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Le culot monstre du porte-parole du CNDD-FDD!
Par BIRIHANYUMA Grégoire
Le 06 août 10
En observant la fureur avec laquelle le pouvoir NKURUNZIZA s'acharne sur l'ADC-IKIBIRI en général et sur le Parti F.N.L. en particulier, il est en train d'apporter la preuve de son illégitimité, de sa faiblesse et de sa lâcheté. Même l'électorat du CNDD-FDD commence à regretter son vote. Qu'il ne désespère pas. L'heure n'est pas au découragement. Qu'il rejoigne et renforce plutôt le camp de l'ADC-IKIBIRI.
En effet cette coalition "arc-en-ciel" a l'avantage, à mon avis, d'incarner le renouveau démocratique, d'être richement pluraliste, mais avec un même dénominateur commun, celui du strict respect de la démocratie pluraliste justement. L'ADC-IKIBIRI est vraiment à l'image du pouvoir idéal qui garantisse la tolérance, la sécurité pour tous, le respect des lois, à commencer par le code électoral et la constitution, aujourd'hui foulés allègrement au pied!
Demain les démocrates reviendront au pouvoir par les urnes. Le chef de l'exécutif bénéficiera des conseils avisés de ses alliés, sous la surveillance du peuple qui, à travers ses élus, exercera réellement le contrôle du pouvoir. Le Président comme tous les élus ne feront pas n'importe quoi, conscients qu'ils auront des comptes à rendre au terme de leurs mandats respectifs.
C'est le mépris des électeurs, aggravé par un manque d'égard vis-à-vis des règles du jeu démocratique qui vient de pousser le pouvoir NKURUNZIZA à refuser d'affronter le verdict des urnes. Pourtant il devra s'y résoudre. D'autant plus que le pouvoir de l'ADC-IKIBIRI, comme tout pouvoir démocratique et légitime, aura besoin d'une opposition solide pour ne pas retomber dans les dérives autocratiques actuelles.
Mais pour mieux comprendre l'entêtement du CNDD-FDD, il n'est pas inintéressant de faire un bref retour en arrière sur la soirée électorale du 24/05/2010. Je viens de retrouver des éléments qui montrent à suffisance que les fraudes électorales n'ont pas été improvisées, mais minutieusement préparées. L'avenir pourrait d'ailleurs nous réserver des surprises!
Je me suis amusé à repasser en revue les réactions, à chaud du porte-parole du CNDD-FDD, Monsieur NDUWIMANA Onésime, aux résultats "provisoires" du 24/05/2010. Sa jubilation entendue dans sa voix sur différentes antennes de radios était plus que suspecte. J'aurais bien aimé le voir à la télévision pour décortiquer et analyser son visage. Ce sont des images d'archives à garder précieusement.
Comme pour narguer les électrices et les électeurs burundais qui n'ont toujours pas eu la possibilité (et n'en auront jamais) de se faire communiquer les vrais résultats issus des élections du 24/05/2010, l'illustre porte-parole du CNDD-FDD a osé taxer de « mauvais perdants » les partis qui maintiennent leur refus d'accepter ce qu'il faut bien appeler un "coup d'état électoral" du trio NDAYICARIYE (et son staff), NKURUNZIZA et NGENDAKUMANA Jérémie!
D'abord il convient de rappeler que, en toute objectivité, aucun concurrent ne peut s'arroger le droit de traiter son adversaire de "mauvais perdant" à moins de détenir des preuves irréfutables qu'il est vainqueur, à l'issue de vraies élections démocratiques. Le Président de la CEN« I » a longuement traîné les pieds (en faisant semblant de calculer on se demande quoi) avant de lâcher des chiffres inventés du scrutin du 24/05/2010, mais dont la sincérité reste encore à prouver. Le fait que Monsieur NDUWIMANA Onésime se soit permis de devancer Monsieur NDAYICARIYE pour déclarer "le" gagnant et "les" perdants était déjà de mauvais augure !
D'autant plus que, à ma connaissance, il n'a fourni (et ne fournira jamais) aucune preuve pour étayer ses allégations. Nul ne peut plus s'autoproclamer vainqueur à la putschiste au Burundi d'après l'ère NDADAYE! Cette période est révolue, au cas où le porte-parole du CNDD-FDD l'ignorerait. Seuls MICOMBERO, BAGAZA et BUYOYA y ont eu recours dans l'histoire du Burundi. A croire que Monsieur NDUWIMANA Onésime est nostalgique de cette période sombre de notre histoire. C'est son droit! Peut-être évoluera-t-il !
Il aurait dû se la jouer modeste car il n' y a, vraiment, pas de quoi pavoiser. Pourquoi? Parce que, contrairement à ses affirmations péremptoires selon lesquelles "Le scrutin (...) a été transparent, libre et tout le monde l'a constaté", c'est exactement le contraire qui s'est produit, selon de nombreux témoins, y compris parmi quelques militants honnêtes du CNDD-FDD.
Et comme si ce que pensent bon nombre de ses concitoyens ne l'intéressait nullement, son culot monstre l'a poussé jusqu'à déclarer que "..les leaders des partis d'opposition sont des mauvais perdants qui ne parviennent pas à digérer la sanction que vient de leur infliger le peuple, le seul qui décide"!
Je lui ferais plutôt remarquer que, les élections seront transparentes, libres et honnêtes, cette déclaration s'appliquera au CNDD-FDD. Beaucoup de témoins anonymes le disent, preuves à l'appui. Du reste, les présidents des CEPI ont été incapables d'examiner tous les recours, tellement les dégâts causés par des militants zélés du CNDD-FDD dépassent l'entendement. Et la question que je pose à Monsieur NDUWIMANA Onésime est de savoir si son parti est prêt à accepter le verdict des urnes ou non. Pas celui des bourrages flagrants des urnes!
Je lui fais aussi remarquer que parmi les partis signataires du rejet des "pseudo-résultats", à l'exception du FRODEBU et du CNDD qui avaient des conseillers communaux depuis 2005, les autres partis de l'ADC-IKIBIRI n'avaient pas à être sanctionnés. Quant aux deux partis susmentionnés, rien ne prouve qu'ils n'auraient pas gagné des sièges si la sincérité du scrutin n'était pas en cause! De toutes les façons tout le monde a été grugé par le sieur NDAYICARIYE. D'où la nécessité absolue d'obtenir de vraies élections pour voir de vrais résultats. Il n' y a que comme cela que le peuple burundais aura les gouvernants de son choix.
Au lieu de perdre son sang-froid habituel et d'oser dire que "(...). Ces partis s'étaient fait des illusions sur leur popularité et maintenant ils essaient de semer une confusion inutile. C'est inadmissible", Monsieur NDUWIMANA Onésime (dont la mauvaise foi est à la hauteur de l'ampleur du vol des voix par son parti) aurait dû avoir la sagesse d'admettre que c'est peut-être le CNDD-FDD qui se fait toujours des illusions sur sa prétendue popularité pour tenter, à présent, de faire avaler au peuple burundais, à l'opinion internationale et aux partis d'opposition, l'inacceptable bourrage des urnes, dont lui seul est capable.
Face à un tel mépris du peuple et de la démocratie, le peuple burundais est en droit d'exiger de la CEN"I" la vérification minutieuse et exhaustive de la véracité de tous les procès-verbaux, seules preuves de fraudes ou de victoire pour qui que ce soit. Une fois que tout le monde aura découvert toutes les irrégularités présumées attribuées au CNDD-FDD, avec la complicité de la CEN"I", Monsieur NDUWIMANA Onésime "découvrira" ce qu'il feint d'ignorer depuis le début, à savoir l'insincérité évidente du scrutin du 24/05/2010.
Si Messieurs NDAYICARIYE et NDUWIMANA sont sûrs de la véracité des "résultats" attribués au CNDD-FDD (autour de 92%, puis 80% et finalement 64,3% comme moyenne nationale, et on peut se demander par quelle passe-passe magique) rien ne l'empêcherait d'améliorer encore ce score plus que enviable lors de vraies élections honnêtes, libres et transparentes, lorsque celles-ci seront organisées.
Plutôt que d'adopter un ton aussi condescendant que méprisant en allant jusqu'à prédire à l'opposition de perdre même leur "maigre score" si le scrutin était refait, l'infatigable porte-parole du CNDD-FDD serait mieux inspiré de laisser le peuple en faire la démonstration: là il serait plus crédible! Se substituer au peule en recourant au "putsch électoral" pour se maintenir au pouvoir, contre l'avis de ce dernier n'honore pas le CNDD-FDD qui avait combattu une telle méthode. A moins de vouloir provoquer une guerre de trop!
Le monopartisme, si cher au CNDD-FDD et à la CEN"I" actuelle, appartient au passé! Le peuple burundais l'a vomi à jamais le 1er juin 1993, sous la houlette de feu le Président Melchior NDADAYE. Les démocrates burundais n'ont d'autres choix que de se battre bec et ongle, par tous les moyens pacifiques pour ne pas goûter au plat insipide du monopartisme cher à Monsieur NDAYICARIYE! Sa tartuferie n'amuse pas grand monde, sauf, peut-être, Monsieur NDUWIMANA Onésime et ses amis. Elle fait plutôt la risée de notre pays.
Qui du CNDD-FDD et de l'ADC-IKIBIRI est rebelle? Le peuple se donnera l'occasion de trancher, quoique vous fassiez pour l'en empêcher, comme l'UPRONA avait tenté de le faire en 1993!
Bien mal acquis ne profite jamais. Le roi est nu!
Par BIRIHANYUMA Grégoire
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