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Burundi : Renouer le dialogue politique.
Le 19 Août 08


La crise politique que traverse le Burundi n’est pas résolue et risque à terme de déstabiliser le pays.

Le dernier briefing de l’International Crisis Group, rappelle que le processus de désarmement au Burundi commence à peine et que l’intégration du mouvement rebelle dans les institutions politiques et sécuritaires n’est toujours pas réglée. Le pays ne peut pas se permettre d’avoir perdu trois années de blocage législatif puis de passer directement aux préparatifs d’un nouveau scrutin en 2010 sans travailler à redresser en priorité la situation économique du pays.

« L’absence de dialogue constructif entre le CNDD-FDD et les partis politiques d’opposition est dommageable au bon fonctionnement des institutions et à terme à la stabilité du pays » affirme François Grignon, directeur du Programme Afrique à Crisis Group. « Il est urgent que les acteurs politiques nationaux et les partenaires extérieurs du Burundi prennent la mesure des risques existants à gouverner de façon unilatérale ».

L’impasse politique trouve son origine dans la crise qui a divisé la direction du Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) début 2007 et le refus du président Pierre Nkurunziza de conclure un accord de gouvernement avec le Front pour la démocratie au Burundi et l’Union pour le progrès national. A l’Assemblée nationale, les tensions entre partis politiques se sont aggravées sur fond d’insécurité grandissante au point de paralyser l’action gouvernementale.

Début juin 2008, le CNDD-FDD a fait pression sur la Cour constitutionnelle pour qu’elle l’autorise, en violation de la Constitution, à remplacer 22 députés dissidents par des éléments fidèles au parti. Ce passage en force autoritaire illustre une volonté de mise au pas de l’ensemble des contrepouvoirs au gouvernement.

Pour prévenir les risques de débordements violents à l’approche des échéances de 2010, il est essentiel que des consultations politiques soient menées pour décider de la composition de la Commission électorale nationale indépendante et procéder à toute révision du code électoral. De même, toute révision constitutionnelle devrait être menée sur la base des recommandations d’un Comité national de réflexion sur la réforme des institutions, rassemblant l’ensemble des sensibilités politiques et des réalités ethnico-régionales du pays.

« Les tendances autoritaires du CNDD-FDD poussent les partis d’opposition à la radicalisation » avertit Daniela Kroslak, directrice adjointe du programme Afrique de Crisis Group. « Ils pourraient être tentés de chercher des alliances avec le Palipehutu-FNL lors du nouveau scrutin, ce qui pourrait déboucher sur une nouvelle ethnicisation du discours politique et la remise en cause des acquis d’Arusha ».



Cliquer ici pour lire l’intégralité de l’analyse (Document PDF).

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