec les affres de la famine et de la
maladie le méritent, puisqu’il s’agit des pécheurs invétérés. C’est ainsi qu’en
guise de corbeille du jour, le président leur a demandé de se repentir et de ne
plus pécher.
Les membres du gouvernement burundais avec le président en tête ont suffisamment
sillonné des communes et collines du pays pour s’imprégner de la réalité
journalière des burundais.
Par là, ils connaissent à fond les difficultés et la pauvreté qui accablent ceux
qui les ont mandatés.
La tâche de nos responsables est alors de proposer des solutions durables et de
les mettre en œuvre rapidement.
Le Burundi puise son espoir principalement dans l’appui des bailleurs de fonds à
travers la présentation de son Programme d’Action dans un plan stratégique
appelé : Cadre Stratégique de croissance économique et Lutte contre la Pauvreté
(CSLP).
Curieusement, le ministère qui doit coordonner l’élaboration de ce plan et la
préparation de la Table Ronde des bailleurs de fond, c'est-à-dire le Ministère
de la Planification du développement et de la Reconstruction est en perpétuel
changement de titulaires (quatre ministres sur environ une année : Mme Goreth
Nizigama, Mr. Dieudonné Ngowembona, Mr. Jean Bigirimana, Mr. Abdallah Tabu
Manirakiza, peut être un autre ministre dans un imminent remaniement
ministériel).
Jusqu’ici les burundais ne savent pas quand cette Table Ronde aura lieu. Elle
était initialement prévue en Novembre 2006, puis Mars 2007.
Il est temps que le président et les vice-président soient stables et cohérents
dans leurs activités et qu’à partir de leurs « bureaux » respectifs, coordonnent
le travail des ministres, au lieu de voir tout le gouvernement se comportait en
touristes permanents sur les collines du pays ; c’est bien de donner quelque
kilo de riz, sans haricots ni légumes, comme l’a fait la ministre de la
communication Mme Hafsa Mossi dans Bujumbura rural, mais c’est plutôt mieux et
responsable de préparer des solutions durables.
Par Aloys Gahungu
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