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Coup de colère du Chef de l'Etat... en live
(Source: Survit-B)
Le 02 juillet 10
Le Chef de l'Etat burundais ne se fait pas d'illusions sur le malaise qu'il inspire au peuple burundais auquel il vient de voler impunément la victoire sous des façades de démocratie. Et pour cause. Il se sait massivement détesté. D'abord parce qu'il tient le pays en bride depuis déjà cinq ans, qu'il a ruiné son économie, violé systématiquement et allègrement tous les droits civils et politiques et envoyé sous terres de nombreux Burundais qu'il avait trouvés sur terre. Ensuite parce qu'il vient de se reconduire à la tête du pays via des fraudes massives.
Sa vraie fausse victoire nourrit chez lui une terrible obsession d'un homme cruellement haï. C'est donc autour de cette hantise de la méfiance qu'était centré son discours circonstanciel à l'occasion de la célébration du 48ème anniversaire de l'indépendance du Burundi, le 1er juillet 10. Comme à ses habitudes, Pierre Nkurunziza improvise sa brève allocution, simule un dialogue imaginaire avec un interlocuteur qui n'est autre que ses opposants personnifiés. Manifestement en proie à une vive colère, Pierre Nkurunziza introduit son propos par une anecdote qui aura étonné plus d'un.
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"Nous célébrons aujourd'hui l'indépendance que nous avons chèrement acquise grâce à la détermination du Prince Louis Rwagasore qui a payé pour sa vie et qui nous sert de modèle d'amitié et d'unité, mais malheureusement, nous ne voulons pas suivre son exemple car nous nous haïssons les uns les autres pour des raisons politiques, ethniques, régionales, etc. je viens de vivre personnellement cette amère expérience ici et maintenant: pendant le défilé auquel nous venons d'assister, j'ai été frappé par un geste inamical qui m'a profondément marqué ; en effet, moi, président de la République, j'ai vu passer des gens, un homme et une femme et je les ai salués de la main, mais ils ont refusé de me répondre, j'ai tout de suite compris qu'ils se méfiaient de moi parce que je ne suis pas de leur ethnie, c'est une honte de refuser de répondre au salut d'un Chef de l'Etat, Père de la nation, simplement parce qu'ils n'est pas de votre ethnie", a étonné et détonné Pierre Nkurunziza. Et de développer ensuite tout un réquisitoire sur les nostalgiques extrémistes qui veulent toujours faire couler le navire dont il est commandant de bord.
Le président burundais s'en prend aussi aux autres qui, tout en étant éventuellement de son ethnie, veulent quand même lui mettre des bâtons dans la roue. C'est notamment ceux qui, non contents de résultats des élections, veulent rallumer le feu de la guerre. "Nous vous avons dans le collimateur et vous ne ferez pas un seul pas", menace-t-il. Son discours va-t-en-guerre témoigne en réalité d'une chose : Pierre Nkurunziza a bien réalisé qu'il y a comme une grisaille dans le ciel burundais. En dépit de son prétendu succès électoral, il est pertinemment convaincu qu'en déterrant la hache de guerre et en s'alliant avec la galaxie des autres opposants au sein de l'ADC-Ikibiri, Agathon Rwasa finira par l'éjecter du fauteuil présidentiel volé.
C'est ainsi qu'il préfère faire une fuite en avant pour accuser les fauteurs de troubles. Le tyran voit le danger venir et il tente de moraliser pour calmer les ardeurs des démocrates.
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