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Cri de l’OLUCOME, mutisme du ministre de l’Intérieur
(Source: Iwacu Burundi)  
 Le 27 Avril 09

Dans une récente lettre au ministre de l’Intérieur, l’OLUCOME rappelle que la Mairie continue de prélever "abusivement" des taxes sur les documents administratifs. La réaction du ministre est toujours attendue.

"L'OLUCOME ne saurait refuser un effort visant à améliorer le sort de nos citoyens les plus démunis. Mais il s'insurge contre des mesures illégales qui ne font qu'enfoncer la situation socioéconomique déjà précaire des catégories les plus vulnérables de la population." La lettre de l'OLUCOME (Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques) au ministre de l'Intérieur au mois de mars courant est catégorique. D'après cette organisation, la Mairie s'est arrogée le droit de faire payer 500Fbu supplémentaires aux frais exigés pour avoir une carte d'identité. La même somme est exigée pour l'octroi de tout autre document administratif "sans aucune base légale".

Selon les autorités municipales, cet argent est destiné aux indigents. Pourtant en 2006, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique avait demandé qu'il n’y ait pas de nouvelle taxe ou une contribution à exiger à la population. L'observatoire estime que le Maire de Bujumbura a fait une erreur quand, une année plus tard, il a imposé des paiements supplémentaires pour avoir des documents administratifs: "cette taxe illégale frappe aussi les indigents et leurs parents", précise la lettre de l’OLUCOME.

"C’est juste un geste..."
Selon Aimé Nkurunziza, chef de cabinet au Ministère de l'Intérieur, il y a un certain disfonctionnement. Mais dans le fond, continue-t-il, la Mairie et les communes n’ont pas d’autres choix que de demander un supplément sur les taxes pour subvenir à leurs besoins : "C’est un geste et non une taxe." Il indique que le budget de l’Etat n’a pas prévu la rubrique "Appui aux indigents." D’après le chef de cabinet, les gens devraient comprendre que la commune qui construit des écoles, des hôpitaux et qui aide les indigents ne peut pas indéfiniment considérer ses maigres montants vieux de plus de 20 ans. Pour lui, il fallait que l’OLUCOME veille à ce que l’argent récolté soit utilisé là où il devait être servi: "Désormais, nous allons demander au Maire de la Ville de justifier, chiffres à l’appui, comment cet argent est géré."

Mr Evrard Giswaswa, Le Maire de la Ville de Bujumbura
Le Maire de la Ville Evrard Giswaswa avait annoncé que l'argent supplémentaire imposé sur les documents devait servir à la scolarisation des indigents. Pourtant, les élèves indigents du Lycée municipal de Kinama ont nié cette prise en charge: "Nous sommes toujours chassés pour manque de minerval." Le directeur de ce même Lycée a indiqué que cet argent d'appui aux élèves indigents ne parvient à aucun directeur de la Mairie: "Avec les autres directeurs, nous avons pris la décision de ne plus accepter ces élèves."

Par ailleurs, l'honorable Evariste Nsabiyumva, président de la Commission Finances à l'Assemblée Nationale, trouve fondées les inquiétudes de l'OLUCOME. Selon lui, les frais des documents sont très élevés, il est donc anormal que la Mairie demande des frais supplémentaires sur les documents déjà chers. En plus, ajoute-t-il, le ministère de l'Intérieur ne contrôle pas l'utilisation de cet argent que la Mairie qualifie de soutien aux élèves indigents.